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Faisons-nous partie des “créatifs culturels” ?

10/02/2011 un commentaire

Une étude américaine menée pendant quinze ans auprès de plus de 100 000 personnes a révélée que près d’un quart des américains vivait dans un système de valeurs et de comportement ouvert à l’écologie, à la solidarité, aux valeurs féminines (C’est quoi, les valeurs féminines ?) et à l’éveil intérieur.

Voir l’article suivant :

http://www.nouvellescles.com/dossiers-thematiques/cultures-du-monde/faites-vous-partie-des-createurs/article/les-creatifs-culturels-emergence-d

Un quart de la population américaine !!! Dans un pays tourné vers les “valeurs” du libéralisme et imprégné de la manipulation publicitaire !
Le problème, c’est que chacun d’eux pensait qu’il était seul à vivre et à penser de cette façon.

Et en France ?
Les créatifs culturels doivent être plus nombreux, certainnement.
Eh bien, non.
Nous ne serions que 17 %.

Voir :

http://www.souffledor.fr/boutique/produits_creatifs-culturels-en-france-les_18_2844.html

Voir aussi ce blog :

http://www.yvesmichel.org/editions/etes-vous-creatif-culturel

P.S.  : Bon, 1/4 de la population américaine “penserait autrement”, mais vivre dans le pays de la liberté d’expression quand on est un “insurgé de la terre” n’est pas sans risque.
Après l’attentat du 11 septembre, la loi anti-terroriste a été étendue à tous ceux qui protestent contre le système.
C’est ainsi que l’on a pu voir dans le documentaire diffusé sur Arte mardi dernier, qu’un militant écologique ayant eu la mauvaise idée de faire brûler un dépôt de voitures (sans faire de victime) a été condamné à 22 ans de prison (!!!).
On a pu voir aussi des policiers frottant les yeux de manifestants avec un coton-tige imbibé de gaz lacrymogène (si ce n’est pas de la torture, ça)

Le D.A.R.D.

13/04/2010 24 commentaires

Le 24 mars, Patrick Sébastien a lancé le D.A.R.D., littéralement Droit Au Respect et à la Dignité. Ce mouvement a pour but de recueillir les propositions des citoyens, de retenir les plus soutenues, de les rassembler dans un livre et de présenter ce livre aux candidats de la présidentielle de 2012. Le candidat qui s’engagera à appliquer le plus de mesures aura les faveurs des adhérents du D.A.R.D. Bon évidemment ce fonctionnement a ses limites, puisque chez les politiciens « s’engager à » n’est pas synonyme de « faire », on a pu le voir avec Sarkozy. Précisons aussi que pour soumettre une proposition, il est nécessaire de s’inscrire et de remplir un questionnaire qui ressemble plus à un interrogatoire et dont je ne vois pas bien l’intérêt. Passons.

Pourquoi je vous parle de ça ? Eh bien, parce que j’ai fait un petit tour sur le site il n’y a pas longtemps et j’ai remarqué que les propositions pour l’instant les plus soutenues sont plutôt intéressantes et proches de ce qu’on revendique sur ce blog (d’ailleurs si je ne me trompe pas, je crois que certains visiteurs réguliers du blog de SuperNo sont adhérents de ce mouvement).

Je vous cite quelques propositions :
- Interdire aux élus condamnés pour corruption, trafic d’influence, et autres magouilles de pouvoir se représenter à une élection au nom du peuple français
- Que le vote blanc soit reconnu. S’il l’emporte en nombre, il entraînerait une nouvelle élection avec des candidats obligatoirement différents. Une solution pour ne plus devoir choisir le moins pire
- Suppression des retraites dorées des députées, qui touchent 60 mois d’indemnités après un mandat de cinq ans, et qui toucheront 20 % à vies de leur dernière indemnité
- Finit le cumul des mandats
- Rendre public les rémunérations de tous nos dirigeant politique à tous les niveaux (national, régional, départemental, communal) ainsi que tous les frais engagés dans leurs déplacements ou l’exercice de leurs fonctions et les rendre responsable pécuniairement de tout débordement ou excès.
- Qu’aucun fonctionnaire ou haut fonctionnaire de l’état n’aie une paie supérieur à 5000 euros par mois
- Les élus doivent jouer ENFIN leur rôle. C’est à dire, être présent aux assemblées, aux réunions, enfin faire leur travail, ce pour quoi le peuple les a élu et ce pourquoi ils sont payés. Pour chaque absence, ils doivent fournir un justificatif sous peine d’être suspendu, voir leur salaire qui diminue, ou tout simplement remercié
- Aider nos agriculteurs à mettre en place leur propre circuit de distribution et de transformation afin de leur permettre de contrôler les prix de ventes de leurs produits et de pouvoir enfin vivre de leur travail décemment et ne plus dépendre des subventions que nous payons par nos impôts
- Mettre tous les produits de 1ère nécessité à la TVA à 5,5% (logement, électricité, gaz, téléphone, nourriture, dentifrice, savon, etc…), et combler la différence par rapport à l’ancienne TVA par le rétablissement de la TVA à 33% sur les produits de luxe (yacht, résidence secondaire, jet privé, grosses cylindrées, etc.…)
- Légaliser la consommation de cannabis et taxer sa vente afin de combler le trou de la sécu (ça c’est sujet à débat)
- Faire en sorte que l’état demande plus souvent l’avis des français par référendum
- Combien de bâtiments publics sont à l’abandon : Caserne, Régie des eaux, Météo France à Paris…, réhabilitons tous ses lieux en logement sociaux, en logement étudiant à loyer réduit (Travail pour les entreprises du bâtiment, solutions de logement et équilibre financier pour l’état)
- Pour les condamnés à des peines de prisons courtes pourquoi ne pas avoir plus recours aux T.I.G. (travaux d’intérêt général)
- Protéger nos espaces naturelles (réserves, plages, forêts, domaines, montagnes, marais…). Réaménagement des cours d’eau, nettoyage des espaces naturelles, revitalisation des forêts, stopper l’émancipation due goudronnage, création de coulée verte, préservation des espèces en voie d’extinction…
- Que tous les enfants soient scolarisés. Même ceux qui sont atteints de handicap (mental ou moteur), il est honteux qu’un pays comme la FRANCE continue de laisser certains « indésirables » sur le côté. Tous ont droit à l’éducation
- A quoi çà sert que les enseignes des magasins de nos zones commerciales restent allumées toutes la nuit ??? Donc je propose : autorisation des laisser les enseignes allumées seulement pendant les horaires d’ouverture…
- Consommer local et en saison
- Revenir à une agriculture saine, et non plus à une agriculture de masse
- Revenons à des techniques naturelles, sans pesticides et autre engrais magiques qui nous donnent des patates dignes des champs près de Tchernobyl
- Arrêter ou limiter la distribution de la publicité (dans les boites aux lettres afin de réduire le volume des déchets)
- Supprimer les banques. Une seule banque d’état

