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Ma “révolution” du 7 décembre.

07/12/2010 11 commentaires

Les mains dans les poches de mon petit manteau blanc, l’écharpe relevée jusqu’au menton, les joues piquées par le froid, je m’achemine vers le distributeur automatique de billets le plus proche de chez moi.
Talala talala talala la
Talala talala talala
Nul besoin d’un lecteur MP3 pour avoir de la musique dans la tête.
Au fait, d’où vient cette phrase musicale qui se déroule en boucle dans mes pensées ? Ah ! Oui ! C’est du Mozart… la symphonie n° 40.
Talala talala talala la
Talala talala talala
Cet air me donne envie de danser. Je me contente de marcher au rythme de son tempo.
Talala talala talala la
Talala talala talala
Oups ! je dérape sur le trottoire encore glissant malgré la remontée de température, encore trop timide. Allons-y doucement.
Ta la la ta la la ta la la la
Ta la la ta la la ta la la
Tiens, trois personnes sont devant le distributeur… ça alors ! C’est la première fois qu’il y a tant de monde.. est-ce bon signe ou un simple hasard ?
Talala talala talala la
Talala talala talala
C’est la première fois, depuis l’euro, que je vais retirer un montant à trois chiffres.
Talala talala talala la
Talala talala talala
Mon tour arrive.
Un bras vengeur va peut-être sortir de l’appareil pour me prendre à la gorge et une voix métallique me traiter d’irresponsable ?
Non, rien de la sorte. Les billets sortent sans problème. Pouah ! Comme je déteste leur contact. Je les mets vite en vrac dans mon sac.
C’est fait !
Talala talala talala la
Talala talala talala
Sur le chemin du retour, je pense à Eric Cantona. Lui, bien obligé de se rendre à la banque pour retirer son argent doit être suivi par une armada de journalistes. Je ne voudrais pas être à sa place. Pauvre riche !
Moi, je suis libre.
Talala talala talala la
Talala talala talala
Combien de personnes vont faire la même opération que moi ? Peu, je pense.
C’est dommage car il faut profiter de la publicité faite autour de cette “action” pour être nombreux à démontrer notre rejet de ce système de vampire.
Bien sûr que cela ne suffira pas à faire s’écrouler le système. Mais il ne faut laisser passer aucune occasion de s’exprimer.
Pour moi, c’est comme participer à une manifestation. Je lutte des classes, aujourd’hui.
Talala talala talala la
Talala talala talala
Qu’avons-nous pas entendu au sujet de ce 7 décembre !!!
Cette Madame Lubochinski, par exemple, dans l’émission “ce soir ou jamais”, face à Paul Jorion dont elle ne comprenait manifestement pas les propos, brandissant cette menace :
“Vous ne pourrez plus avoir de crédit à la consommation !”
Oh ! Madame ! Comme votre menace me fait peur ! Comme elle va m’empêcher de dormir tranquille !
Comme elle me fait trembler !
Ha Ha Ha !
Talala talala talala la
Talala talala talala
En attendant, je tremble de froid.
Aglagla aglagla aglagla gla
Aglagla aglagla aglagla
Toujours est-il que la suggestion d’Eric Cantonna a eu le mérite de faire prendre à beaucoup conscience de la défiance que nous pouvons avoir envers les banques.
Beaucoup ont appris qu’il existe des banques comme la NEF ou le crédit coopératif.
Beaucoup ont appris que si une banque comme la NEF ne peut pas proposer de compte courant à ses clients, c’est parce que, en France, pas dans les autres pays européens, seuls les banques qui “boursicottent” ont le droit, légalement, de le faire.
Révoltant !
Il faut s’indigner !
J’exprime mon indignation, aujourd’hui.
Talala talala talala la
Talala talala talala
Saurons-nous combien de personnes ont “lutté des classes” aujourd’hui ?
Il y aura, encore une fois, des chiffres complètement divergents.
Qu’importe… j’ai fait ma part de colibri.
Talala talala talala la
Talala talala talala.

pas de lutte finâââle !

07/07/2010 6 commentaires

La lutte ne sera jamais finale, elle est continuelle.
Les z’amis, soyez-en conscients (= lucidité), n’en soyez pas déséspérés (= renoncement).
La désespérance est paralysante, elle fait baisser les bras.
Je la fuis dès que je sens qu’elle est prête à enfoncer ses griffes dans mes épaules, à planter ses crocs dans mon cou.
Alors, je prends un peu de recul mais je ne renonce pas à la lutte.
Quand bien même nous aurions un gouvernement de politiciens sincères, honnêtes Et compétents, il nous faudrait encore lutter.
Ce ne serait pas, alors, contre le gouvernement et contre les lobbies, mais AVEC le gouvernement et contre les lobbies.
Ceux qui parlent de lutte finâââle sont des manipulateurs ou des inconscients.
La lutte est continuelle.

Mais, ne perdez pas espoir.

L’humanité évolue.
Qui, de nos jours, accepterait sans broncher les sacrifices humains comme ceux qui ont été commis jadis (pour apaiser les dieux - maudites religions !) ?

