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Les dérives de l’agriculture bio

26/01/2011 8 commentaires

Je viens d'écouter l'émission Terre à Terre de Ruth Stégassy (France Culture) du 4 décembre 2010, intitulée Les dérives de la bio, que je vous invite très vivement à écouter / télécharger ici (mp3), ou sur le site de l'émission. (Et d'une manière générale, faites un tour sur le site et écouter l'émission, on y apprend des choses passionnantes et très érudifiantes !)

 

Un des invités de l'émission, Philippe Baqué, auteur du dossier « Sortir de la bio industrielle : une urgence sociale ! » de la revue S!lence, a creusé un peu partout pour voir ce qu'il y avait derrière certains aspects pas très "clean" de la bio industrielle (en somme l'apposition de ces deux termes devrait déjà apparaitre à tout un chacun comme tout sauf "clean" !). Il est en train de compiler ses investigations et enquêtes dans un livre pour lequel je me permets de relayer ici, non par accointance, mais par profond intérêt - non pécuniaire - pour le sujet, son appel à souscription. (Remarque en off : je lui ai envoyé un message pour lui demander de faire quelque chose, parce que le site en flash, c'est vraiment merdique, impossible d'avoir l'affichage complet des pages… Je vous en fais part quand même, c'est dire si j'accorde de la valeur au contenu !)

 

[Edit 27/01/2011 : info de Philippe Baqué : "un article sur la bio en relation avec notre travail sera publié en février dans le Monde Diplomatique"]

L’horreur

12/01/2011 6 commentaires

Voila.

Pour ceux qui connaissent pas Annie Lacroix-Riz, je vais parler de deux de ses derniers bouquins, Le choix de la défaite et De Münich à Vichy.

C'est une horreur ! Pas les bouquins, hein, ce qu'ils décrivent…

Depuis une dizaine d'années, elle s'est plongée dans les archives des années 1930, pour s'expliquer (et nous expliquer au passage), comment la France, qui avait résisté 4 ans en 1914-1918, s'est fait laminer en 1940.

Ce plongeon dans l'histoire des années 1930 a été (et est toujours) pour moi un choc ; en fait, on y voit toutes les saloperies que l'on peut soupçonner de la part des politiques au pouvoir, guidés par les "capitaines d'industrie". On y voit aussi que finalement, les RG, c'est intéressant, puisque beaucoup des archives qu'elle cite en sont issues.

Quelques trucs intéressants qu'on y apprend, en vrac :

  • quand ils disaient "plutôt Hitler que le Front Populaire", ils rigolaient pas… mais pas du tout, y compris certains de la SFIO…
  • les livraisons d'acier à l'Allemagne ont continué après la déclaration de guerre (classe, non ? vendre de quoi fabriquer des canons à son ennemi…)
  • les magouilles de la Banque de France avec l'or des pays "voisins" : celui d'Autriche et de Tchécoslovaquie donné sans rechigner au Reich après l'Anschluss et Münich, celui d'Espagne gardé de 1936 à début 1939 pour ne pas le donner aux républicains, le belge laissé au Reich dès l'invasion de la Belgique…
  • le sabotage de l'accord franco-soviétique - qui avait permis d'ouvrir un front à l'Est pendant la première guerre mondiale - par tous les politiques au pouvoir dans les années 1930 (à l'exception de Barthou, (étrangement ? ) assassiné en 1934), par pure idéologie anticommuniste. Au passage, les français et les anglais se sont tellement foutus de la gueule des russes en août 1939, lors des négociations de la dernière chance, que les russes ont signé le pacte de non-agression juste après (tout en sachant bien qu'Hitler leur tomberait dessus juste un peu plus tard).

Je m'arrête là, mais je suis encore sur le cul… depuis que j'ai lu ça, une question tourne en boucle dans l'intérieur de ma petite tête : quelles saloperies les gens qui occupent les mêmes places actuellement sont en train de nous préparer pour garder/consolider leurs places, voire pire…

Pour en savoir plus, il y a bien sûr les bouquins, mais il existe aussi quelques vidéos sur (chut, pas de marques) qu'on doit pouvoir trouver en farfouillant sur son site www.historiographie.info.