Voilà, tout ça pour dire que ce mouvement, malgré tous ses défauts (plusieurs propositions identiques, pas mal de délires, résistance uniquement sur ce site et oubli de manifester « en vrai », …) est plutôt intéressant. On ne sait pas vraiment ce que ça donnera au final mais je voulais faire partager cette initiative. Allez y faire un tour si vous le souhaitez.

Le cercle des poètes disparus

07/04/2010 6 commentaires

Samedi 13 mars 2010, Jean Ferrat s’en est allé. Un grand poète est parti et avec lui s’éteint la période des grands artistes et se poursuit le règne de la culture marchande.

Jean Ferrat faisait partie des grands de la chanson française, qu’on le veuille ou non. Il était le parfait exemple de l’artiste talentueux et de l’homme simple. Il savait manier les mots, les assembler harmonieusement, jouer avec les notes à la perfection et surtout il possédait une voie merveilleuse. Les mélodies qu’il composait étaient remplies d’émotions et mettaient en valeur ses rimes entraînantes et engagées. Ce n’est pas par hasard que ses refrains étaient connus de tous. Ami du PCF sans jamais être encarté (« préférant les idées aux Hommes »), présent dans de nombreuses manifestations, il s’était élevé contre l’URSS. Mais ses combats étaient multiples. Celui qui avait pour thème favori l’amour, l’amour de la vie, la révolte contre l’injustice et l’inégalité, la paix et la fraternité prônait aussi un autre mode de vie (La montagne) loin des deux systèmes dominants de l’époque (Dans la jungle ou dans le zoo)…

Pour cela, il avait choisi d’habiter à Antraigues-sur-Volane, un petit village d’Ardèche où il avait pu fuir La voie lactée (au passage, vous avez peut-être pu constater par vous-même le temps consacré à sa disparition comparée à Michaël Jackson… Tant mieux puisque Jean Ferrat n’était pas friand des honneurs mais c’est assez révélateur de la culture show-business dans les médias…). Là-bas, il avait pu vivre à sa façon, loin des mondanités de la société du spectacle, tout en continuant son action civique dans sa ville. Et même en ayant quitté la scène en 1972 (pour des raisons sur lesquelles je reviendrai), il avait réussi à décrocher un double disque de platine début 2010. Vous avez dit public fidèle ?

En tout cas je voulais rendre cet hommage à ce grand Monsieur qui a été pour moi une source d’inspiration.

Mais au-delà de ça, je crois que sa disparition signe aussi la fin d’une époque : celle d’une culture libre, indépendante, intelligente et sans contraintes. Le capitalisme triomphant a fait de ce monde une marchandise où tout doit s’acheter et surtout tout doit être rentable.

La véritable identité nationale d’un pays, c’est sa culture. Pourquoi ? Eh bien parce que la culture n’est pas un ensemble de productions et de produits mais avant tout un rapport social entre populations d’une même communauté, d’une même origine. Il faut bien comprendre que, contrairement à ce que le capitalisme nous enseigne, la culture ne se réduit pas à la consommation de ‘biens culturels’. Ce n’est pas un supplément décoratif destiné à embellir notre vie. La culture est notre histoire, notre trace, ce qui restera lorsqu’on aura disparu. Et c’est là que l’art intervient. En créant des œuvres matérielles, musicales ou littéraires, il permet de laisser une trace indélébile de notre civilisation, et donc de notre culture (Encore que, avec l’avènement de cette connerie de livre numérique, pas sûr que les souvenirs soient gardés très longtemps…). C’est pour cette raison que l’art et la culture ne sont soumis à aucun pouvoir. Instrumentaliser l’art à son profit, c’est le propre de la dictature.

