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Archives pour la catégorie ‘Environnement’

Qui a tué la croissance ?

07/12/2011 8 commentaires

Vous n'êtes pas encore convaincus des thèses de la décroissance ? Alors prenez 6 minutes de votre temps pour regarder cette vidéo de Richard Heinberg, auteur du livre "La fin de la croissance".

 

 

Lien direct si la vidéo ne s'affiche pas : http://www.youtube.com/embed/VSwT4fGqWbQ

(sous-titré en français)

 

A DIFFUSER !!!!!!

 

Superno, un petit coup de pub pouce serait sans doute bienvenu pour diffuser ce film…

 

Quels transports face à l’urgence écologique et sociale?

25/07/2011 3 commentaires

Bonjour à tous,

Voici un texte de l'intervention lors de l'Altervillage sur les transports avec un argumentaire sur le ferroviaire et sur la gratuité.

Bonne lecture

 

Quels modes de déplacement? 

Que ce soit pour transporter des personnes ou pour transporter les marchandises que nous consommons plusieurs contraintes nous obligent à réfléchir à la question des transports :
- tout d’abord, la raréfaction du pétrole, le pic de Hubbert aurait été atteint en 2006 (selon ce géophysicien, la production de pétrole suivrait une courbe en cloche, une fois le pic passé, la production décline jusqu'à ce que la ressource soit complètement épuisée.). C’est la fin du pétrole « pas cher », malgré quelques soubresauts, le prix du pétrole ne va cesser d'augmenter, l'essence et le gasoil deviendront s’ils ne le sont déjà des produits de luxe que seuls quelques privilégiés pourront se payer. Cela entrainera inévitablement une augmentation des tarifs de transport et donc des marchandises dont la majeure partie de la production est aujourd’hui délocalisée.
- ensuite, les nuisances dues aux transports : accidents, bruit, congestion (encombrement de nos routes et de nos villes) et nuisances environnementales dû au rejet de gaz à effet de serre. Le secteur des transports est responsable de 26% des émissions nationales de gaz à effet de serre, dont 14% pour les véhicules particuliers et les deux-roues.
(L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) vient d’annoncer que ces émissions ont atteint leur plus haut niveau historique en 2010 !
Le climatologue et Prix Nobel Jean Jouzel vient de déclarer « On est sur la trajectoire des pires scénarios du GIEC ». En clair, la planète subira un réchauffement moyen de 4°C au minimum
Sachant qu’au delà d’une hausse de la température moyenne de 2°, il est estimé que l’on atteint un seuil d’emballement climatique)
L’enjeu des transports concerne donc bien l’ensemble des citoyens et pas uniquement les salariés du secteur ou les usagers…
Une première réflexion doit porter sur une diminution des transports car il va de soi que l’énergie la moins polluante et la moins chère est celle que nous ne consommons pas :
relocalisation des productions, ce qui entraînera une diminution des transports de marchandise mais également des trajets domiciles-travail avec la possibilité de “travailler au pays”,
réouverture des commerces de proximité : aujourd'hui on est obligé de prendre la voiture pour se rendre dans les centres commerciaux à l'extérieur des villes,
développement du télétravail en prenant garde de ne pas isoler les salariés,
étude sur les PLU pour éviter l'habitat diffus en dehors de toute zone de desserte de transport collectif…).
Il n'en reste pas moins que certains transports restent incontournables dans nos sociétés, il faut donc, avant d'être confronté de front à ces problèmes réfléchir et développer les modes de transports les moins nuisibles.

Etat des lieux.

Bref historique sur la libéralisation du secteur des transports :
L’une des premières mesures de libéralisation du secteur a été en 1986 de supprimer la Tarification Routière Obligatoire (TRO). Cela constitue le point de départ de la concurrence sauvage dans le secteur et le début du déclin de la part modale du fret ferroviaire que nous constatons encore aujourd’hui.
En 1989, Le Conseil des ministres des transports de la CEE accorde aux entreprises de transport routier le droit de charger et de décharger des marchandises dans un autre Etat membre que celui dont elles sont originaires. Ce que l’on redoutait avec le Fameux plombier polonais existe dans les transports routiers depuis bien longtemps…
Le premier janvier 1993 les transports internationaux de marchandises au sein de l'UE sont libéralisés.
En mars 2006 ouverture à la concurrence du transport intérieur de marchandises (c’est à partir de cette date que l’on a vu des trains de marchandises autres que Sncf circuler sur le réseau ferroviaire),
En décembre 2009 c’est au tour du transport international de voyageurs d’être ouvert à la concurrence,
Le gouvernement renvoie la libéralisation du transport régional de voyageurs à l'après-présidentielle de 2012 (c’est un dossier relativement explosif le TER représente 25000 emplois de cheminot mais c'est également le plus intéressant financièrement pour les entreprises privées car le plus subventionné par les collectivités, il est financé par les régions…).

Transport Fret :

Contrairement aux promesses, l’ouverture à la concurrence n’a pas augmenté la part modale du Fret ferroviaire mais a partagé les trafics existants entre les EF.
Suite à la libéralisation du secteur, la direction Sncf qui prend ses ordres directement du gouvernement découpe l’entreprise en branches, le Fret est séparé du reste de l’entreprise depuis 2008 avec la création d’une direction nationale fret en parallèle à la direction nationale du reste de l’entreprise, les passerelles entre les différentes branches se raréfient…
En 2008 la Sncf rachète Géodis qui devient Sncf Géodis 1er transporteur routier avec sa filiale Calberson.
Depuis janvier 2010, Pierre Blayau occupe les fonctions de PDG de SNCF-Geodis, et DG de Fret Sncf qui n’est plus qu’une des branches de ce holding. Cette double casquette pose clairement la question du conflit d'intérêt. En tant que PDG de Geodis, le salaire de Blayau fluctue en fonction des résultats de sa société et donc du nombre de camions sur les routes. Il aurait donc plus d’intérêt à faire rouler des camions que des trains…
Depuis 2003 on en est au quatrième plan fret (imposé par le gouvernement et la SNCF) qui poursuit la casse de l’appareil de production. Pourtant, le constat est alarmant : suppression de plus de 15 000 emplois, fermeture de 500 gares fret, lignes fermées, augmentations des tarifs, clients exclus, (réduction des parcs wagons et locomotives de 30%), réduction de moitié du tonnage transporté…
Année 2000 : la SNCF transporte 56 Milliards de TK (Tonne/Km) avec un déficit de 87 millions d’€ ;
Année 2010 : 25 milliards de TK , 600 millions de déficit soit 300 000 wagons isolés transportés

