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La banderole aux huit phrases.

15/11/2011 12 commentaires

Dans le courant du mois de juillet, les quelques indignés qui occupaient chaque soir, de 19h à 21h, la place St Simplice avaient réfléchi aux messages à faire passer à leurs concitoyens, messages qui donneraient une idée de ce qu’ils sont et ressentent.

Huit phrases ont été ainsi définies et bientôt inscrites sur leur banderole « vitrine » accrochée au « mur de la démocratie » installé par leurs soins.

Les indignés :
1 - ne font l’apologie d’aucun parti politique
2 - rejettent toute forme de racisme
3 - ne sont pas tous de gauche
4 - en ont assez d’être en « sous-France »
5 - veulent un réveil citoyen
6 - sont solidaires de tous les peuples
7 - se méfient de tous les gouvernements
8 - prônent la non-violence

Ce mur de la démocratie consistait en trois grilles disposées en triangle :
une grille « vitrine »,
une grille « informations » où étaient régulièrement affichés divers articles de la presse alternative,
une grille « expression libre » où des espaces vierges (cartons, feuilles, panneaux) étaient à disposition de chacun souhaitant s’exprimer.

Anecdote : La banderole « vitrine », régulièrement polluée (essentiellement par des inscriptions haineuses ou/et appelant à rejoindre le FN) a vite été surnommée « Kenny », en référence à ce personnage du dessin animé « South Park » qui meurt pratiquement à chaque épisode.
En arrivant, notre question était : « Alors ? Ils ont encore une fois tué Kenny ? » et de constater les dégâts, et de les réparer tant bien que mal, jusqu’à que nous décidions de le ramener chez l’un de nous chaque soir pour le raccrocher le lendemain.

Ces huit phrases continuent toujours à nous définir avec fidélité et, même après quatre mois, nous n’en changerions pas un mot.

La première phrase agace prodigieusement les militants de partis qui voudraient tant nous récupérer (peine perdue)
La deuxième écarte les adeptes du FN, ce dont nous ne plaignons pas, bien au contraire.
La troisième horripile les partis ou syndicats que l’on pourrait croire « amis » des indignés.

Est-ce à cause de ces trois phrases que les indignés ne sont absolument pas soutenus ni par les uns, ni par les autres ? Peut-être et si oui, pas seulement.

Quand ils viennent, ce n’est pas pour nous rejoindre, c’est dans l’espoir de nous recruter.
Si nous leur demandons de ne pas aborder leurs drapeaux, leurs auto-collants, leurs signes reconnaissables, cela suffit à les faire partir ou à les faire renoncer de participer à une de nos actions.
Nous savons que le PC, (à Metz, au moins) refuse de dialoguer avec nous.
Nous avons vu des militants du NPA passer lors du dernier scrutin du référendum pour nous regarder d’un air goguenard, sans lever le petit doigt pour nous aider.
Nous avons eu la visite de deux militants d’un syndicat, le jour du premier scrutin ; ils ont échangé quelques mots avec nous et sont partis, sans nous aider, sans même participer au vote.

Personnellement , je n’en suis pas surprise. J’ai compris depuis un bon bout de temps que nous sommes seuls, nous, les citoyens.
Et la période de contestation du projet du gouvernement concernant la régression des retraites m’a encore démontré que j’ai raison.
Tout a été fait pour que nous ne puissions faire réellement pression sur le gouvernement.
Malgré 3 millions de personnes dans la rue, malgré 70 % de Français contre le projet, les syndicats, les partis ont laissé s’essouffler la mobilisation, sciemment, volontairement.

Renoncer à leur soutien, donc, ne va pas être difficile : ils ne nous ont jamais aidés.

***

Concentrons-nous sur la cinquième phrase : « les indignés veulent un réveil citoyen » et pensons nos futures actions dans ce sens.
Nous aurons bien plus de résultats que si nous nous mettons en tête de persuader les partis et syndicats de rejoindre notre mouvement en laissant de côté leurs idéologies et leurs réflexes quasi automatiques de prosélytisme et de recrutement.

Un militant d’un parti situé à gauche, au demeurant très sympathique et pour qui j’ai de l’amitié, m’a dit aujourd’hui que nous étions sectaires de refuser tout signe extérieur de reconnaissance d’un parti ou d’un syndicat… 
!!!!
C’est être sectaire que de refuser tout sectarisme ???
Le dialogue est impossible sur la base de malentendus aussi évidents. Il est vain et stérile de perdre temps et son énergie à les convaincre.

Concentrons nos efforts sur nos concitoyens.

Tous les citoyens « lambda » qui viennent vers nous lors du référendum populaire, par exemple, sont, pour la plupart, avides de s’exprimer, de comprendre, de savoir comment réagir.