L’art a une fonction très anthropologique : celle de produire du sens et du symbolique pour mémoriser une collectivité humaine, organisme en constante évolution. Or aujourd’hui qui est là pour dépeindre et analyser la société impitoyable et inhumaine dans laquelle nous vivons ? Plus grand monde. Et pourtant, il fut un temps où les artistes étaient intransigeant sur le pouvoir et les abus : c’était l’époque de Ferrat donc, mais aussi de Brassens, Ferré et des Coluche, Le Luron, Desproges, Bedos et plus anciennement Rimbaud, Verlaine, Courbet (Gustave, pas Julien…), Hugo pour ne citer qu’eux. Qui est capable d’en citer aujourd’hui ? Certes il reste quelques rappeurs, quelques humoristes (Guillon, Roumanoff, … mais qui s’attaquent plus à des personnages qu’à un système) mais aucun n’est aussi renommé.

Car trop nombreux sont ceux qui ont oublié que le sens premier de poésie est création. Certes, la poésie est particulière de par la forme mais elle a pour but avant tout de vouloir faire réfléchir, de vouloir faire advenir quelque chose de profondément nouveau en commençant par l’imaginer. « Faire de la poésie, c’est dire autrement pour penser au-delà, c’est désobéir à la langue officielle et à la pensée unique, c’est descendre au plus profond de soir pour y rechercher la vraie chose. C’est surtout pointer une lame sur la peau du monde pour aller toucher ce qui fait mal, chercher et faire saigner le poison qui nous paralyse lentement le cerveau et les membres, et percer les baudruches qui nous détournent des réalités terrestres dans le ciel bleu des émission télévisées» (…). (Yannis Youlontas). C’est en quelque sorte, avoir les pieds sur terre mais la tête dans les nuages. Le poète est l’Homme de l’avenir, « le futur est son royaume » (Les poètes, Ferrat), «  il vient préparer des jours meilleurs, il est l’homme des utopies, les pieds ici, la tête ailleurs » (Les rayons et les ombres, Hugo).

Or aujourd’hui, nous sommes profondément perdus de tous points de vues. Nous n’avons plus aucuns moyens d’exprimer le mal-être de nos vies. Pourtant la chanson est un véhicule formidable pour faire passer toutes les émotions et les idées que l’on veut. Mais si nous ne le faisons pas ou peu, c’est que nous avons tourné le dos à la dimension poétique de notre existence, celle de nos relations avec le réel qui est la base de toute création. Car en détruisant progressivement la nature et la Terre, l’Homme a oublié qu’il en faisait partie. Petit à petit, il s’est résigné et a finit par taire sa révolte, accepter l’inacceptable et à se ranger prudemment dans le grand cirque de la culture marchande. Celui qui oblige les chanteurs à sortir des disques régulièrement alors qu’ils n’ont pas de chansons, celui qui fait que les tournées sont obligatoirement accompagnée de tonnes de matériel (la raison pour laquelle Ferrat a arrêté la scène), celui qui détruit les petits cabarets, celui qui a fait de la chanson un commerce et des artistes des produits, celui qui inconsciemment ordonne de chanter en anglais, et surtout celui qui force les artistes à ne faire que de l’art abstrait, ne désignant plus aucun rapport social, ne parlant plus des réalités, de la vie, des horreurs, des joies, du travail et de la condition humaine. Non, notre époque ne se résume qu’à un art résumé aux formes, se contemplant lui-même dans sa propre ineptie. Et on nous vante la liberté absolue de l’artiste de faire n’importe quoi, pourvu que cela ne dise plus rien (preuve en est, les innombrables chansons anglaises d’artistes français…). D’ailleurs quiconque voudrait expliquer que l’art peut servir pour parler des problèmes sociaux serait renvoyé à l’image d’art instrumenté. Ce système tue la création. Quelques poètes sont là mais la ils sont transparents ou silencieux, restent dans l’ombre d’un système là il faudrait hurler à la face du monde les réalités douloureuses. Mettre en musique un texte poétique est très difficile. Et ça l’est d’autant plus d’exprimer un espoir pour l’avenir de l’humanité sur le plan spirituel. Il ne faut jamais tomber dans la facilité commune et trompeuse de lambeaux de prose découpée négligemment en forme de vers mais dépourvus d’image et d’imaginaire. Je ne dis pas que les chansons humoristiques ou ne décrivant pas notre société doivent disparaître. Bien au contraire. Mais je pense qu’elles ne doivent plus occuper la majeure partie de notre paysage musical.