Les trafics perdus ou abandonnés par Fret SNCF sont partis très majoritairement vers la route.
Aujourd’hui, la technique du « wagon isolé » (messageries ferroviaire trains composés de 20 à 30 wagons, dont tous n'ont pas les mêmes origines ou destinations, ils sont regroupés ou dégroupés dans des chantiers appelés ”triages”) a été sacrifiée, c'est comme si la poste décidait de fermer ses centres de tris et de n'accepter que les clients capables d'envoyer plusieurs dizaines de lettres par jour…..
Pourtant, cette technique correspond le mieux à la réalité du tissu économique, essentiellement composé de PME qui n'ont pas la capacité de constituer plusieurs trains complets par semaine.
Alors que la Sncf abandonnait la technique du wagon isolé, 7 pays européens (Allemagne, Suisse, Belgique, Italie…) créaient une alliance X-Rail pour la développer à l’international.
La Sncf ne garde que les trains complets et trains combinés soit disant les seuls rentables.

Les conséquences sont désastreuses :
Environnementales : plus d'1,2 millions de camions supplémentaires sur les routes.
Sociales : plus de 15 000 emplois supprimés.
Humaines : plus d'accidents et d'insécurité sur les routes.

Contrairement au discours sur la concurrence libre et non-faussée, la concurrence avec le transport routier est déloyale et faussée:

On ne peut pas parler du transport de marchandise sans évoquer les conditions de travail des salariés du secteur routier victimes d’un véritable dumping social. Ils ne sont par exemple pas payés durant les temps d’attente de chargement/ déchargement).
Il faut urgemment relever le niveau social de ce secteur.
La Sncf organise, elle même, sa propre concurrence entre les salariés au travers de ses filiales ferroviaires ou routières (1er transporteur routier + filiales ferroviaires avec salariés sans statut…).
Le lobby routier demande depuis plusieurs années l’autorisation de circulation des camions de 25,25 mètres de long (maxi actuel, 18,75m) et jusqu’à 60 tonnes (40 T actuels).
C’est l’exemple même d’une fausse bonne idée… Du fait de la baisse des coûts du transport routier (productivité attendue de 20%), la mesure renforcerait l’avantage concurrentiel par rapport au rail ou au fluvial et entraînerait une augmentation du trafic routier de marchandises.
(La mesure entraînerait une augmentation des coûts externes payés par la collectivité avec notamment une détérioration des infrastructures routières plus rapide, elle ne serait pas non plus sans incidence sur la sécurité.
L’Observatoire Energie, Environnement, Transports (OEET), mis en place à la suite du Grenelle de l'environnement vient d’ailleurs de rendre un avis défavorable à cette demande
Cette mesure est donc suspendue pour l’instant mais il est sûr qu’ils reviendront à la charge pour tenter de l’imposer…)
 

Les coûts externes faussent totalement la concurrence avec le transport routier :

L’usage de la route conduit en effet à un certain nombre de nuisances : le changement climatique, la pollution de l’air, la congestion, les accidents (secours + prévention routière), le bruit, la perte de la biodiversité, les atteintes aux paysages, etc.
Ces nuisances sont aujourd’hui gravement subies et payées par l’ensemble de la société, non par ceux qui les engendrent.
Selon une étude effectuée par les cabinets IFRAS et IWW, en 2000 la somme en Europe des coûts externes hors congestions liés aux transports des marchandises se monte à 236 Milliards d'€uro par an.
Cette somme passe à 650 milliards d’euro si l’on y inclut les transports de voyageurs.

Pour un transport de marchandise de 1000 Tonne/Km, la route a coûté à la collectivité en 2000, 4 fois plus que le fer :

71.20€ pour les poids lourds,
22.5€ pour le transport maritime,
17,90€ pour le fret ferroviaire
principalement dû au bruit (c’est évidement un problème qu’il faudra prendre en compte si l’on se dirige vers un report modal de la route vers le fer.)

De plus, par un tour de passe passe, depuis la séparation de la Sncf et de RFF en 1997 et la reprise de la dette par RFF (contrairement à l’Allemagne ou la dette a été récupérer par l’état), les péages que paie Fret Sncf à RFF ont explosé et intègrent une partie du remboursement de la dette de RFF… alors que dans le même temps, les transporteurs routiers ne paient pas en totalité l’usure des infrastructures qu’ils utilisent.
On voit donc que la rentabilité financière du transport routier est totalement artificielle et que si l’ensemble des coûts externes était ré-internalisé, le report modal vers le rail ou le fluvial se ferait automatiquement.

On est donc bien face à des choix politiques.

Voici 7 Propositions de la CGT pour le transport de Fret ferroviaire :

-Instauration d’une tarification sociale minimum obligatoire pour enrayer la logique du dumping social et financer une harmonisation sociale par le haut. Eviter la concurrence entre les salariés.

-Internalisation des coûts externes de nuisances afin de tarifier le transport de marchandise à son juste coût. Par exemple en élargissant l’Euro-Vignette qui est en cours de modification : directive 2006/38/CE du 13 mai 2006, qui pour l’instant se limite à la taxation des poids lourds pour l’utilisation de certaines infrastructures (routes départementales et nationales).

-Revenir à une politique de volume qui permet d'amortir les charges fixes (moyens matériel et moyens humains).

-Créer un service public du transport ferroviaire subventionné par les taxes prélevées sur le transport routier.

-Développer le maillage du territoire pour éviter d'en isoler une grande partie lors de l'inévitable augmentation du prix du pétrole

-Stopper le démantèlement du fret SNCF et des infrastructures existantes afin d'éviter de reproduire une situation identique à celle de l'abandon des tramways il y a 50 ans.

-Investir et mettre les moyens nécessaires à l'entretien et à l'amélioration du réseau existant.