Concentrons nos efforts sur eux. Ils se sentent seuls ET ils sont seuls ,comme nous.

Contribuons à éveiller les endormis.

Contribuons à donner courage aux résignés.

Ils ont peur ? Qu’ils sachent que nous aussi.
Mais… sans peur, nul besoin de courage, n’est-ce-pas ?
Dans l’action, on oublie les jambes qui tremblent, le cœur qui bat la chamade, la bouche sèche, les muscles crispés, les dents serrés à faire mal… on oublie la peur.
***

Les propos de cet article n’engagent que moi.
Je ne suis pas porte-parole des indignés (d’ailleurs, il n’y en a pas)

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En ce 11 novembre…

11/11/2011 2 commentaires

En ce 11 novembre…

Un groupe de quelques indignés57 a déposé, au pied du monument aux morts de Metz, un modeste bouquet pour rendre hommage « aux morts des guerres et du travail, victimes des « 1% » ».

Il est bien petit comparé aux gerbes officielles.
Qu’importe, l’important, c’est qu’il témoigne de notre empathie sincère envers tous les morts dont l’oligarchie est coupable.
Qu’importe ou, plutôt, tant mieux.
Il est à notre image : nous sommes les 99% opprimés, vampirisés, exploités par ceux faisant partie du 1 % qui, sans vergogne, oppriment, vampirisent, exploitent les peuples, les ressources naturelles, toute notre planète.

Les guerres sont provoquées, voulues par des profiteurs voyant là un moyen de s’en mettre encore plus dans les poches.
Tous les prétextes sont bons afin de justifier des conflits, rapportant de l’argent aux « marchands de canon » et ceux qui gravitent autour.. Et quand il n’y a pas de prétextes, il suffit de les inventer de toutes pièces…. facile !
Les morts des guerres ne sont qu’un détail sans importance pour eux… ce qui ne les empêche pas, lors de commémorations de toutes sortes, de verser des larmes de crocodile, de faire des discours hypocrites.
L’actualité nous prouve qu’en ce moment, ces profiteurs font tout pour préparer « leur » prochaine guerre, en Iran.
Celle en Libye est terminée, et elle a permis, cerise sur le gâteau, d’éliminer Kadhafi qui risquait d’être trop bavard lors du procès qu’on aurait pu lui intenter.
Maintenant, place à la reconstruction qui va créer « de la croissance » et continuer à enrichir ceux qui sont loin d’en avoir besoin.
En Afganistant, en Irak, les troupes occidentales se retirent petit à petit… Vite ! Vite ! Il faut trouver autre chose…
L’Iran … et, pourquoi pas, une « bonne » guerre civile en Grèce ?
Ben, voilà… ça, c’est une idée qu’elle est bonne !
Pressurons le peuple jusqu’à ce qu’il se révolte… et les affaires seront florissantes pour les vampires qui vont s’en frotter les mains. Et cela fera un excellent test pour savoir comment procéder dans d’autres pays (Italie, Espagne, Portugal, France, …)
Les perspectives d’avenir sont magnifiquement prometteuses pour les vampires !!!

Pourquoi également un hommage aux morts du travail ?
Parce que ce sont aussi des victimes de l’appât du gain de l’oligarchie.
Combien de suicidés à cause de leurs méthodes de management destructrices ?
Combien d’irradiés, d’amiantés, d’empoisonnés, de cancéreux, de silicosés, parce que ces monstres se fichent des dangers qu’ils font courir à leurs esclaves ?
Les droits des travailleurs„ ce sont bien eux, ces vampires, qui s’arrangent pour que les politiciens à leur botte les rétrécissent comme une peau de chagrin.

Les morts au travail sont aussi respectables et inacceptables que les morts des guerres… mais, jamais, jamais, vous ne verrez d’hommage national en leur mémoire.
C’est une injustice que nous voulons dénoncer.

Avant le dépôt de ce bouquet, nous avons rencontré d’autres indignés qui découvrent seulement aujourd’hui qu’il y a un mouvement des indignés à Metz (!!!)
Bienvenue à eux !
Nous vous attendons depuis le 29 mai.
Nous nous sommes rassemblés chaque soir, de 19h à 21 h, jusqu’à début octobre, Place St Louis d’abord, puis Place St Simplice.
Maintenant, nous tenons une Assemblée Générale une à deux fois par semaine.
Tout le long du mois de novembre, nous allons continuer les scrutins du référendum populaire réclamant une constitution par et pour le peuple que nous avons initié samedi 5 novembre.
Bienvenue, vraiment !
Au début une centaine, nous n’étions plus qu’un petite douzaine.
Bienvenue !