La prochaine étape pour l’humanité comme disait Malraux, sera spirituelle ou ne sera pas. La culture et l’art ne sont qu’une représentation de la société actuelle où la réflexion a disparu au profit de l’action. Or penser rend possible. Nous devons retrouver la carrefour où nous nous sommes dirigés vers une impasse de perception et de sensibilité qui nous a rendu sans vie, anesthésié et amputé de la part essentielle de nous –mêmes. Aujourd’hui, plus que jamais, la fonction du poète est de témoigner d’un monde antipoétique car consacré à l’uniformisation et à la marchandisation de tout ce qui existe et non à l’imagination et à la création de ce qui pourrait être. Cependant, je crois aussi que la poésie et l’art ne doivent pas se limiter à quelques « artistes » et à quelques « créations ». D’abord parce que création rime souvent avec production et consommation et tout ce qui s’en suit alors qu’il devrait rimer avec imagination. Et ensuite parce que réserver la réflexion à des professionnels conduit à l’uniformisation et empêche le vulgum pecus de réfléchir.

L’Homme doit s’autoriser à être, à voir de manière sensible le monde qui l’entoure pour être capable d’autre chose que la performance quotidienne. Il faudra vaincre la peur dans laquelle nous enferme le productivisme pour ne pas s’avouer vaincu pour lutter contre cette société grise et dépressive. L’artiste doit devenir un agitateur social. Ce processus passe aussi par l’éducation. Pourquoi pas réintroduire une direction de la culture populaire pour créer les conditions d’une pratique par le plus grand nombre des techniques d’expressions (écriture, arts plastiques, danse, chant, radio, cinéma, théâtre,…) dans une logique d’apprentissage pour permettre à tous d’être artiste. Confier la culture aux communes ou aux régions permettrait de reconfier la culture au peuple et de permettre une décentralisation et une multiplication des « artistes ». La question des chanteurs, écrivains (…) professionnels est aussi source de débat. Quand je vois que quelques écrivains amassent plus de la moitié des revenus de la littérature (les Musso, Levy, Beigbeder et toute la clique), je me pose la question de la pluralité culturelle…

En tout cas, face au désarroi ou à l’indifférence, il s’agit d’oser un autre geste et de retrouver une existence basée sur l’être, sur la réflexion et l’imagination pour rendre ce monde plus beau, plus intelligent et plus solidaire. Vaste programme…

(Cet article est en grande partie inspiré par les débats de La Décroissance : « La culture, arme contre la consommation » du numéro 61 et « Mais où sont passés les poètes ? » du numéro 65.)

Réflexions sur les JO (et sur le sport en général)

08/03/2010 25 commentaires

Pendant quinze jours ont eu lieu les jeux olympiques d’hiver à Vancouver. J’ai regardé intensément les différentes épreuves avec un œil de passionné de sport. Cependant, au cours de cette quinzaine, j’ai pu voir (une nouvelle fois) que ma vision du sport n’est pas celle de la compétition d’aujourd’hui. Cela m’a inspiré quelques réflexions.

Avant d’aborder le côté purement sportif, j’aimerais parler de tout ce qui tourne autour.

Il faut savoir que pour accueillir les jeux olympiques, il faut présenter un dossier de candidature qui sera ensuite en concurrence avec les autres villes lors d’un vote. N’importe qui penserait que la ville qui a les meilleures infrastructures sportives serait désignée. Eh bien non ! Les jeux olympiques ont pris une telle dimension que la base sportive sera aussi (voir moins) importante que la popularité de la cité, que le village olympique, que l’accueil et la place des médias dans l’organisation, que le réseau de transport autour de la ville… Autrement dit, tu auras beau avoir les meilleures pistes du monde, si tu n’es pas très ‘glamour’, c’est foutu. Tout est donc devenu question de communication et de propagande, plus connu sous le nom de ‘lobbying’. C’est par exemple le cas de Londres qui accueillera les jeux olympiques de 2012 grâce à un maximum de copinage et de lèche-bottes. C’est d’autant plus grave qu’au final, Londres n’aura pas du tout fait ce qui était prévu…

Les jeux de Vancouver ont aussi montré à quel point ce mode d’élection était une aberration. Vancouver n’est pas du tout une ville où il fait très froid ; on y trouve plutôt un climat tempéré. C’est pour cette raison qu’il a fallu acheminer de la neige par camion, la fabriquer synthétiquement ou encore arroser abondamment les pistes. Pas très écologique comme procédé… (Et c’est un euphémisme).

De plus, il faut avouer que de plus en plus, les jeux olympiques prennent une dimension politique comme à Pékin en 2008 où les jeux ont servi de vaste propagande du régime chinois, un peu comme l’avait fait Hitler en 1936 à Berlin et à Garmisch-Partenkirchen…

D’autre part, la création d’énormes structures pour accueillir les médias et les spectateurs (autoroutes, aéroports, services de télés et de radios,…) dans des stations qui sont quasiment vierges, ainsi que les cérémonies d’ouverture et de clôture qui doivent être toujours plus énorme ne sont pas très respectueuses d’un point de vue écologique et social. Pour l’écologie, renseignez vous un peu sur ce qui se passe actuellement à Sotchi (qui accueillera les JO en 2014) et vous comprendrez bien comment la nature est totalement détruite par la création intégrale d’une station de ski. Par ailleurs, les chroniques d’Antoine de Maximy, aussi bien à Pékin qu’à Vancouver montrent bien à quel point les peuples locaux ne profitent absolument pas des retombées médiatiques et financières des JO.