Cependant, il existe de nos jours des kamikazes, même si il s’agit d’une minorité.
La lutte est continuelle.

L’humanité évolue.
L’esclavage a été aboli, même si il était “justifié” dans certains passages de la bible (maudites religions), même si cela risquait de ruiner les économies.
Cependant, ce qu’on appelle l’esclavage moderne existe. Cependant, beaucoup de ces salariés acceptant tout pour garder un emploi ont une mentalité d’esclave (et leurs patrons, une mentalité d’esclavagiste.)
La lutte est continuelle.

La lutte est continuelle et l’humanité évolue… pas aussi vite que nous le voudrions, compte tenu du petit temps que dure une vie d’être humain, c’est tout.

Mais…l’humanité évolue

Restavec

14/01/2010 17 commentaires

12 janvier 2010 - Port-au-Prince - Haïti - terrible séisme.

“Restavec”, c’est ainsi qu’on nomme les enfants-esclaves, en Haïti. (essentiellement les garçons, les petites filles, elles, sont nommées “làpourça”… tout un programme…)

Monsieur Jean-Robert Cadet est un ancien restavec sorti de cet enfer par tout un concours de cirsconstances.
Il le raconte dans son livre autobiographique “Restavec” (malheureusement épuisé dans sa version française.)

Monsieur Cadet a fait maintenant de sa vie une lutte contre ce fléau que représente l’eslcavage des enfants.

Son parcours est absolument hors norme.

Son enfance aurait pu le rendre aigri, violent ; Il est ce que j’appelle un “vrai être humain”.

D’une intelligence bien au-dessus de la moyenne et d’une capacité d’adaption extraordinaire, il a débarqué aux USA vers l’âge de 14 ans.
Il ne connaît pas sa date de naissance.
Vous imaginez-vous ce que cela représente ? Il ne sait pas son âge exact. Sur ses papiers, il est inscrit qu’il est né le 15 février 1955.. c’est une simple appréciation du fonctionnaire qui lui a fait des faux-papiers avant qu’il ne parte de Haïti.
Il a d’abord fait des tas de petits boulots, tout en allant au lycée, lui qui savait à peine lire et écrire.

Il s’est engagé dans l’armée après avoir vu une affiche représentant un char.
Il a eu envie de conduire ce char, tout simplement.
Apèrs quelques années passées sous l’uniforme, il est allé à l’université.
Il a ensuite trouvé un poste d’adjoint au directeur commercial d’une entreprise.
Puis, une série de hasards, encore, l’a conduit à se retrouver professeur de français dans un collège.

Il ne faut pas croire, cependant, que tout a été facile. Les traumatismes subis dans son enfance l’ont poursuivi longtemps et le poursuivent encore.

Des années pour ne plus souffrir d’incontinence nocturne.
Des années pour réussir à manger à table, en compagnie d’autres personnes.
Des années pour ne pas s’enfuir quand il se trouve au sein d’un groupe de personnes parlant de choses et d’autres.

Encore maintenant, il lui arrive de se retrouver au fond de la piscine, selon sa propre expression.

Comment je sais tout ça ?
Parce que Jean est mon frère de coeur depuis plus de 5 ans.

Après avoir lu son livre, j’étais tellement bouleversée que je lui ai écrit par l’intermédiaire de la maison d’édition.
Quelques semainbes plus tard, je recevais une réponse de lui ; il indiquait son adresse mail et notre correspondance a commencé.
Quelques mois plus tard, invité à Paris pour y faire une conférence, il est venu me voir et a passé quelques jours chez moi.
Il m’a fait l’honneur et le plaisir d’accepter d’être mon frère.
Depuis, je l’ai revu (trop rarement) et mon admiration affective pour lui s’est considérablement accrue.
Dans son dernier message, il me disait qu’il allait se rendre à Port-au-Prince dans la première quinzaine de janvier.

12 janvier 2010 - Port-au-Prince - Haïti - terrible séisme.
Je n’ai pas de nouvelles.
J’attends.