 

Transport Voyageurs

L’Etat fait le choix de financer le tout automobile et de privilégier l’utilisation de la voiture individuelle: 15 milliards d’euros sont dépensés chaque année pour la voiture contre 1,5 milliard pour les transports publics !

Un basculement sur les transports collectifs d’une partie des crédits affectés à l’automobile suffirait à financer à la fois la gratuité (ou une tarification attractive) et l’augmentation de l’offre.

En outre, les coûts externes de l’automobile, non inclus dans les chiffres ci-dessus, augmentent encore le coût de celle-ci pour la collectivité.
Toujours selon l’étude des cabinets Infra/IWW, ces coûts externes pour 1000 passagers/km s’élèvent à :
76€ pour les voitures particulières
33.7 (soit déjà 2 fois moins) pour les bus
22.9€ (soit 3.3 fois moins) pour le ferroviaire

Le dernier exemple flagrant d’aide à la voiture individuelle a été la prime à la casse qui a coûté la bagatelle de 1 milliards d’Euros en 2 ans alors que la majorité de la production est délocalisée…

Avant d’être un problème financier, les transports sont donc une question de choix politiques et sociaux.

Un autre exemple de décision politique, la région Aquitaine en charge du financement du TER tente aujourd’hui de réviser à la baisse la convention qu'elle a signée l'an passé avec la Sncf en fermant par exemple des guichets ou en autorisant les circulations EAS (équipement agent seul sans contrôleur, un seul conducteur alors que le contrôleur assure surtout des missions de sécurité et de sûreté des voyageurs) en prétextant un assainissement des comptes, pourtant dans le même temps, le conseil régional vote la subvention à la ligne nouvelle.

Les régions, pourront, si la libéralisation voit le jour en 2012, choisir un opérateur privé.
Selon le rapport Grignon (du député du même nom), dans ce cas, l’ensemble du personnel aurait “le choix” d’intégrer la nouvelle entreprise en perdant son statut et la réglementation du travail spécifique. Encore un fois, la libéralisation se fera au détriment des conditions de travail et des salariés.
Des solutions existent pour privilégier le transport collectif (moins accidentogène pour les citoyens et moins énergivore donc moins polluants) il faut en faciliter l'accès et mettre en place des mesures incitatives (c’est vrai que la voiture individuelle est souvent la solution de facilité).

Pour inciter les gens à utiliser les transpotts collectifs, il faut s'appuyer sur 3 points :

premier point c'est le maillage du réseau (pour pouvoir aller où on veut, si notre point de départ ou point d'arrivé n'est pas desservi et bien on prend la voiture).
- utiliser d'une part les infrastructures existantes (remise en état des lignes ferroviaires laissées à l'abandon)
- d'autre part, construire de nouvelles infrastructures de transport de proximité tram et bus, ligne dédiée pour les bus, mise en place de parking gratuit à l'entrée des villes avec accès au réseau de transport en commun

deuxième point pour que les gens utilisent les transports collectifs : la fréquence des dessertes (s'il y a une desserte toutes les 2 heures ou que la dernière desserte est trop tôt et bien on prend la voiture…). Les exemples de réussites d’un véritable cadencement existent sur Bordeaux Arcachon par exemple.

troisième point : le tarif du transport pour ce faire, il faut progressivement se diriger vers la gratuité totale et pour tous des transports collectifs de proximité. Une première étape de transition pourrait consister en une tarification attractive avec un billet unique et la gratuité pour les revenus les plus faibles.

Argumentaire sur la gratuité :

La gratuité des transports en commun est une mesure de bon sens dans le contexte actuel, susceptible de contribuer aux deux objectifs centraux de toute politique sérieuse aujourd’hui : lutter contre la dégradation de l’environnement en réduisant le trafic automobile et réduire les inégalités sociales (les plus pauvres, déjà exclus géographiquement des centres ville et des quartiers riches, payent bien plus chers le droit de se déplacer (pour un service souvent moindre : absence de lignes inter-banlieues, fréquences inférieures…)

Les motivations et les bénéfices sont variés:

-Décroissance des rejets de gaz à effet de serre de l'agglomération en faisant un transfert des déplacements en voiture vers les bus.
-Droit au transport pour tous (Les personnes âgées, les jeunes, les précaires, les personnes à mobilité réduite n’ont bien souvent que les transports collectifs pour se déplacer, pour le travail, pour les démarches administratives, pour les courses, l’accès à la culture, à la santé…Il existe des exonérations, réductions, tarifs différenciés, c’est compliqué et discriminatoire, parfois injuste.).
-Réduction de la circulation automobile et donc fluidité du trafic.
-Redynamisation du centre ville.
-Amélioration de la qualité de vie.
-Rentabilisation d’un système qui coûte cher (en subventions) pour une population restreinte. 
-A terme création d'emplois car le service devra suivre la demande qui va croitre. 
-Une mesure en faveur de l'augmentation du pouvoir d'achat, en réduisant les dépenses des ménages. 
-Un désenclavement des périphéries urbaines et des quartiers populaires. 
-Suppression des agressions de conducteurs pour voler la caisse. 
-Une image d'ouverture et d'hospitalité. 
-Une mesure touristique. 
-Mesure de santé publique (réduction de la pollution de l’air et déplacements pédestres jusqu’aux arrêts) 
-La fin progressive du pétrole et les menaces sur le réchauffement de la planète rendent cette revendication plus que jamais impérative.

 

Les transports collectifs sont quasiment le seul mode de déplacement payant. Les rues et les routes, les trottoirs et les aménagements cyclables sont payés par la collectivité et les piétons, les cyclistes et les automobilistes ne paient pas les infrastructures qu’ils utilisent contrairement aux voyageurs des transports en commun.
Dans plusieurs villes la gratuité est une réalité et des exemples de réussite existent. : Châteauroux, 70.000 hab. depuis décembre 2001, le centre-ville de Seattle, 500 000 hab. ou plus récemment la communauté de communes des pays d’Aubagne (12 communes où vivent plus de 100 000 habitants).
D’autres l’ont mis en place pour les chômeurs (-ses) et précaires : Midi-Pyrénées, Caen…
Le Predit (Programme interministériel de recherche et d'innovation dans les transports terrestres http://www.predit.prd.fr/predit4/lepredit.html ) a commandé une étude qui a pour objectif de déterminer les effets sur la fréquentation de la gratuité totale par rapport à d'autres mesures telles que la mise en place de tarifs très attractifs, l'augmentation de l'offre ou l'amélioration de la vitesse commerciale.
Principaux résultats de cette étude qui a porté sur les réseaux de Châteauroux :
- la gratuité totale a entraîné une hausse très importante de la fréquentation : + 100 %
- La hausse d’usage du bus découle pour l’essentiel de reports modaux. Ces reports modaux se sont effectués principalement au détriment de la voiture
- La gratuité vient en complément d’autres facteurs d'attractivité des transports urbains auxquels elle ne peut se substituer (amélioration des fréquences, et maillage du réseau).