Un des aspects les plus exaspérants du direct, c’est aussi le nombre de sponsors avant chaque épreuve où avant chaque prise d’antenne. C’est vraiment très agaçant d’entendre à répétition les slogans publicitaires de « Papi Brossard », etc…

Pour finir, j’ai trouvé les journalistes de France Télévisions d’une médiocrité patente. Entre celui coincé du cul (Gérard Holtz), celui qui défend Brian Joubert coûte que coûte alors que celui là même avoue qu’il n’en a fait qu’à sa tête (Nelson Monfort), celui qui veut nous faire croire que l’équipe de France, c’est le monde des bisounours où tout le monde s’entend bien (Patrick Montel), celui qui tombe dans le cliché (André Garcia qui nous explique que tous les matins, les Norvégiens font 25km en ski de fond pour aller chercher leur pain), celui qui s’enflamme aussi vite qu’il se calme (Alexandre Boyon), celui qui pose des questions inintéressantes (Marie Christelle Maury et Jean-René Godart), celui qui joue un peu trop sur l’émotion pour faire de l’audience (Laurent Luyat), celui qui n’est pas compétent dans la discipline qu’il commente (Laurent Bellet) et celui qui est chauvin à mourir (absolument tous), c’était pas très glorieux… Heureusement que les consultants remontaient un peu le niveau !

Revenons à l’aspect sportif. Pour moi le sport a 3 objectifs : le premier, c’est de se faire plaisir ; le deuxième, c’est de développer son mental et son physique de façon harmonieuse et enfin le troisième, c’est de rechercher la perfection, le beau geste, la belle action. Et je trouve que la compétition (telle qu’elle est aujourd’hui je répète) s’oppose en tout à ces objectifs.

De plus en plus souvent j’entends des sportifs, souvent des nageurs ou des tennismans qui, prennent leurs retraites en disant « je ne prends plus de plaisir à m’entraîner, il y a de la lassitude, blabla… ». Et pourtant quand on aime vraiment ce qu’on fais, ça peut durer des années et des années, regardez Jeannie Longo pour ne prendre que cet exemple. Mais ces athlètes font tellement de sacrifices (entraînement toute la journée, musculation, séparation de la famille,…) pour rester en haut et gagner toujours et encore qu’ils finissent par se lasser de leurs pratiques. C’est dingue ! Je cite Jigoro Kano, fondateur du judo en 1882 qui est un formidable pédagogue : « Ce type d’investissement excessif dans le développement de sa propre musculature ne peut se faire qu’en sacrifiant son évolution dans d’autres domaines, et cela n’en vaut vraiment pas la peine. » et « Le développement de la masse musculaire nécessite beaucoup d’efforts et cela sur une base quotidienne, impliquant une dépense excessive d’énergie en pure perte ». Je crois aussi que la professionnalisation n’est pas pour rien dans cette perte de plaisir. Vivre de ses passions, oui (c’est ce qu’on fait puisqu’on choisit son métier en fonction de ça) mais vivre de ses loisirs, non. Pourquoi gagne t’on de l’argent quand on travaille ? Parce qu’on fournit une main d’œuvre susceptible de créer des choses utiles à la société. Que produit le sport ? Rien, si ce n’est du plaisir pour les spectateurs. Or le plaisir est quelque chose de gratuit. Revenir à l’amateurisme, ça permettrait aux athlètes de ne plus se focaliser sur leurs sports et ainsi éviter l’ennui entre autre. Et en plus, les manifestations sportives pourraient être beaucoup moins chères car moins d’organisation, moins de primes… Quand on vit du sport, on est obligé de se montrer, de gagner pour pouvoir gagner de l’argent…

Je considère le sport comme une superbe école de vie. Le sport est une activité qui éduque les pratiquants, quelqu’il soit. Ainsi des valeurs telles que la politesse, le courage, la sincérité, l’honneur, la modestie, l’amitié, le respect, le contrôle de soi et autres doivent être enseignées dans n’importe quel discipline. Le sport permet d’avoir aussi un mental et un physique développé. Mais avec la compétition, les athlètes sont prêts à tout pour gagner, quitte à développer des muscles d’une manière assez atroce tandis que d’autres restent atrophiés, voire même à se doper. Je cite encore une fois Jigoro Kano : « […] et parce qu’ils s’investissent dans la compétition avec la ferme intention de gagner, ils n’ont aucun scrupule à développer une musculature déséquilibrée. […] Dans certains cas, leur insatiable appétit de victoire les pousse à dépasser les limites de leurs corps et ils ne peuvent éviter les blessures. […] Les activités les plus bénéfiques seraient alors celles qui favorisent un développement harmonieux du corps du point de vue physiologique, sans risque de blessure, tout en mettant l’accent sur une saine utilisation du corps. » Et il ne faut tout de même pas le but ultime de l’éducation physique, qui est de « développer un corps sain dont il est possible de faire bon usage dans le vie de tous les jours ». Quand je vois des sports tels que l’haltérophilie qui est très néfaste pour le cœur ou le ski de bosses qui est un calvaire pour le dos et les genoux, je ne vois pas bien l’intérêt…

D’un point de vue mental je pense qu’aujourd’hui être axé sur la compétition conduit à de l’irrespect. Parce qu’avec la compétition telle qu’elle est aujourd’hui, il ne faut plus donner le meilleur de soi-même, il faut surtout BATTRE l’adversaire. Et qu’importe s’il tombe ou s’il se blesse, du moment qu’on a gagné. Alors évidemment, tous les participants se saluent ou se serrent la main à la fin d’un tournoi mais c’est plus devenu un rituel qu’un véritable geste de respect. Il ne s’agit pas d’aseptiser le sport et tant mieux s’il reste toujours des « sales gosses ». Mais l’attitude générale devrait être plus saine.