“THE” débat

22/12/2009 41 commentaires

Hier soir, 18 heures, à Metz, débat sur l’identité nationale.
Alors que je m’étais dit que je ne participerai pas à ce truc qui pue, voilà que, prise d’une impulsion, je brave le froid, la nuit, les trottoirs glissants et j’y vais.
(oui, pour moi, tout ça, ce sont des obstacles… résistance, d’accord, mais de jour, quand il ne fait pas trop froid ou trop chaud, quand il ne pleut pas ou qu’il ne neige pas… ouais, ouais, elle est belle, la résistante. -;) )
Pas beaucoup de monde… j’ai arrêté de compter à 47… disons qu’il y avait donc environ 50 personnes.
A la tribune, 6 personnes - 3 hommes, 3 femmes… tiens, je me rends compte qu’il y avait donc parité.
Le préfet, une femme dite de la diversité, une femme, un je ne sais plus ministre allemand, une femme et un monsieur qui animait le débat.
Le préfet commence… blablabla… liberté, égalité, fraternité, laïcité…
L’animateur nous annonce qu’on va nous proposer un débat en trois parties, précédée chacune d’une vidéo et l’intervention d’une des personnes de la tribune.
Bon… pfff. ça risque d’être long, alors… mon dernier bus est à 20h… soupir.
Ah ! Il ajoute que ceux qui le veulent pourront demander la parole à chaque fin de ces trois parties… ah ! Moi, j’ai envie de dire ce que je pense de tout ça.
La première partie se déroule : la vidéo concerne une sportive de haut niveau qui exprime sa fierté de représenter la France lors de compétitions.
Bien….
Quelqu’un, ensuite, lève la main… mince, il m’a devancée..
Mais ce qu’il dit me comble d’aise.
Il se présente comme un professeur de philosophie.
Il est absolument contre ce débat.
Chic ! Moi aussi.
J’écoute ce qu’il dit afin de ne pas répéter la même chose après….
Dès qu’il a fini, je lève la main à mon tour.
On me donne le micro… et là, je sens la paralysie de la timidité m’envahir… scrogneu de scrogneu…
Je parviens tout de même à parler de façon distincte, sans bégayer, sans rougir.
Je dis que je suis d’accord avec l’intervenant précédent.
Je dis que ce qui me gêne, ce que je trouve déplorable, c’est que l’identité nationale soit associée au ministère de l’immigration, que je le verrais plustôt au sein du ministère de la culture.
Le professeur de philosophie me regarde et approuve… ça m’encourage.
Je dis que je ne sais pas ce qu’on veut nous faire dire…
si on veut nous faire nous dire que plus de policiers, c’est bien, que plus de caméras de surveillance, c’est bien, il ne faut pas compter sur moi car la liberté est ma devise.
Si on veut nous faire dire que les chômeurs, les SDF, les précaires sont des assistés alors que les financiers, les gros actionnaires croûlent sous le fric, il ne faut pas compter sur moi, car ma devise, c’est égalité.
Si on veut nous faire dire “dehors, les étrangers !”, il ne faut pas compter sur moi, car ma devise, c’est fraternité.
Si on veut nous faire dire que la religion musulmane n’est pas compatible avec la république, il ne faut pas compter sur moi car, ma devise, c’est laïcité.
Le philosophe me souffle : “merci, madame”.
C’est là que ma timidité l’emporte : ma jambe s’est mise à trembler… purée ! on est vraiment trahi que par les siens ! ;-)
Je m’arrête là et je me rassois.
Mais… comme j’avais encore à dire !!!

La suite du débat me passe un peu au-dessus de la tête… je me remets difficilement de mon stress.
Je me souviens tout de même de ce monsieur originaire du Cap Vert qui a déclaré que les étrangers accueillis en France doivent respecter les coutumes et la culture françaises. Il a été applaudi.

Je me sauve, je ne veux pas manquer le dernier bus.

Aujourd’hui, je suis allée sur le site officiel du débat et j’y ai mis ce commentaire :
“Ce débat, je l’aurais bien vu rattaché au ministère de la culture.

Nous aurions alors parlé de Voltaire, de Descartes, de Victor Hugo, Molière… tous ceux qui, à leur façon, ont fait la France.

Nous aurions alors parlé de notre histoire ; de Henri IV, protestant devenu roi d’un peuple majoritairement catholique.

Nous aurions parlé de la révolution de 1789 d’où nous viennent notre devise, notre drapeau, notre hymne… cette révolution dont on peut regretter les dérives sanglantes qui ont suivies mais qui a réveillé ensuite les peuples d’Europe.

Nous aurions parlé de la première déclaration des droits de l’homme.

Nous aurions parlé, plus près de nous, du programme du Conseil National de la Résistance mis en place après la libération et qui a fait se construire le fameux modèle social français : sécurité sociale, par exemple.

Nous aurions parlé de ce qui est spécifiquement français.

La France n’est pas le seul pays à population dite de diversités.
La majorité des pays d’Europe sont dans ce cas… et les Etats-Unis, donc !!!

En associant l’identité nationale au ministère de l’immigration, on occulte tout ce dont je parle ci-dessus.

Or, ces valeurs-là se liquéfient, se désagrègent, s’effritent.

Ce qui a été mis en place par le CNR, par exemple, ne sera bientôt plus qu’un souvenir… c’est pourtant NOTRE modèle français, bien spécifiquement français.
Comme l’ont rappelé les anciens résistans dans leur appel fait en 2004, ce modèle avait été mis en oeuvre dans une France ruinée par la guerre et avait pourtant fonctionné. Rien ne justifie donc qu’on l’abandonne.

Cela fait partie de notre identité nationale.

Que vient faire l’immigration dans ce débat ? Ce n’est pas spécifiquement français.

Notre culture, oui, notre histoire, oui, notre modèle social, oui.. c’est de cela que nous devrions débattre pour le sauvegarder, l’améliorer, le solidifier.