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2011, indignation et résistance

01/01/2011 17 commentaires

Certain(e)s Clampin(e)s auront déjà reçu ce message dans leur boîte mail. Je me permets de l'adresser ici aussi aux quelques lecteurs de ce blog qui ne figurent pas dans mon carnet d'adresse. 

 

 


 
Metz, le 31/12/2010

Très chères vous toutes et très chers vous tous,

Cette année je vous épargnerai [ou pas ! cf. en deuxième partie de billet] les 12 pages de résolutions et de vœux que j'avais exprimés pour 2010 à celles et ceux… à qui je les avais envoyés.
L'indignation dont je vous faisais alors part n'a aucunement décru, au contraire elle s'est accru dans des proportions dans lesquelles il est souvent tentant de baisser les bras et de s'affaler dans un fatalisme à la sauce "on n'y peut rien", "c'est comme ça", "ils sont plus forts que nous", "tu te bas contre des moulins", etc.

Je vous livrerai juste ces trois invitations à la réflexion et à l'action :

 

  • La première, que sûrement beaucoup d'entre vous connaissent déjà, est l'allégorie du Colibri, souvent racontée par le philosophe Pierre Rabhi :

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

 
  • La seconde est une invitation à lire et faire lire le livre de Stéphane Hessel, ancien résistant et prisonnier d'Auschwitz, puis ambassadeur de France aux Nations Unies :

 

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  • Enfin, je finirai avec ce message, que j'emprunte à l'association les Renseignements généreux (dont je vous recommande de visiter le site et de lire les brochures qui sont une mine d'informations sur de nombreux sujets de société) :

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Je vous embrasse et vous souhaite une année 2011… comme vous la ferez !
Vincent, révolté mais pas résigné.

 



Vœux et résolutions pour 2010 (mais toujours d'actualité)

 

Chers amis et chères amies,
 

Bonne année 2010 et tous mes vœux sincères de bonheur - ou tous mes vœux de bonheur sincère, au choix.

Ce message est un peu long. C'est un message groupé, mais néanmoins personnel. Je ne vous encombrerai pas de chaînes et messages militants cette année si vous ne le souhaitez pas mais vous demande, cette fois au moins, de m'offrir votre attention en lisant ce courriel jusqu'au bout. C'est important pour moi. Si en plus vous m'y répondiez, vous me combleriez d'aise et d'honneur. Je n'apporte, ni ici ni ailleurs, aucune vérité absolue et ne suis pas à l'abri de l'erreur : je suis de ce fait ouvert au débat qui fait avancer les idées et à la contradiction argumentée. Votre avis est tout aussi légitime que le mien : donnez-le !

 

Pour cette année qui commence, je ne vous souhaiterai pas d'avoir tout ce que vous désirez car cela n'est pas possible. Pas possible car ce serait très certainement aux dépens de quelqu'un d'autre. N'y voyez aucune accusation personnelle et laissez-moi vous expliquer le fond de ma pensée, s'il-vous-plaît.
 
Gandhi nous invitait en son temps à "vivre simplement pour que d'autres puissent simplement vivre".

Je vous souhaite, donc, beaucoup de bonheur et de bien-être. Pas davantage de possessions. Je vous souhaite une bonne santé, oui, dans la mesure où vous faites ce qu'il faut pour la conserver. Je vous souhaite d'avoir le nécessaire à une vie digne, pas d'étouffer sous le superflu. Je vous souhaite d'être heureux avec votre famille, vos amis, vos collègues, vos voisins, de cultiver ce bien si précieux que sont les relations humaines. Je vous souhaite, en somme, moins de biens matériels et plus de liens affectifs.

 
Interrogeons-nous sur notre mode de vie. Quel avenir réservons-nous à notre planète et, a fortiori, quel avenir nous préparons-nous à nous-mêmes, Humains, aux générations présentes et futures ? Arrêtons de nous voiler la face et de croire à la religion de la Technologie-Qui-Nous-Sauvera-Tous. Nous n'irons jamais vivre sur une autre planète et les ressources de la Terre ne sont pas plus extensibles que sa surface. Ne pouvons-nous vivre plus simplement ? Est-ce si difficile de réfléchir à la portée de nos actes, de tous nos actes du quotidien ?