Les organisateurs, la télé ne sont pas exempt non plus. Dans les compétitions de ski par exemple, une fois les favoris partis, hop ! plus rien. Alors qu’il restait encore une bonne vingtaine de concurrents. Mais comme ils ne sont pas intéressants, on coupe ! Alors qu’eux aussi méritent un grand respect parce qu’ils se dépassent aussi. Evidemment ils ne sont pas premiers mais qu’importe, ils se sont donnés à fond.

On peut aussi parler des insultes généralisées envers les arbitres. Celui qui est à l’origine là pour protéger la sécurité des participants est devenu le bouc émissaire des tous les acteurs du sport. D’ailleurs le sport conduit souvent au chauvinisme malheureusement et amène de temps à temps au hooliganisme et à la création de ‘beaufs’

Pour le troisième point, il suffit de constater pour vérifier. Actuellement pour gagner, on ne prend plus aucuns risques. On cherche avant tout l’efficacité. Alors que le sport a un coté artistique que beaucoup nient. Un exemple dans le patinage : les patineurs ne tentent plus de saut compliqués par peur de perdre. En football, le jeu devient très défensif pour ne pas prendre de but alors que l’objectif c’est d’en marquer. Au tennis, le service volée qui est très difficile, très technique mais souvent efficace est mis au placard et les joueurs tapent comme des brutes du fond de court…

Alors je ne dis pas que la compétition doit être supprimée loin de là. Elle peut être très intéressante si on l’utilise bien. Elle doit surtout servir à se jauger et s’améliorer. En gros, lors d’une épreuve, l’athlète se donne à fond, à 100% (et pas à 200% comme le disent bon nombre de gens qui n’ont l’air de pas comprendre ce qu’ils disent), se fais plaisir en essayant de faire les plus beaux mouvements et ensuite advienne que pourra. J’aime bien l’idée de battre ses propres records, comme en natation ou athlétisme. Par contre, avoir l’idée de battre les records du monde, on retombe dans les travers en voulant être meilleur que les autres.

Le sport est à la fois le reflet et la cause des problèmes actuels. Dans une société du « toujours plus », on cherche toujours à être meilleur que les autres. Cette vision du sport n’est pas la mienne. Le sport est un formidable vecteur d’éducation, de paix, d’émotion,… et il est grand temps de retrouver une éducation physique et sportive qui serait enseignée dès le plus jeune âge et de changer ces grandes compétitions. Il faudrait revenir à des tournois plus petits, moins gigantesques dans l’organisation et beaucoup plus centrés sur le sport. Multiplier les compétitions sans récompenses est une étape vers ce but. Pour finir deux citations. La première de Georges Orwell qui décrit le sport actuel : « Pratiqué avec sérieux, le sport n’a rien à voir avec le fair-play. Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence ; en d’autres mots, c’est la guerre, les fusils en moins. » Et la deuxième d’Alfred Capus qui montre ce que devrait être le sport : « Moi, je ne joue pas pour gagner ou pour perdre. Je joue pour savoir si je vais gagner ou si je vais perdre.»

NO SARKOZY DAY — 27 mars 2010

05/03/2010 2 commentaires

Tout est là : http://www.no-sarkozy-day.fr/

ou là : http://www.myspace.com/nosarkozyday

ou bien encore là : http://twitter.com/no_sarkozy_day

Et puis cherchez un peu aussi par vous même, nan mais oh ! tas d’feignasses !

Allez ouste ! tous dans la rue !!!!!!!! Du balais !!!! Dehors l’imposteur !

Bises à tous et BANZAI !

Appel à don de moëlle osseuse

02/02/2010 3 commentaires

Je me permets de publier ici ce message que m’a envoyé ma mère, hier 1er février 2010.

Vince

[EDIT : SuperNo, 19/11/2010 : la personne mentionnée dans cet article n’a pas envie que cet article apparaisse quand on tape son nom sur Internet.  Je le remplace donc par des initiales. Le fond reste évidemment valable.]


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Bonsoir,

Je vous transmets le message d’une collègue de l’académie Nancy-Metz, C., atteinte de leucémie. Je vous remercie de le diffuser le + largement possible surtout auprès des + jeunes. Car malheureusement ma génération ne peut plus prétendre à ce geste d’humanité. Vous trouverez ci-dessous toutes les informations nécessaires pour ce don potentiel. Car la première étape est juste un recensement qui ne nécessite qu’une prise de sang et un formulaire à remplir, l’entrevue durera 20 min environ.
Vous ne serez sollicité que dans le cas d’un malade compatible avec votre moëlle. A peu près une chance sur un million pour C. C’est à la fois beaucoup et peu si la chaîne fonctionne bien et si les donneurs potentiels sont de + en + nombreux.