Comment financer cette gratuité?

Le manque à gagner de la vente des tickets est à mettre en balance avec le coût des points de vente, du contrôle, l’impression des billets, la maintenance des machines pour les délivrer et les composter, les campagnes de communication contre la fraude et la réduction des coûts d’aménagements de voirie pour améliorer la fluidité (A Châteauroux, la billetterie couvrait seulement 14% du coût total du service)…

La somme restante à financer peut être dégagée par :

- Le paiement des coûts externes des transports individuels.
- une réduction des budgets affectés à l’automobile (voirie, grandes infrastructures, parking…), lesquels constituent 80 à 90 % du budget « déplacements » des collectivités locales, ou par l’augmentation des recettes perçues sur l’automobile (stationnement payant, péage urbain, etc.).
- Une mise à contribution des entreprises de plus de 9 salariés qui sur le long terme peuvent être intéressé par : La fluidité routière gagnée par l'utilisation plus massive des transports en commun, la diminution des accidents de trajet.

Seulement 17% de nos voyages sont liés aux loisirs, c’est-à-dire que 83% de nos déplacements sont contraints (pour aller au travail, faire des courses…). Les entreprises et les grandes surfaces sont les premiers bénéficiaires des transports publics. Ils doivent donc participer au financement.
Et c’est sans compter les bénéfices indirects de l’approche : Aubagne avance ainsi qu’une famille pourrait économiser jusqu’à 2000€ par an en utilisant les transports collectifs gratuits, à quoi s’ajoutent les économies collectives (moins facilement chiffrables) réalisées sur l’entretien des routes, les accidents de circulation et les frais de santé du fait de la diminution de la pollution.
La ville de Libourne (Gironde) s’apprête à lancer la gratuité totale de son réseau de bus pour ses habitants.
Son coût sera pris en charge par le prélèvement transports auprès des entreprises de plus de neuf salariés, qui était auparavant consacré aux travaux de voirie.
Elle est aujourd’hui au centre des débats dans plusieurs villes françaises, notamment à Toulouse, à Nantes ou à Nice… quand elle n’est pas tout simplement appliquée, comme dans un nombre croissant de villes françaises (Colomiers près de Toulouse, Compiègne dans l’Oise, Vitré dans l’Ille-et-Vilaine, Châteauroux et Issoudun dans l’Indre, ainsi que Mayenne). Dernière sur la liste : Cluses en France). Également, des projets de gratuité des transports en commun sont prévus à Bar-le-Duc ou à Castres.

 

Conclusion :

 

Que ce soit pour le transport de marchandises (avec les coûts externes) ou pour le transport de voyageur (avec les subventions des conseils généraux et régionaux et maintenant avec les partenariats publics privés pour les financements des voies nouvelles). Nous avons vu que la collectivité finançait souvent des intérêts privés.

Que nous soyons, voyageur, simple citoyen, chargeurs, ou cheminots, nos intérêts sont communs, nous avons tous besoin du maintien et du développement d’un service public ferroviaire de qualité qui répond aux réels besoins de la population. Les salariés du secteur des transports ne pourront pas y arriver seuls, un soutien de la population, des associations et des politiques est nécessaire et urgent pour stopper la casse du service public ferroviaire et le démantèlement de la Sncf.

Contre l’implantation d’éoliennes industrielles

23/05/2011 9 commentaires

Salut les clampin(e)s !

 

Je voudrais attirer votre attention sur une belle saloperie, ventée (!) par les tenants du « vénal dompteur de plèbe » (« développement durable » une fois les lettres remises dans le bon ordre), j'ai nommé : l'éolien industriel, meilleur ami du nucléaire.

Tout d'abord, je vous encourage à lire le petit, mais non moins documenté, ouvrage d'Arnaud Michon :

« Le Sens du vent, Notes sur la nucléarisation de la France au temps des illusions renouvelable », d'Arnaud Michon, Ed. de l'Encyclopédie des nuisances, 2010

« Le Sens du vent, Notes sur la nucléarisation de la France au temps des illusions renouvelables », d'Arnaud Michon, Ed. de l'Encyclopédie des nuisances, 2010

 

Ensuite, je vous transmets ces mails, reçus ces derniers jours :

Contre l'implantation d'éoliennes en Basse-Marche (Limousin, France)

 

Je vous invite à lire l'article de l'Ecologiste, du printemps 2010, ludique, clair et didactique, qui mérite d'être diffusé le plus rapidement et largement possible (à tout simple citoyen ou élu partout en France) car il fait la vérité sur l'éolien industriel : http://aspphel.free.fr/?pg=lecologiste

Il rejoint le nombre croissant de français qui ont réalisé que cette entreprise n'est en fait pas écologique du tout et nous laisse croire que l'on peut continuer à consommer tout autant d'énergie et ne nous permettra que d'exporter plus au prix moyen de l'électricité, c'est à dire à perte, car nos capacités de stockage sont déjà utilisées au maximum.

Nous proposons plutôt le développement des filières bois et de la géothermie.

Et surtout, il vaudrait bien mieux isoler les bâtiments (40% de la consommation d'énergie) qui ne coûte en subvention que 2 euros/t de CO2 économisée, contre 250 à 280 euros/t de CO2 économisée par l'éolien et cela, sans prendre en compte le fait que l'on doit en fait, remettre en marche les usines thermiques, et nous fera gérer donc plus de CO2 en remettant en marche les usines thermiques fonctionnant au fuel, charbon ou gaz pour éviter les chutes de tension et palier les intermittences du vent 75% du temps.