 

Il est presque trop tard pour agir. Cela ne signifie en aucun cas qu'il faille être fataliste, cela doit au contraire nous interpeller et nous amener à la conclusion qu'il faut stopper nette notre fuite en avant vers toujours plus de croissance économique et bifurquer avant de nous prendre le mur des limites physiques de la Terre en pleine face. Autrement dit : prenons nos RESPONSABILITÉS et entrons en dé-croissance.

Clarifions la notion de "croissance" par un exemple :

Prenez un verre d'eau. Introduisez-y une paille et commencez à aspirer. Par la force des choses (que j'ai appelée ci-dessus "limites physiques"), le verre finit par se vider, plus ou moins rapidement selon la force de succion exercée, et ne se remplira pas de lui-même, même si vous attendez longtemps devant en récitant de nombreuses prières extatiques.
La Terre est ce verre d'eau que nous pompons toujours plus : pétrole, gaz, minerais en tout genre (métaux, uranium…), pierres et roches, sels, nappes d'eaux fossiles, terres arables… L'échelle d'accumulation de ces richesses (le temps de remplissage du verre d'eau) est géologique, de l'ordre donc de la centaine de millions d'années, voire du milliard d'années pour les plus anciennes.

L'alternative est simple à comprendre : 1) la croissance, exponentielle par définition : on pompe chaque année plus que la précédente, le verre se vide avant qu'on ait dit "croissance sauve nous !". 1') la croissance "verte" : on peint la paille en vert et on met un autocollant de la Fondation Nicolas Hulot ® sur le verre, et, éventuellement, on aspire un peu moins fort ; cf. 1).
2) la décroissance : on lève le pied, on arrête de pomper comme des shadoks, on regarde ce qu'on a d'ores et déjà sorti de terre, on compte combien nous sommes sur Terre, et ceux qui ont le plus (20%) partagent avec ceux qui n'ont rien (80%). On gère la ressource et on partage.

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Vous avez sûrement entendu les conclusions du sommet sur le climat de Copenhague : lamentables. C'était à prévoir. On devrait plutôt parler d'abîme climatique que de sommet. La couverture (médiatique d'abord !) à soi, le NIMBY ("not in my back yard" : tant que cela ne se passe pas derrière chez moi, cela ne me concerne pas), l'attentisme décisionnel du gouvernement, toutes ces attitudes négatives nous conduisent très certainement à des temps prochains bien difficiles (catastrophes écologiques, crises sociales violentes, migrations climatiques, épuisement des ressources et donc flambée de leurs prix, aggravation des inégalités, etc., et autoritarisme pour gérer les situations de plus en plus conflictuelles).

 

Quelle que soit notre religion, nos convictions politiques, nos opinions, nous ne pouvons continuer ainsi. Il nous faut réduire de manière drastique notre empreinte écologique et notre emprise sur d'autres populations (à l'autre bout du monde ou à coté de chez nous).

Il ne s'agit pas seulement du changement climatique, commode pour vendre une croissance verte, mais aussi de toutes les dégradations : environnement, biodiversité, santé physique et mentale, faune et flore, etc. Notre milieu de vie se meurt du fait de l'appétit de ces 20% d'Humains dont nous faisons partie. De quel droit, et pourquoi ne changeons-nous pas les choses ?

Nous en avons pourtant le pouvoir, nous avons le pouvoir de décider, d'agir, de réduire notre consommation de biens, nous n'avons pas besoin de tout cela, les relations humaines et affectives sont bien plus précieuses que tous ces objets commerciaux de pacotille.
 
