Aux Lorraines et aux Lorrains,
Aux Citoyennes et Citoyens de partout,
Partant du constat qu’on retrouve souvent les mêmes personnes dans de nombreux événements politiquement engagées pour des questions de société, d’écologie, de culture, de droits de l’Homme, de solidarité…, j’éprouve de plus en plus le besoin de voir se fédérer ces forces vives en puissance. Combien de combats légitimes et utiles passent inaperçus par manque d’organisation, de rassemblement ? C’était déjà le constat du Conseil National de la Résistance qui appelait à des manifestations unitaires partout en France le 10 novembre dernier, plutôt que plein de petites un peu tous les jours, inaudibles et qui permirent en d’autres temps à Son Altitude Sarkozy Ier de se féliciter devant son staff de l’UMP ou du MEDEF que les médias à la botte ne donnent plus écho aux revendications de la rue. Le 29 janvier a confirmé que nous en sommes capables. Gageons que le 19 mars enfoncera le clou.
La crise actuelle est multiple : écologique (effondrement de la biodiversité, bétonisation généralisée, déforestation, désertification…), climatique, financière, économique, sociale et sociétale, énergétique, des matières premières… mais elle ne fait que commencer. Regardons ce qui vient de se passer en Grèce, ce qui se passe présentement en Guadeloupe et en Martinique. A quand en France métropolitaine ? Entendons-nous bien : j’appelle de mes voeux une mobilisation du plus grand nombre construcive, donc politique, progressive, humaine, pas destructive et violente ! Je crains de toutes mes forces que la “France d’en bas” n’en vienne bientôt aux armes, faute d’autres moyens de se faire entendre. J’abhorre la violence. C’est pour ça que je veux réfléchir aujourd’hui à comment nous sortirons de cette crise, intrinsèque au système capitaliste et ultra-libéral, le plus rapidement et en douceur possible.
Comprenez-moi bien une fois encore : “Sortir de la crise” ne doit pas être entendu dans mon propos comme dans les envolées lyriques du Grand Sapeur de la République. Nous ne sortirons pas de la crise une fois que nous aurons soigné le capitalisme. Nous sortirons de la crise en inventant une nouvelle civilisation, celle-ci a vécu.
La crise est idéologique aussi : malgré leur croyance dans le tout puissant marché, malgré le sacrifice quotidien de millions de nos semblables - de nos Mitmenschen comme disent joliment les Allemands, de “ceux qui, avec nous, constituent l’Humanité” - et des milieux naturels mondiaux - dont les terres arables, notre assurance vie - sur l’autel de la Sainte Croissance, du Sacré Productivisme, du Grand Consumérisme-qui-nous-sauvera-tous-de-la-catastrophe… malgré tant de croyance(s), donc, tout s’effrite, s’étiole, se fracasse contre les limites physiques de la planète : l’espace et les ressources sont limités, et on ne passera pas outre ! Les lois de la physique sont immuables, le capitalisme a fait long feu, circulez y a rien à voir. Sauvons ce qui peut l’être et repensons le système socio-économique, en mettant l’Humain au coeur du projet.
Je vous propose donc de créer un groupe - formel ou informel nous en débattrons en temps voulu - de discussion, de réflexion, de débat, de confrontation, de démocratie locale en somme… d’abord sous forme de liste de discussion informatique, puis, le plus tôt possible, en nous rencontrant dans une ambiance conviviale. Unissons nos cellules grises pour faire bouger les choses ! Relocaliser l’économie, chercher de vrais substituts aux illusions que nous fait miroiter la “croissance” du PIB dont on nous rebat les oreilles… sont les priorités à mes yeux.
J’appelle à la création d’un groupe lorrain actif et non-virtuel d’Objecteurs de croissance, groupe de réflexion pour une économie locale et solidaire.
J’encourage évidemment les “non-lorrains” a faire la même chose dans leurs régions respectives - Les exemples ne manquent pas ! -, nous nous retrouverons au sein d’une future fédération nationale ! L’avenir nous appartient.
Je tiens pour finir à attirer votre attention sur les initiatives de la Gauche alternative et unitaire (GAU) messine et de La Fédération (dont la GAU est membre), qui vont dans le sens de mon appel.
Par ailleurs, j’ai rencontré hier soir (lors de la projection du film Herbe que je vous recommande vivement !) des étudiants de l’université de Metz qui désirent organiser une université populaire sur le campus du Saulcy pour bouger un peu ces masses estudiantines molles à la conscience politique proche de celle de l’huître un soir de Saint-Sylvestre. (Ca c’est moi qui l’ajoute ; j’assume, persiste et signe. Les gens de ma génération m’effrayent par bien des aspects. Merci aux exceptions de ne pas m’insulter, je sais que vous êtes là et vous en sais gré. Ne lâchons rien !).
Voyez encore ce que propose la motion des Verts, de gauche et écolo pour le coup, Zone d’écologie populaire.
Je souhaite, main dans la main avec ces gens éveillés, que nous organisions des Fora sociaux locaux en mettant un point d’honneur sur le volet populaire de l’événement. J’entends par là tout autre chose que le populisme propre à Sarko & Cie. ; j’entends par là remporter le défi de gagner l’intérêt de nos contemporains qui d’ordinaire se détournent de la politique qui fait peur, dégoûte, répulse ou apparaît comme un autre monde, réservé à une élite. Redonnons ses lettres de noblesse à la politique. Mission : indispensable !
Il ignorait que c’était impossible, alors il l’a fait.
Mark Twain (peut-être ?)
Avec toute mon amitié
Vincent de Metz — contact : lorraine[POINT]objecteurs[POINT]de[POINT]croissance[AT]gmail[POINT]com (remplacez les [ANTISPAMS] !)
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