Quand chacun aura ainsi réalisé que l'éolien industriel n'est pas écologique, personne ne voudra plus que l'État continue à accepter et à subventionner ce genre d'installations un peu partout en France !

En Limousin, des projets sont à l'étude. Or, c'est une région peu ventée, mais également un couloir d'oiseaux migrateurs et un pays de bocage et de chauve-souris, pour qui ces machines sont mortelles, et qui sont (paraît-il !) protégées car aussi importantes que les abeilles pour la biodiversité.

Autour de la cité médiévale du Dorat et de sa collégiale – la plus belle du Sud-Ouest de la France –, des permis de construire ont été demandés pour 28 éoliennes de 145 m de haut.

Nous invitons à soutenir notre combat en signant et en faisant signer le plus largement possible la pétition sur http://www.ipetitions.com/petition/aspphel/, accompagnée de l'article de l'Ecologiste.

***

Après l'enquête publique pour les permis de construire de Basse Marche, la commission d'enquête vient de rendre un avis favorable pour 24 sur 28 éoliennes (avec cependant réserves et recommandations).

D'avance nous vous remercions infiniment pour votre mobilisation et solidarité, pour ce projet jugé par la Préfecture comme très sensible car il serait la porte ouverte à beaucoup d'autres un peu partout en Limousin (et aileurs en France) car nous sommes en couloir d'oiseaux migrateurs, en pays de chauve-souris et avec des paysages et un patrimoine remarquable dont le Dorat, cité médiévale de caractère et sa collégiale romane, la plus belle du Sud-ouest de la France, qu'un promoteur veut encercler de 28 éoliennes de 145 m de haut.

SVP pouvez-vous signer la pétition suivante et la communiquer le plus largement possible (en Limousin mais aussi ailleurs), au plus vite :
http://www.ipetitions.com/petition/aspphel/ (Pardon pour la demande de dons faite ensuite automatiquement par et pour ipétition)

Rappel du lien vers le très intéressant article de l'Ecologiste sur le sujet :
http://aspphel.free.fr/?pg=lecologiste (ou téléchargez le fichier en pdf ici : http://aspphel.free.fr/edit/connaissez-vous_vraiment_les_eoliennes.pdf
)

Elles seront visibles notamment depuis le Dorat et des monuments historiques seront encerclés par 22 éoliennes.

Or, les chauves-souris, espèces protégées sont indispensables à l'équilibre agro-alimentaire, au même titre que les abeilles.
- Des bois devront être détruits pour implanter 2 d'être elles ;
- une zone se situe à 500 m d'une zone Natura 2000.

Nous sommes loin des friches industrielles dans lesquelles le Président de la République actuel nous assurait que les éoliennes devraient se cantonner !

L'union fera la force.
Nous vous en remercions infiniment d'avance.

Avec tous nos remerciements.
Bien amicalement,

Sabine Cadart
06 22 69 51 38
Présidente de l'ASPPHEL
Association de Sauvegarde des Paysages et du Patrimoine en Haut-Limousin

 

Merci d'avoir lu jusqu'au bout !

Bises véronaises

Vince

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Motion Utopia - EELV

08/04/2011 un commentaire

Voilà je viens de découvrir ce papier. Je n'ai pas grand chose à rajouter sur le fond, juste que ça fait du bien de lire ça à travers toutes les conneries qu'on peut lire à droite et à gauche.

 

Voici le lien : http://www.mouvementutopia.org/blog/public/pdfs/objectif_terre.pdf

Régalez-vous !

H comme hydrogène

17/03/2011 6 commentaires

Entendu ce matin Louis Alliot (Vice-président du FN, il me semble) sur France-cul(ture) :

"On peut passer à des énergies non polluantes, par exemple, du nucléaire à l'hydrogène."

(je graisse, et je cite de mémoire, mais bon, le sens est là.)

Pour le dire poliment, ça me perfore le fondement.

Pour tenter d'expliquer un peu, le "nucléaire" (sous-entendu énergie nucléaire), on voit ce que c'est, on en entend un peu parler en ce moment : ça consiste à casser des gros atomes en atomes plus petits (la technique consistant à "coller" des petits atomes pour en faire des plus gros n'étant pas encore au point), et récupérer la chaleur qui se dégage pour faire bouillir de l'eau et entraîner des turbines (ceux qui veulent plus de détails peuvent aller consulter Wikipédia, je pense qu'il y a pas trop de bêtises sur les articles : Centrale nucléaire ou  Fission nucléaire).

L'hydrogène, par contre, ça m'évoque pas d'énergie… C'est un atome. À la limite, on pourrait imaginer faire de la fusion nucléaire avec, mais on est pas près d'y arriver, et puis ça reste "du nucléaire". Du coup, j'imagine que le monsieur faisait référence à la pile à combustible, ou un truc du genre… Le problème majeur de "l'hydrogène" (plus exactement, dihydrogène ou H2), comme il dit le monsieur, c'est que l'environnement a beau en être plein (dans l'eau, par exemple, dont la formule chimique est H20 - 2 atomes d'hydrogène pour un d'oxygène), c'est pas sous la forme qui convient pour faire des piles à combustibles. Donc, l'hydrogène, il faut le produire. Et pour ça, il faut de l'énergie, potentiellement beaucoup.

Joli paradoxe.

Comme quoi, sur l'énergie, le programme du FN est au mieux bizarre, au pire complètement naze, pour être gentil (qui a dit "sur le reste aussi" dans le fond ? ).

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Droit aux semences : la justice européenne devra trancher

08/02/2011 2 commentaires

Enfin une nouvelle des plus réjouissantes (reçue ce jour), ça fait du bien au moral :

Nouvelles de Kokopelli: Février 2011

Communiqué de Presse Kokopelli fait appel à la Cour de Justice Européenne!

Dans le cadre du procès qui nous oppose à la société Graines Baumaux, nous avons demandé à la Cour d’Appel de Nancy de saisir la Cour de Justice de l’Union Européenne d’une question portant sur la validité de la législation européenne sur le commerce des semences potagères au regard de certains principes fondamentaux de l’Union Européenne et du Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture (TIRPAA).