Faisons le compte de nos achats de Noël… Avions-nous besoin de les acheter ? De ces quelques secondes d'un plaisir souvent bien superficiel, qu'en retirons-nous ?
Faisons le compte de toute la nourriture achetée, en avions-nous besoin, ne peut-on fêter sans s'empiffrer ?
Faisons le compte de tous les déplacements occasionnés par l'achat de toutes ces choses, pourquoi ?
Le cadeau que j'ai fait ou que j'ai reçu, d'où vient-il ? qui l'a fabriqué ? dans quelles conditions ? à quel prix ? qu'a-t-il nécessité en matières premières ? en eau ? en énergie ? en transport ? va-t-il durer ? est-il recyclable ? comment ? où ? avec quelle énergie ? par qui ?
Cette nourriture que j'ai mangée, est-elle seulement bonne pour ma santé ? d'où proviennent ses ingrédients ? sont-ils traités et avec quoi ? combien de kilomètres ont-ils effectué avant d'atterrir dans mon assiette ? combien de milliers de litres de kérosène et de gazole ont-ils nécessité, du champ à l'assiette, en passant par la transformation et le transport ?…
"Donneur de leçons", me direz-vous ? Je préfère "lanceur d'alertes". Ou plus justement et modestement relais des lanceurs d'alertes, ces scientifiques souvent punis pour mettre en garde contre les dérives de nos modes de vie.
"Nan mais de quoi qu'i' s'mêle suis-là ?", entends-je d'ici.
Mais seulement de ce qui me regarde, ma bonne dame. Ces questions que je me pose ci-dessus, je ne me les suis pas posées toujours… et je commets assurément encore des erreurs aujourd'hui. Je ne prétends pas être un "surhomme" ou un quelconque "Sauveur-Attitré-De-La-Terre-Qu'Elle-Est-Belle-Avec-Les-Ptites-Fleurs-Et-Les-Pitits-Zoiseaux"… Je suis en revanche probablement un peu plus avancé que d'autres dans une réflexion profonde, une remise en cause radicale de notre fonctionnement. "Radical" ne veut pas dire terroriste ou ayatollah, ni même extrémiste, mais simplement "qui s'attaque aux causes profondes" (comme dit mon dictionnaire) aux racines des problèmes.

 

Il nous faut absolument guérir de "la maladie matérialiste" dont nous sommes atteints, réduire notre empreinte et notre croissance. 
C'est urgent, nous ne sommes pas tous suicidaires, mais en ce moment, nous sommes tous des destructeurs de notre environnement, qui nous est vital.

A ce propos, je vous encourage vivement à prendre 20 minutes de votre temps pour écouter le discours, riche d'enseignements à mon avis, tenu par Hugo Chavez, Président du Vénézuéla, lors de cette farce pitoyable de sommet "climatique" de Copenhague (»ici«). Ce n'est assurément pas du temps perdu. Méditons, militons et agissons en conséquence !

 
Ce message que je vous adresse ici n'est pas une leçon de morale, juste un cri d'alarme. Face à une alerte à incendie, il y a plusieurs réactions possibles : celui qui contribue volontairement à l'extension des flammes ; celui qui a vu le pyromane mais ne s'y oppose pas ; celui qui pense qu'il ne peut pas y avoir le feu ou que la technologie des portes pare-feu le protégerons et qui ne bouge donc pas ; celui qui fuit en sauvant ce qu'il peut ; celui qui court chercher l'extincteur ou qui aide ceux qui ont plus de difficulté à prendre la poudre d'escampette… Collabo, résistant, spectateur passif ou victime (complaisante ou non)… Choisissez votre rôle en conscience.

Alors pour 2010, prenez les vraies bonnes résolutions, celles qui vous impliquent vraiment et qui peuvent amener un vrai changement.

Voici quelques idées-pistes ou "uto-pistes" :
 