Mille mercis pour elle et tous les autres malades.
Bises à tous
Anne, relisez “Un mètre quatre” si ça vous aide. [Edit : roman d’Anne de Rancourt, Éditions Buchet Chastel. Un Mètre quatre est le cahier/journal d’une petite fille atteinte d’une maladie du sang, écrit avec ses mots et ses émotions de petite fille]

Ps : Il faut avoir entre 18 et 51 ans et peser + de 50 kg.

Ci-dessous le message de mon amie C.

Sauvez une vie ! Inscrivez-vous à la banque de donneurs de mo&eulm;lle osseuse

Merci de bien vouloir prendre le temps de lire la missive que je vous adresse, en mon nom bien sûr, mais aussi au nom de milliers d’autres qui se trouvent dans la même situation que moi, et que je résumerai simplement ainsi : si dans les mois à venir la banque de donneurs de moëlle osseuse ne me trouve pas de donneur compatible pour une greffe, je suis condamnée.

Or les chances en l’état actuel et au niveau mondial de trouver ce donneur sont dérisoires.
Pourquoi ? C’est tout l’objet de cette lettre : parce qu’il y a une désinformation totale au sujet de ce don de moëlle. On imagine que c’est douloureux ou dangereux. Mais tout cela est faux. Et c’est justement ce cliché qu’il faut combattre.
En s’inscrivant sur le Registre national, les donneurs acceptent d’être sollicités et de donner un peu de leur moëlle osseuse pour des malades qu’ils ne connaîtront jamais, où que ce soit dans le monde.
Si vous avez entre 18 et 51 ans et êtes en bonne santé, téléphonez au N° vert 0800 20 22 24 pour prendre rendez-vous avec un médecin du centre de transfusion sanguine le plus proche. L’entrevue durera environ 20 min pour s’assurer de votre bonne santé. Puis on vous prélèvera un tube de sang et on vous fera remplir un formulaire. C’est tout !
Désormais vos données sanguines figureront dans le Registre mondial des donneurs potentiels.
Si, dans un jour ou dans 20 ans, un receveur compatible est identifié, avec votre accord vous serez revu par un médecin qui s’assurera que votre état de santé est toujours bon. Alors l’aventure peut commencer !
Voilà ce que, au nom de tous ceux qui attendent une greffe improbable, nous souhaitions vous communiquer, avec l’espoir fou de voir se multiplier le nombre de noms sur le Registre des donneurs.
Pourquoi pas vous, vos amis, vos enfants, leurs amis… ?
Vous avez la chance de pouvoir peut-être sauver une vie, ne la laissez pas passer !
Au nom de tous ceux qui comptent sur vous, simplement : Merci !

Faites un don de moëlle osseuse

PROCEDURE
2 modes de prélèvements des cellules de la moëlle osseuse
- Prélèvement dans les os du bassin : La moëlle osseuse est prélevée en superficie dans les os postérieurs du bassin sous anesthésie générale. C’est un geste simple et qui ne comporte aucun risque. La moëlle osseuse se reconstitue rapidement. Le prélèvement n’est réalisé qu’après avoir vérifié et validé l’aptitude du donneur.
- Prélèvement par aphérèse : Les cellules de la moëlle osseuse sont prélevées dans le sang. 1 à 2 prélèvements (d’une durée de 3 à 4 heures chacun) sont nécessaires sans que le donneur n’ait à subir ni anesthésie générale ni hospitalisation.
Le prélèvement de moëlle osseuse intra-osseux permet d’obtenir à la fois des cellules souches hématopoïétiques et leur milieu environnant. Le prélèvement par aphérèse permet de ne recueillir que les cellules souches hématopoïétiques en grande quantité.
C’est le médecin qui dans l’intérêt du malade propose le recueil le plus approprié.

2 idées fausses persistent sur le don de moëlle osseuse

Il est important de surmonter ces idées fausses pour devenir volontaire au don, et de les combattre en informant son entourage.
• 72 % des Français pensent que la moëlle osseuse est prélevée dans la colonne vertébrale. FAUX ! Il ne faut pas confondre moëlle osseuse et moëlle épinière.
Le prélèvement de moëlle osseuse ne s’effectue pas dans la colonne vertébrale mais en superficie dans les os postérieurs du bassin, très riches en moëlle osseuse. Il n’y a donc pas de risque d’être paralysé à l’issue d’un don de moëlle osseuse.
• 74 % des Français croient qu’il est facile de trouver un donneur et un malade compatibles. FAUX ! La probabilité de trouver 2 individus compatibles en dehors de la fratrie est de 1 chance sur 1 million.
Chaque nouvelle inscription compte et apporte une chance supplémentaire de guérison pour les malades.

http://www.dondemoelleosseuse.fr

Message original de : c.