Alors que la société Graines Baumaux s’opposait fortement à cette demande, qu’elle qualifiait de « cheval de Troie », la Cour d’Appel, par une Ordonnance du 4 février 2011, a fait droit à notre demande.

Les questions fondamentales, que nous soulevons depuis le début de notre existence, seront enfin posées à la juridiction suprême de l’Union Européenne. Les enjeux, en termes d’appropriation du vivant et de sauvegarde de la biodiversité, sont immenses et nous espérons que la Justice, ultime recours des opprimés, saura les mesurer.

Nous appelons tous les opérateurs européens de la semence ancienne à se joindre à nous pour témoigner, dans le cadre de ce procès historique, de l’absurdité de la législation actuelle sur le commerce des semences.

Contacts :

Association Kokopelli : communication@kokopelli.asso.fr
Blanche MAGARINOS-REY, Avocate de Kokopelli : contact@avocat-magarinos-rey.com

Je m'étais rendu au procès en appel à Nancy en novembre ou décembre. Le numéro de l'avocat de l'offense (Baumaux), pourtant bon acteur, avait été particulièrement lamentable de mauvaise foi. L'avocate de Kokopelli (absolument charmante, soit dit en bavant passant), malgré sa très mauvaise gestion du souffle (elle était essoufflée tout le temps, elle devrait faire du théâtre !), avait quant à elle plutôt bien plaidé. Sisi, je suis objectif !

Site de Kokopelli : http://www.kokopelli.asso.fr/

Les dérives de l’agriculture bio

26/01/2011 8 commentaires

Je viens d'écouter l'émission Terre à Terre de Ruth Stégassy (France Culture) du 4 décembre 2010, intitulée Les dérives de la bio, que je vous invite très vivement à écouter / télécharger ici (mp3), ou sur le site de l'émission. (Et d'une manière générale, faites un tour sur le site et écouter l'émission, on y apprend des choses passionnantes et très érudifiantes !)

 

Un des invités de l'émission, Philippe Baqué, auteur du dossier « Sortir de la bio industrielle : une urgence sociale ! » de la revue S!lence, a creusé un peu partout pour voir ce qu'il y avait derrière certains aspects pas très "clean" de la bio industrielle (en somme l'apposition de ces deux termes devrait déjà apparaitre à tout un chacun comme tout sauf "clean" !). Il est en train de compiler ses investigations et enquêtes dans un livre pour lequel je me permets de relayer ici, non par accointance, mais par profond intérêt - non pécuniaire - pour le sujet, son appel à souscription. (Remarque en off : je lui ai envoyé un message pour lui demander de faire quelque chose, parce que le site en flash, c'est vraiment merdique, impossible d'avoir l'affichage complet des pages… Je vous en fais part quand même, c'est dire si j'accorde de la valeur au contenu !)

 

[Edit 27/01/2011 : info de Philippe Baqué : "un article sur la bio en relation avec notre travail sera publié en février dans le Monde Diplomatique"]

2011, indignation et résistance

01/01/2011 17 commentaires

Certain(e)s Clampin(e)s auront déjà reçu ce message dans leur boîte mail. Je me permets de l'adresser ici aussi aux quelques lecteurs de ce blog qui ne figurent pas dans mon carnet d'adresse. 

 

 


 
Metz, le 31/12/2010

Très chères vous toutes et très chers vous tous,

Cette année je vous épargnerai [ou pas ! cf. en deuxième partie de billet] les 12 pages de résolutions et de vœux que j'avais exprimés pour 2010 à celles et ceux… à qui je les avais envoyés.
L'indignation dont je vous faisais alors part n'a aucunement décru, au contraire elle s'est accru dans des proportions dans lesquelles il est souvent tentant de baisser les bras et de s'affaler dans un fatalisme à la sauce "on n'y peut rien", "c'est comme ça", "ils sont plus forts que nous", "tu te bas contre des moulins", etc.

Je vous livrerai juste ces trois invitations à la réflexion et à l'action :

 

  • La première, que sûrement beaucoup d'entre vous connaissent déjà, est l'allégorie du Colibri, souvent racontée par le philosophe Pierre Rabhi :

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

 
  • La seconde est une invitation à lire et faire lire le livre de Stéphane Hessel, ancien résistant et prisonnier d'Auschwitz, puis ambassadeur de France aux Nations Unies :

 

1f35e4fe5216ffb962677ce3ac1d3c99-500x500.gif?height=500&width=500 lien vers la page de l'éditeur

  • Enfin, je finirai avec ce message, que j'emprunte à l'association les Renseignements généreux (dont je vous recommande de visiter le site et de lire les brochures qui sont une mine d'informations sur de nombreux sujets de société) :

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Je vous embrasse et vous souhaite une année 2011… comme vous la ferez !
Vincent, révolté mais pas résigné.

 



Vœux et résolutions pour 2010 (mais toujours d'actualité)

 

Chers amis et chères amies,
 

Bonne année 2010 et tous mes vœux sincères de bonheur - ou tous mes vœux de bonheur sincère, au choix.

Ce message est un peu long. C'est un message groupé, mais néanmoins personnel. Je ne vous encombrerai pas de chaînes et messages militants cette année si vous ne le souhaitez pas mais vous demande, cette fois au moins, de m'offrir votre attention en lisant ce courriel jusqu'au bout. C'est important pour moi. Si en plus vous m'y répondiez, vous me combleriez d'aise et d'honneur. Je n'apporte, ni ici ni ailleurs, aucune vérité absolue et ne suis pas à l'abri de l'erreur : je suis de ce fait ouvert au débat qui fait avancer les idées et à la contradiction argumentée. Votre avis est tout aussi légitime que le mien : donnez-le !

 

Pour cette année qui commence, je ne vous souhaiterai pas d'avoir tout ce que vous désirez car cela n'est pas possible. Pas possible car ce serait très certainement aux dépens de quelqu'un d'autre. N'y voyez aucune accusation personnelle et laissez-moi vous expliquer le fond de ma pensée, s'il-vous-plaît.
 
Gandhi nous invitait en son temps à "vivre simplement pour que d'autres puissent simplement vivre".