- ralentissez votre rythme de vie ;
- rendez les visites que vous voulez faire depuis longtemps, vous ferez des heureux et à cette occasion proposez votre aide, plutôt que de ramener un cadeau ;
- mangez moins de viande, 1 à 3 fois par semaine suffit amplement et n'est nullement indispensable ;
- diminuez également votre consommation de produits laitiers ;
- réduisez votre temps de travail, vous gagnerez moins d'argent, mais vous serez aussi moins tentés d'acheter des gadgets dont vous n'avez pas vraiment l'utilité et vous aurez plus de temps à consacrer à vos passions et à vos proches ; de plus, le travail se fait rare : partageons-le !
- réparez ce qui est cassé, recyclez ce qui peut l'être, évitez les emballages et le prêt-à-jeter ;
- occupez-vous de votre famille et éteignez la télévision, la console et l'ordinateur (promis, sur ce dernier point, je vais aussi faire un effort !) ;
- faites la cuisine en famille avec des produits simples, locaux et de saisons ;
- bricolez, faites vous-mêmes ;
- réduisez votre consommation de produits préfabriqués en tout genre ;
- tissez des liens autour de vous (repas de quartier, soirées jeux de sociétés entre amis/voisins, activités associatives, organisation de la vie du quartier…) ;
- adressez (si vous vous en sentez capables et si vous en avez envie : faire plaisir malgré soi s'appelle l'hypocrisie !) la parole, un sourire, apportez un bol de soupe ou un bout de pain aux personnes qui font la manche ou qui vivent dans la rue. C'est souvent bien plus gratifiant pour celui qui donne et celui qui reçoit qu'une pièce jetée par charité chrétienne sans le moindre regard ;

 
La liste est longue et on peut en faire une ensemble si vous êtes intéressés.
 
Vous verrez le plaisir que l'on éprouve à faire des choix personnels et à agir en accord avec sa conscience.
A comprendre que c'est possible de vivre mieux avec moins de biens mais tellement plus de liens. Enfin !

Il va sans dire que j'appliquerai moi-même les recommandations que je vous fais. Je viens à ce titre d'intégrer le SEL de Lille (système d'échange local, cliquez pour définition) [màj fin 2010 : j'ai depuis adhéré au SEL de Moselle], dont les principes de solidarité et d'échange non monétaire m'apparaissent comme une réponse concrète aux interrogations soulevées. Peut-être en existe-t-il un près de chez vous

 
Solidaire et heureuse année à tous !
Vince

Le gentil p’tit lapin

Voilà une histoire que j’ai lu ce soir (à un de mes héritiers), et qui déclenche systématiquement chez moi des sentiments mitigés.

D’abord, elle est de Michaël Escoffier, aux éditions Kaleidoscope, et n’existe pas vraiment sans les illustrations d’Eléonore Thuillier. Le texte est assez court, et je ne résiste pas à l’envie de vous le citer in extenso (je suppose que ce n’est pas tout-à-fait légal, enfin pour un texte si court peut-être que ça constitue juste une citation… le taulier sévira s’il y a un doute) :

Un gentil p’tit lapin se promène dans la forêt.

“Oh, la jolie carotte !” Le lapin mords dedans à pleines dents.

“Pouêt !” fait la carotte. “Crotte !” fait le lapin. “Sniark ! Sniark !” fait le loup qui se frotte les mains.

Le grand méchant loup emmène le gentil p’tit lapin dans son usine.

“Il faut travailler ! lui dit-il. Ceux qui ne travaillent pas finissent en pâté ou en civet !”

L’usine est remplie de lapins qui travaillent pour trois fois rien. Ils fabriquent des pièges à lapins que le loup vend à tous les loups du coin pour qu’ils puissent attraper plein de lapins.

“C’est pas juste !” dit le gentil p’tit lapin.

“C’est la vie, c’est comme ça. Tu n’as pas le choix” [lui répondent les autres lapins]

Alors, le gentil p’tit lapin commence à travailler. Il travaille toute la journée. Le soir, il est tellement fatigué qu’il file tout droit se coucher.

Mais dans ses rêves, il ne cesse de repenser à sa jolie forêt, à l’odeur de la terre, au parfum des bruyères..

Une nuit, il réunit ses camarades lapins et leur dévoile son plan. “Nous ne pouvons pas t’aider, répondent-ils. Le loup est trop méchant. Si nous fuyons, il va tous nous croquer.” Heureusement, le gentil p’tit lapin a tout prévu.

Le lendemain matin, il refuse de travailler. Il reste à son poste, assis sans bouger. Le loup fait les gros yeux. “Au travail, fainéant ! ou tu me croqueras sous la dent.” Mais le gentil p’tit lapin ne répond pas.

Le gran méchant loup se jette sur lui et le mords à belles dents.

“Pouêt !” fait le lapin. “Crotte !” fait le loup. “Youpi !” font les lapins qui se frottent les mains.