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Les peuples indigènes

02/12/2009 19 commentaires

Actuellement dans de nombreuses contrés plus ou moins lointaines, (sur)vivent encore des peuples indigènes. Seulement ces tribus résistant toujours et encore au modèle dominant (le capitalisme) sont de plus en plus menacées par la société de consommation

Notre train de vie quotidien est très gourmand en énergie. Que l’on achète le dernier Iphone ou la bagnole électrique à la mode, il y aura besoin de matières premières fossiles telles que le pétrole, le lithium, le cuivre, le cobalt, l’uranium et j’en passe… Ces ressources sont rares et les compagnies minières et pétrolières sont prêtent à tout pour accéder à leur « précieux » : détruire les territoires ancestraux (notamment au Chili, en Argentine, dans la région Katanga au Congo ou au Niger où les Touaregs ont été dépossédé de leur territoire par Areva), piller les ressources locales, polluer les cours d’eau,…La plupart du temps, ces multinationales bénéficient de l’appui des gouvernements (soucieux de s’enrichir) et de l’armée. Le Brésil entre autres. D’ailleurs si les ethnies refusent « d’adhérer » à ce massacre en règle, la méthode forte est alors employée (http://www.aldeah.org/fr/massacre-communautes-indigenes-lamazonie-et-naissance-dun-nouvel-acteur-politique-aidesep).

Un autre aspect plus méconnu menace indirectement les indigènes : il s’agit de notre consommation excessive de viande. En effet, l’élevage intensif de ces troupeaux nécessite une quantité phénoménale de nourriture. Or, ces cultures céréalières se font principalement en Amérique du Sud, où, la déforestation continue pour laisser place à des cultures de soja OGM… afin de satisfaire nos besoins quotidiens de bidoche. Détruire la forêt, c’est détruire les lieux de vie des populations locales et par suite les éradiquer de la surface de la Terre.

Mais la menace la plus importante pour ces peuples est sans aucun doute le fameux « progrès ».

Hier soir, en rentrant, je tombe sur « rendez-vous en terrain connu », une sorte de best of de « rendez-vous en terre inconnue » (ne me demandez pas pourquoi j’ai regardé cette bêtise, je ne le sais pas moi-même). Et là hallucination totale. Pour rappel, cette émission consiste à emmener une personnalité dans une population indigène. Hier soir donc, les quatre premiers cobayes (Bruno Solo, Muriel Robin, Charlotte de Turckheim et Patrick Timsit) racontaient chacun leurs expériences, images à l’appui. Jusque là, ça allait (encore que le principe d’aller déranger une tribu avec des caméras et des hélicoptères uniquement pour un film me perturbe un peu). Mais le pire s’est produit lorsque l’équipe de l’émission est allée montrer aux populations locales le film qu’ils avaient tourné. Cela n’a semblé choquer personne (dans le public et parmi les quatre invités) qu’ils amènent un lecteur DVD et un vidéo projecteur dans une yourte ou une case. Le fait que certaines populations tribales de Namibie aient maintenant une voiture pour aller en ville ou que des enfants vivant en pleine forêt aillent maintenant à l’université n’a surpris personne non plus. Tout paraissait « normal »… Pire encore : lorsque M. Timsit a parlé aux Mentawaï (peuple de l’île de Siberut près de Sumatra en Indonésie) par Webcam, tout le monde a rigolé… Mais nous n’étions pas au bout de nos surprises. Lorsqu’un spectateur demande à l’organisateur de l’émission s’ils compensaient le préjudice causé par les équipes de tournage, celui a répondu (attention tenez vous bien) que selon la situation, ils offraient des panneaux photovoltaïques (si si), des portables, le film de l’émission (et le lecteur DVD qui va avec évidemment), des filets, des maisons… Ca fait peur. Le plus beau cadeau que vous pourriez leur faire, c’est de laisser tranquille et de respecter leurs droits. A quoi peut bien leur servir l’électricité ? Un filet apporté ou une maison construite, cela peut paraître anodin mais c’est détruire leurs moyens traditionnels d’existence. Ces populations ne sont pas miséreuses, il ne faut pas tout confondre. Elles ont toujours vécu à cet endroit et on l’air d’être heureuses de vivre en paix et en harmonie avec la nature. Evidemment, le mode de vie occidental les attire et j’ai envie de dire que c’est normal. Mais laissons les vivre en paix et cessons de penser : « Les pauvres, ils sont tout nus et ils vivent dans des cabanes… Allons les aider ! ». Ils n’ont pas besoin de nous et de notre société. C’est plutôt nous qui devrions nous inspirer d’eux car nous avons beaucoup de choses à (ré)apprendre : la vie en communauté, l’harmonie avec la nature, l’accueil chaleureux de l’Autre,… C’est pour toutes ces raisons que la France se doit de ratifier la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail (http://www.survivalfrance.org/campagnes/169).

Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est un droit fondamental et il est urgent d’agir pour éviter la catastrophe : une disparition des cultures tribales et l’adaptation du monde entier à la société de consommation…

” Nous y sommes ” de Fred Vargas

26/02/2009 18 commentaires

Je ne résiste pas à l’envie de vous faire part de ce beau texte, plein d’espoir… à condition d’ouvrir les yeux et de se mobiliser, maintenant et ensemble.

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

Franchement on s’est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières ( la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.

On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.

La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Évidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux.
D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, - attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille - récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés).

S’efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d’échappatoire, allons-y.
Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred Vargas
Archéologue et écrivain