Nous attendons que nos concitoyens endormis s’éveillent, nous attendons que nos concitoyens résignés relèvent la tête et qu’ils nous rejoignent, eux aussi.

Nous sommes peu nombreux,en France, nous avons donc encore plus de mérite d’exprimer notre indignation.
C’est plus difficile de le faire quand on est douze, plus difficile que lorsqu’on est 120, 1 200, …

A ceux qui ricanent, ironisent, s’esclaffent à propos des indignés :

Remettez vos propos fielleux dans la poche avec un mouchoir dessus : N’avez-vous donc pas suffisamment d’intelligence pour vous rendre compte que vous faites ainsi le jeu de l’oligarchie qui vous opprime aussi ?
Comprenez bien que vous faites aussi partie des 99 %.

Vous êtes atteints du syndrome de la servitude (lisez La Boétie)… cette maladie s’avère parfois mortelle… rassurez-vous : cela se soigne par la réflexion, l’engagement, la prise de conscience.

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Appel aux citoyens éveillés !

26/10/2011 2 commentaires

Le samedi 5 novembre, les indignés appellent à des rassemblements dans plusieurs villes de France.
(A Paris, par exemple, ce rassemblement est prévu à la Défense.)

A cette occasion, il est proposé d’organiser un référendum populaire sur le modèle de celui qui a eu lieu contre la privatisation de la poste.
Il s’agit d’envoyer directement son bulletin de vote au palais de l’Elysée.
Motif de ce référendum : une constitution par et pour le peuple (= réelle démocratie)

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Le processus en est simple :
Une équipe de trois personnes se positionne devant une boîte aux lettres (= une urne) où il y a du passage et suffisamment de place pour ne gêner la circulation ni des véhicules, ni des passants.

La première personne brandit une affiche explicative et harangue les passants. (à imprimer en A3)

Le passant qui accepte de participer va alors vers la deuxième personne de l’équipe qui lui tend un tableau d’émargement sur lequel l’électeur inscrit son nom, son prénom, sa commune d’habitation.

La troisième personne de l’équipe remet alors à l’électeur un bulletin de vote sur lequel figure cette question :
« POUR UNE CONSTITUTION PAR ET POUR LE PEUPLE ?
OUI - NON »

et une enveloppe sur laquelle est inscrite cette adresse :

Présidence de la République
Palais de l’Elysée
55, rue Faubourg St Honoré
75 008 Paris
et la mention « dispensé d’affranchissement » à la place du timbre.

L’électeur fait son choix discrètement et met le bulletin dans l’enveloppe qu’il glisse dans la boîte aux lettres.
La troisième personne de l’équipe dit à voix haute : « A voté ! ».
L’électeur revient vers la deuxième personne qui tient le tableau d’émargement et signe à côté de son nom.

****************

Trois personnes, c’est tout. Pendant environ deux heures, c’est tout.

A renouveler les trois autres samedis de novembre… à prolonger éventuellement les deux premiers samedis de décembre.
Trois villes vont organiser cette action le 5 novembre puis les trois samedis suivants.

Il ne tient qu’à vous que ce soit fait aussi dans VOTRE ville.

N’oubliez pas : le socle incontournable d’une réelle démocratie, c’est une constitution PAR le peuple et, donc, POUR le peuple.
Il faut tout faire pour que nos concitoyens s’imprègnent de cette évidence…. c’est non seulement possible, puisque les Islandais l’ont fait, mais indispensable.

Quant à savoir de quelle façon sera formée l’assemblée constituante…

Voir Etienne Chouard et cet article :

http://clampins.superno.com/2011/09/le-tirage-au-sort%c2%a0-un-pas-vers-la-reelle-democratie/comment-page-1/#comment-1135

Le tirage au sort : un pas vers la réelle démocratie

04/09/2011 9 commentaires

« Le tirage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par le choix est de celle de l’oligarchie » Montesquieu (Esprit des lois, livre 2 chapitre 2)
« Il est démocratique, par exemple, de tirer au sort les magistrats ; oligarchique de les élire » Aristote (Les politiques, livre 3, chapitre 9)

********
Lorsque les révolutionnaires des 17e et 18e siècles en Angleterre, aux USA et en France ont mis en place le régime d’élections que nous connaissons encore aujourd’hui, ils ne voulaient pas instaurer une démocratie.
«Il faut écarter le peuple en corps du gouvernement» pour créer un «corps choisi de citoyens» appelés à devenir «une classe de professionnels de la politique» écrivait notamment l’abbé Siéyès qui a inspiré toutes les constitutions de la période révolutionnaire (propos de l’abbé Siéyès sur la question du veto royal en 1789)
Si le droit de vote a un aspect démocratique de par l’égalité des suffrages, force est de constater qu’il contribue à donner des résultats inégalitaires : les élus ne ressemblent pas à leurs électeurs.