Depuis ce jour, les lapins continuent à travailler… mais ils travaillent pour eux-mêmes. Ils fabriquent des pièges à loups, qu’ils vendent à tous les lapins du coin pour qu’ils puissent attraper plein de loups.

Et ça marche plutôt bien !

Bref, j’ai d’abord acheté le livre parce qu’il m’a fait rire. Ensuite, j’ai ressenti un certain malaise face à la véritable propagande marxiste qu’il m’a paru constituer. Et puis, finalement, je me suis dit que oui, c’était de la propagande marxiste sur la réappropriation des moyens de production, mais qu’après tout la propagande capitaliste est tellement omniprésente dans les contenus destinés aux enfants (Disney (R) , pokémon (R), même Shrek avec SON marais) qu’un peu d’initiation politique différente, ça fait du bien… parfois.

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Le quizz des jardiniers

Décroissance, décroissance …. Oui mais de quoi ? Il semblerait qu’il n’y ait pas de décroissance d’infos pour les clampins et autres lorrains décroissants …. La quantité de questions abordée en quelques heures, lorsque se réunissent quelques oufs sous la pluie dans un verger abandonné, pourrait même effrayer le clampin de base … Mais le clampin de base est courageux et têtu, c’est bien connu !
Courage ! Fouillons !

Le blaireau propose “le QUIZZ des jardiniers “

  1. L’oreille-de-lièvre est-elle comestible ? Quel est son nom scientifique ?
  2. Qu’est-ce que le Bois Raméal Fragmenté ?
  3. Quel est le meilleur instrument pour faire du copeau de bois ?
  4. Comment faire récupérer toute sa saveur à du beurre rance ?
  5. Dans quel pays le mot « gratuit » n’existe-t-il pas ?
  6. Dans quel pays ne dit-on pas « j’ai une femme et deux enfants » mais « une femme et deux enfants sont avec moi » ?
  7. Qu’est-ce que le ph du sang ? Pourquoi du sang acide et du sang basique ?
  8. L’Amérique latine va-t-elle réussir à sortir du FMI ?
  9. A la cime d’un sapin, quelle est la pression (en bars) de la sève de l’arbre qui monte par capillarité ?
  10. Quelles sont les différentes techniques de broyage du bois ?
  11. Pourquoi ne faut-il jamais emmener Idéfix au verger ?
  12. Quels alliages de métaux contribuent à la meilleure performance d’une scie à main ?
  13. Qu’est-ce-que que le recuit et la trempe ?
  14. Pourquoi la pluie est-elle quelquefois acide ?
  15. Qu’est-ce que le NO2 ? Et le N2O ?
  16. Quelle est l’utilité du N2O ? :-)
  17. Qu’est-ce que Skype et qu’est-ce qu’il vient faire au verger ?
  18. Faut-il dormir ou non avec son chat ? Qu’est-ce qu’un noeud tellurique ? (attention, sujet à aborder avec précautions …)
  19. Que dit le lichen à qui sait l’entendre ? (par contre, la réponse à cette question est d’ordre scientifique )
  20. Quelle quantité de buissons d’églantiers est-elle nécessaire pour fabriquer une verrine de confit de cynorrhodon ?
  21. Quelle est la principale vertu de l’aubépine ? Pourquoi son utilisation est-elle généralisée en Allemagne et quasi-inconnue en France ?
  22. Quel est le nom de cette espèce de gelée bizarre et transparente que l’on trouve sur les arbres et qui est paraît-il à cheval entre le végétal et l’animal ? Note : la réponse n’est pas connue des jardiniers -
  23. Pourquoi du plomb dans l’essence ? Est-ce pour plomber l’ambiance ?
  24. Où en est la commission Stiglitz  ?
  25. Qu’est-ce qu’un femto ?
  26. Quel bruit fait est la pluie ?
  27. Qu’est-ce qui se multiplie quand on la partage ?
  28. Qu’est-ce qui se noue quand on se dénoue ?
  29. Quel lien pour fixer une bâche ? :-)
  30. Question subsidiaire : qu’est-ce qui pourrait peut-être revivre si Turandot le serrait dans ses bras ? Arf !