Je vous souhaite, donc, beaucoup de bonheur et de bien-être. Pas davantage de possessions. Je vous souhaite une bonne santé, oui, dans la mesure où vous faites ce qu'il faut pour la conserver. Je vous souhaite d'avoir le nécessaire à une vie digne, pas d'étouffer sous le superflu. Je vous souhaite d'être heureux avec votre famille, vos amis, vos collègues, vos voisins, de cultiver ce bien si précieux que sont les relations humaines. Je vous souhaite, en somme, moins de biens matériels et plus de liens affectifs.

 
Interrogeons-nous sur notre mode de vie. Quel avenir réservons-nous à notre planète et, a fortiori, quel avenir nous préparons-nous à nous-mêmes, Humains, aux générations présentes et futures ? Arrêtons de nous voiler la face et de croire à la religion de la Technologie-Qui-Nous-Sauvera-Tous. Nous n'irons jamais vivre sur une autre planète et les ressources de la Terre ne sont pas plus extensibles que sa surface. Ne pouvons-nous vivre plus simplement ? Est-ce si difficile de réfléchir à la portée de nos actes, de tous nos actes du quotidien ?

 

Il est presque trop tard pour agir. Cela ne signifie en aucun cas qu'il faille être fataliste, cela doit au contraire nous interpeller et nous amener à la conclusion qu'il faut stopper nette notre fuite en avant vers toujours plus de croissance économique et bifurquer avant de nous prendre le mur des limites physiques de la Terre en pleine face. Autrement dit : prenons nos RESPONSABILITÉS et entrons en dé-croissance.

Clarifions la notion de "croissance" par un exemple :

Prenez un verre d'eau. Introduisez-y une paille et commencez à aspirer. Par la force des choses (que j'ai appelée ci-dessus "limites physiques"), le verre finit par se vider, plus ou moins rapidement selon la force de succion exercée, et ne se remplira pas de lui-même, même si vous attendez longtemps devant en récitant de nombreuses prières extatiques.
La Terre est ce verre d'eau que nous pompons toujours plus : pétrole, gaz, minerais en tout genre (métaux, uranium…), pierres et roches, sels, nappes d'eaux fossiles, terres arables… L'échelle d'accumulation de ces richesses (le temps de remplissage du verre d'eau) est géologique, de l'ordre donc de la centaine de millions d'années, voire du milliard d'années pour les plus anciennes.

L'alternative est simple à comprendre : 1) la croissance, exponentielle par définition : on pompe chaque année plus que la précédente, le verre se vide avant qu'on ait dit "croissance sauve nous !". 1') la croissance "verte" : on peint la paille en vert et on met un autocollant de la Fondation Nicolas Hulot ® sur le verre, et, éventuellement, on aspire un peu moins fort ; cf. 1).
2) la décroissance : on lève le pied, on arrête de pomper comme des shadoks, on regarde ce qu'on a d'ores et déjà sorti de terre, on compte combien nous sommes sur Terre, et ceux qui ont le plus (20%) partagent avec ceux qui n'ont rien (80%). On gère la ressource et on partage.

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Vous avez sûrement entendu les conclusions du sommet sur le climat de Copenhague : lamentables. C'était à prévoir. On devrait plutôt parler d'abîme climatique que de sommet. La couverture (médiatique d'abord !) à soi, le NIMBY ("not in my back yard" : tant que cela ne se passe pas derrière chez moi, cela ne me concerne pas), l'attentisme décisionnel du gouvernement, toutes ces attitudes négatives nous conduisent très certainement à des temps prochains bien difficiles (catastrophes écologiques, crises sociales violentes, migrations climatiques, épuisement des ressources et donc flambée de leurs prix, aggravation des inégalités, etc., et autoritarisme pour gérer les situations de plus en plus conflictuelles).

 

Quelle que soit notre religion, nos convictions politiques, nos opinions, nous ne pouvons continuer ainsi. Il nous faut réduire de manière drastique notre empreinte écologique et notre emprise sur d'autres populations (à l'autre bout du monde ou à coté de chez nous).

Il ne s'agit pas seulement du changement climatique, commode pour vendre une croissance verte, mais aussi de toutes les dégradations : environnement, biodiversité, santé physique et mentale, faune et flore, etc. Notre milieu de vie se meurt du fait de l'appétit de ces 20% d'Humains dont nous faisons partie. De quel droit, et pourquoi ne changeons-nous pas les choses ?

Nous en avons pourtant le pouvoir, nous avons le pouvoir de décider, d'agir, de réduire notre consommation de biens, nous n'avons pas besoin de tout cela, les relations humaines et affectives sont bien plus précieuses que tous ces objets commerciaux de pacotille.
 
Faisons le compte de nos achats de Noël… Avions-nous besoin de les acheter ? De ces quelques secondes d'un plaisir souvent bien superficiel, qu'en retirons-nous ?
Faisons le compte de toute la nourriture achetée, en avions-nous besoin, ne peut-on fêter sans s'empiffrer ?
Faisons le compte de tous les déplacements occasionnés par l'achat de toutes ces choses, pourquoi ?
Le cadeau que j'ai fait ou que j'ai reçu, d'où vient-il ? qui l'a fabriqué ? dans quelles conditions ? à quel prix ? qu'a-t-il nécessité en matières premières ? en eau ? en énergie ? en transport ? va-t-il durer ? est-il recyclable ? comment ? où ? avec quelle énergie ? par qui ?
Cette nourriture que j'ai mangée, est-elle seulement bonne pour ma santé ? d'où proviennent ses ingrédients ? sont-ils traités et avec quoi ? combien de kilomètres ont-ils effectué avant d'atterrir dans mon assiette ? combien de milliers de litres de kérosène et de gazole ont-ils nécessité, du champ à l'assiette, en passant par la transformation et le transport ?…
"Donneur de leçons", me direz-vous ? Je préfère "lanceur d'alertes". Ou plus justement et modestement relais des lanceurs d'alertes, ces scientifiques souvent punis pour mettre en garde contre les dérives de nos modes de vie.
"Nan mais de quoi qu'i' s'mêle suis-là ?", entends-je d'ici.
Mais seulement de ce qui me regarde, ma bonne dame. Ces questions que je me pose ci-dessus, je ne me les suis pas posées toujours… et je commets assurément encore des erreurs aujourd'hui. Je ne prétends pas être un "surhomme" ou un quelconque "Sauveur-Attitré-De-La-Terre-Qu'Elle-Est-Belle-Avec-Les-Ptites-Fleurs-Et-Les-Pitits-Zoiseaux"… Je suis en revanche probablement un peu plus avancé que d'autres dans une réflexion profonde, une remise en cause radicale de notre fonctionnement. "Radical" ne veut pas dire terroriste ou ayatollah, ni même extrémiste, mais simplement "qui s'attaque aux causes profondes" (comme dit mon dictionnaire) aux racines des problèmes.