Quelques réponses plus tard, dans un autre billet. Mais vous pouvez déjà essayer de répondre allumer la télé, prendre un analgésique générique ou non, effervescent ou pas, ouvrir un sachet de Chips, une bière … etc etc

Signé Idéfix Blaireau

Internet, logiciels libres et gauchistes

10/02/2009 13 commentaires

Pour commencer, je vais citer mes sources (ou ma bibliographie, plutôt), c’est principalement de ces deux supports (et aussi de mon expérience à moi que j’ai eu) que l’idée m’est venue d’écrire cet article :

Il va sans dire - mais ça va mieux en le disant - que je vous recommande chaudement d’aller regarder la vidéo enregistrée de Benjamin Bayart pendant sa présentation et de lire le bouquin de Laurent Chemla (pour les radins, vous êtes même pas obligés de l’acheter, il est disponible sur le lien que j’ai mis).

Définitions

Avant de rentrer dans le vif du sujet, et pour les néophytes, on va commencer par des définitions. Internet, c’est un réseau de réseaux ; c’est un réseau qui est issu de travaux financés par le ministère de la défense états-unien et développé par des universités américaines (Carneggie-Melon, Berkeley, Stanford, MIT,…). Le but principal était d’éviter que la perte d’un bout du réseau (typiquement, l’URSS détruit le Massachusetts, le réseau peut continuer à fonctionner même si le MIT n’est plus).

Les logiciels libres sont des logiciels (des programmes contenant, sous forme de script ou binaire, des instructions permettant de dire à un ordinateur de faire les trucs qu’on veut qu’il fasse) possédant plusieurs caractéristiques : on peut les utiliser comme bon nous semble et on peut regarder le code source (là, on a le dénominateur commun de toutes les licences logicielles libres). À partir de là, on peut en rajouter dans tous les sens : autorisation de modifier le programme (parfois, sous réserve d’en changer le nom - pour de sombres histoires de cohérence de systèmes), de diffuser les modifications (donner ou vendre), de faire tout ce qu’on veut, obligation d’utiliser la licence d’origine pour les modifications…

Quant aux gauchistes, je vais en prendre une définition assez large : en France, tout ce qui est à gauche du PS. Pour ceux qui ne voient pas, des gens qui sont (au strict minimum) pas très copains avec le capitalisme, et qui n’envoient pas des représentants à la présidence du FMI ou à la direction de l’OMC…

Des liens bilatéraux

Quels liens entre logiciel libre et Internet ? C’est une grande partie du propos de Benjamin Bayart - auquel je souscris quasiment entièrement - de dire qu’il n’y a pas d’Internet sans logiciel libre (tous les protocoles et la plupart de leurs implémentations à la base du réseau des réseaux sont libres), de même qu’il n’y aurait sans doute pas eu de logiciels libres sans Internet. Depuis le tout début de l’informatique, les barbus de l’époque avaient pris
l’habitude de s’échanger leurs disquettes (par courrier, à l’époque) de programmes pour que les uns bénéficient des améliorations des autres et vice-versa, mais les choses n’auraient certainement pas pris l’ampleur qu’elles ont aujourd’hui sans la possibilité de diffuser à aussi grande échelle pour un prix quasiment nul tous ces logiciels. Aujourd’hui, Internet permet à des internautes des quatre coins du monde de participer (contribuer du code, des rapports de bug, de la documentation, de l’aide sur un forum, de l’évangélisation,…) à un logiciel commencé dans le 5ème (coin du monde, pour ceux qui ne suivent pas).

De la même façon qu’Internet a permis le déploiement massif des logiciels libres, Internet a permis à toute une partie “gauchiste” du pays de tous les pays de s’organiser, de discuter,… Internet, et c’est là la principale thèse de Laurent Chemla, est un formidable outil de liberté d’expression et en particulier de démocratisation de cette liberté d’expression (tout particulièrement pour ceux qui n’ont pas accès aux moyens de communication mainstream). En effet, grâce à Internet, les “petits” partis disposent quasiment des mêmes moyens d’organisation et de réflexion (mailing-lists, forums, sites, blogs,…) que les “grands”[2].

Enfin, les relations entre logiciel libre et gauchistes… Ce point est clairement, selon moi, une honte pour les gauchistes ou une sacrée réussite de Microsoft® (voire les deux). Le fait de recevoir des documents au format Word® sur une quelconque liste de diffusion d’ATTAC, du ex-NPA (je connais pas le nouveau nom), du PCF,… est pour moi un mystère que je n’arrive pas à comprendre. On en arrive parfois à une servitude (informatique) volontaire[3] - réactions entendues : “mais pourquoi on changerait ?” et l’émancipation, camarade, ça te dit quelque-chose ? de plus, pourquoi moi (qui ne possède pas de logiciels me permettant de lire ce fameux format), je serais obligé de batailler pour lire ce document, alors qu’il existe des formats ouverts - Ainsi, on en arrive, même dans des milieux hostiles au grand méchant capital, à devoir se plier à un format propriétaire, et ceci alors que les valeurs portées par les logiciels libres (partage des connaissances, émancipation des utilisateurs,…) me paraissent tout à fait en adéquation avec le gauchisme.

(J’ouvre une parenthèse ici : beaucoup de gens dans le milieu du logiciel libre passent pas mal de temps à expliquer que le logiciel libre n’est ni de droite, ni de gauche. La plupart d’entre eux sont sincères, mais j’ai parfois l’impression que certains tiennent ce genre de propos pour éviter de faire peur aux pouvoirs en place, dont certains sont furieusement anti-communistes - en particulier aux États-Unis.)

De plus, un logiciel libre devient gratuit une fois qu’il a été payé (je suis sympa, hein ? ). Autrement dit, une fois que des gens ont donné de leur temps (ou de l’argent à d’autres qui peuvent alors y passer du temps), le système des licences libres permet de redistribuer le logiciel quasiment gratuitement (au prix du support : CD ou DVD, bande passante,…). Cette caractéristique permet de combler un fossé numérique entre riches et pauvres : il n’y a plus d’un côté ceux qui peuvent s’acheter le dernier tronçonneuse-base® et les autres, puisque postgresql ou mysql sont à la disposition de tout le monde ; cet argument est valable aussi bien pour des particuliers (bien que peu de particuliers aient besoin de tronçonneuse-base) que pour des coopératives (on va pas être grossiers et parler d’entreprises) et pour des états.

Quelle conclusion ?

Deux conclusions : la première, c’est pour adopter celle de Benjamin Bayart et diffuser l’idée que pour faire de l’Internet ce qu’il est encore, c’est-à-dire un réseau permettant une symétrie et une libre expression, il faut s’héberger nous-mêmes (merci Superno, je suis une grosse feignasse, je me flagellerai comme tous les soirs tout à l’heure).

Deuxième conclusion : il faut que ce que j’appelle les gauchistes reprennent à leur compte les logiciels libres, les utilisent, les diffusent, et décident de se passer une bonne fois pour toutes de certains trucs dont je tairai le nom par charité… Pour ceux qui ne peuvent pas se passer de ce genre de machins (parce que lorsque le seul ordinateur dont on dispose est au boulot, par exemple), il faut au minimum prendre conscience qu’il existe des formats ouverts, et que même les outils livrés avec Windows® peuvent en faire (ne serait-ce que du texte brut).

Petit épilogue : pour ceux qui connaissent un (voire plusieurs) de ces milieux, j’ai fait un certain nombre de raccourcis - parfois abusifs - et j’en suis conscient, mais cet article est déjà assez long, et se veut comme un premier pont entre ces milieux (et tout particulier le dernier “lien” que j’explore).

[1] je précise, afin d’être tout à fait honnête, que je connais (un peu) Benjamin Bayart.

[2] j’ai bien conscience que ce paragraphe est aussi applicable à des parties moins fréquentables de l’échiquier politique, mais c’est bien le propre de la liberté d’expression, et j’ai l’intuition que eux voudraient la limiter (cf. plusieurs exemples dans le bouquin de Laurent Chemla) ; et nous non (on est gentils ! ).

[3] ici, j’aurai dû avoir un lien à ajouter, mais plus moyen de remettre la souris dessus… (si mes souvenirs sont bons, il doit s’agir d’un article paru dans Le Couac, intitulé “de notre servitude (informatique) involontaire”).

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