 

Il nous faut absolument guérir de "la maladie matérialiste" dont nous sommes atteints, réduire notre empreinte et notre croissance. 
C'est urgent, nous ne sommes pas tous suicidaires, mais en ce moment, nous sommes tous des destructeurs de notre environnement, qui nous est vital.

A ce propos, je vous encourage vivement à prendre 20 minutes de votre temps pour écouter le discours, riche d'enseignements à mon avis, tenu par Hugo Chavez, Président du Vénézuéla, lors de cette farce pitoyable de sommet "climatique" de Copenhague (»ici«). Ce n'est assurément pas du temps perdu. Méditons, militons et agissons en conséquence !

 
Ce message que je vous adresse ici n'est pas une leçon de morale, juste un cri d'alarme. Face à une alerte à incendie, il y a plusieurs réactions possibles : celui qui contribue volontairement à l'extension des flammes ; celui qui a vu le pyromane mais ne s'y oppose pas ; celui qui pense qu'il ne peut pas y avoir le feu ou que la technologie des portes pare-feu le protégerons et qui ne bouge donc pas ; celui qui fuit en sauvant ce qu'il peut ; celui qui court chercher l'extincteur ou qui aide ceux qui ont plus de difficulté à prendre la poudre d'escampette… Collabo, résistant, spectateur passif ou victime (complaisante ou non)… Choisissez votre rôle en conscience.

Alors pour 2010, prenez les vraies bonnes résolutions, celles qui vous impliquent vraiment et qui peuvent amener un vrai changement.

Voici quelques idées-pistes ou "uto-pistes" :
 
- ralentissez votre rythme de vie ;
- rendez les visites que vous voulez faire depuis longtemps, vous ferez des heureux et à cette occasion proposez votre aide, plutôt que de ramener un cadeau ;
- mangez moins de viande, 1 à 3 fois par semaine suffit amplement et n'est nullement indispensable ;
- diminuez également votre consommation de produits laitiers ;
- réduisez votre temps de travail, vous gagnerez moins d'argent, mais vous serez aussi moins tentés d'acheter des gadgets dont vous n'avez pas vraiment l'utilité et vous aurez plus de temps à consacrer à vos passions et à vos proches ; de plus, le travail se fait rare : partageons-le !
- réparez ce qui est cassé, recyclez ce qui peut l'être, évitez les emballages et le prêt-à-jeter ;
- occupez-vous de votre famille et éteignez la télévision, la console et l'ordinateur (promis, sur ce dernier point, je vais aussi faire un effort !) ;
- faites la cuisine en famille avec des produits simples, locaux et de saisons ;
- bricolez, faites vous-mêmes ;
- réduisez votre consommation de produits préfabriqués en tout genre ;
- tissez des liens autour de vous (repas de quartier, soirées jeux de sociétés entre amis/voisins, activités associatives, organisation de la vie du quartier…) ;
- adressez (si vous vous en sentez capables et si vous en avez envie : faire plaisir malgré soi s'appelle l'hypocrisie !) la parole, un sourire, apportez un bol de soupe ou un bout de pain aux personnes qui font la manche ou qui vivent dans la rue. C'est souvent bien plus gratifiant pour celui qui donne et celui qui reçoit qu'une pièce jetée par charité chrétienne sans le moindre regard ;

 
La liste est longue et on peut en faire une ensemble si vous êtes intéressés.
 
Vous verrez le plaisir que l'on éprouve à faire des choix personnels et à agir en accord avec sa conscience.
A comprendre que c'est possible de vivre mieux avec moins de biens mais tellement plus de liens. Enfin !

Il va sans dire que j'appliquerai moi-même les recommandations que je vous fais. Je viens à ce titre d'intégrer le SEL de Lille (système d'échange local, cliquez pour définition) [màj fin 2010 : j'ai depuis adhéré au SEL de Moselle], dont les principes de solidarité et d'échange non monétaire m'apparaissent comme une réponse concrète aux interrogations soulevées. Peut-être en existe-t-il un près de chez vous

 
Solidaire et heureuse année à tous !
Vince

Le travail, pourquoi ?

03/12/2010 4 commentaires

Cher-e-s ami-e-s Clampin-e-s,

Je vous encourage à regarder et faire circuler ces vidéos (2 parties d’une durée totale d’une demi-heure). Ce film est un excellent résumé à mes yeux de ce que sont, aujourd’hui, le travail, le productivisme, le consumérisme, le système financier, l’économie mondialisée…

A crier par dessus les toits !!!!
Bon visionnage.

« Je n’aime pas particulièrement le mot “travail”. Les êtres humains sont les seuls animaux qui ont à travailler, je pense que c’est la chose la plus ridicule au monde. Les autres animaux gagnent leur vie en vivant, mais les gens travaillent comme des fous, pensant qu’ils doivent le faire pour rester en vie. (…) Il serait bon d’abandonner cette manière de penser et de mener une vie facile et confortable avec beaucoup de temps libre. (…) Une vie [simple] serait possible aux humains si l’on travaillait pour produire directement le nécessaire quotidien. Dans une telle vie, travailler n’est pas travailler au sens habituel du mot, mais simplement faire ce qui doit être fait. »

Masanobu Fukuoka, La Révolution d’un seul brin de paille

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    Ah les vaches !

    Envoyé par Hugo sur le billet Mac Do :

    http://www.vimeo.com/5629970

    Pis j’ajouterais : on peut faire pareil avec les zumins ….

    Mais on va pas les laisser faire …. ni pour les vaches, ni pour nous. Niark.