L’élection, évidemment, sélectionne préférentiellement :
- ceux dont la communication est la plus efficace
- ceux qui PARAISSENT les meilleurs, les plus compétents
- ceux qui disposent de temps, d’argent, de relations et sont portés par un grand parti
- ceux qui disposent de certaines caractéristiques (comme le fameux «charisme»)

Et lorsqu’il y a plusieurs degrés d’élections, le principe «distinctif» est démultiplié (voir le Sénat).

La notion de représentativité a été inventée par les monarchies anglaises, puis françaises aux 12e/13e siècles : en faisant élire des représentants dans les corporations, les monarques avaient constaté que les impôts rentraient mieux.
Ces élus faisaient une promesse d’obéissance au pouvoir.

Dans le système moderne de démocratie représentative, la promesse d’obéissance a changé de camp.
Ce ne sont plus les élus qui obéissent au pouvoir (je rappelle que démocratie signifie «pouvoir au peuple»), ce sont les citoyens qui obéissent aux élus.
Le citoyen ressent un sentiment d’obligation d’accepter le résultat, d’abord (même quand la faiblesse de la participation est telle que l’élection devrait être purement et simplement déclarée caduque) , puis de s’incliner devant les décisions prises par ceux qui ont été élus «démocratiquement».

L’élection permet ainsi de mieux garantir l’obéissance populaire à une «aristocratie» élective, composante de l’oligarchie, se partageant les postes de pouvoir dans un jeu de chaises musicales.

Cette aristocratie élective fait accepter, avec l’aide d’autres pouvoirs comme celui de certains médias, des décisions favorables à l’oligarchie, comme les privatisations, les baisses d’impôts des plus favorisés, tout en tenant compte, par des discours manipulateurs, des désinformations, des absences d’informations, d’une possible future sanction électorale.

La collusion des élites, régulièrement et justement évoquée, n’est pas un dysfonctionnement à dénoncer, mais bel et bien une norme à prendre en compte et à contrecarrer.

Il n’est ni possible, ni même souhaitable de supprimer l’élection.
L’important est de ne plus définir l’élection comme étant la seule, l’exclusive légitimité politique.

Le tirage au sort est un mode de désignation intrinsèquement démocratique.
Il a beaucoup d’avantages et un seul inconvénient.

Évacuons immédiatement l’inconvénient : l’incompétence éventuelle du désigné.
Remarque : être élu ne garantit ni la compétence, ni la connaissance absolue des domaines dans lesquels des décisions vont être prises, n’est-ce-pas ? Un élu s’entoure de conseillers et de collaborateurs, demande l’avis d’experts, n’est-ce-pas ?
Ce problème de l’incompétence peut être résolu par le volontariat (le désigné peut refuser le poste en exposant ses motifs), des méthodes de discussions informatives, consensuelles, et en réservant le tirage au sort à la constitution d’assemblée(s)… Si ce n’est l’assemblée nationale ou/ et le Sénat, alors une assemblée populaire ayant un pouvoir décisionnel et en mesure d’exercer un contre pouvoir à la classe politique (composante élective de l’oligarchie) et à la finance (composante, non élective, de l’oligarchie).

Les avantages :

1 - Le tirage au sort est automatiquement représentatif de la population.
Un échantillon sélectionné au hasard ressemble à l’ensemble, contrairement à un échantillon sélectionné par tous autres moyens (concours, cooptation, ou élection). Paul Diels, père de la théorisation des conférences du consensus, employait cette métaphore, en 1970 : «Si l’on souhaite connaître ce que pense ou veut le peuple, la première démarche est donc de convoquer un peuple en miniature, de la même manière qu’avec une cuillère dans un pot de confiture… le contenu prélevé a exactement la même composition que le contenu du pot» Et c’est bien de cette méthode que s’inspirent les sondeurs.

2 – Le tirage au sort garantit mieux l’impartialité des décisions et limite la corruption.
Un échantillon sélectionné sera plus apte à résister à des considérations extérieures à l’intérêt général comme peuvent l’être les élus soucieux de leur carrière politique et soumis à la procédure élective.
Le risque de corruption est limité, lui, en raison de la volatilité des désignés ; la corruption s’ancre dans les positions établies alors qu’il est plus difficile de corrompre quelqu’un qui n’est que temporairement en poste.

3 – Le tirage au sort organise le partage du pouvoir.
Il implique une rotation des postes (le désigné siège un temps relativement court : en général un an) et la reconduction, si elle n’est pas interdite, sera due au hasard, donc exceptionnelle.

4 – Le tirage au sort est plus égalitaire.
Le citoyen n’est vu que comme un sujet du choix (son choix de vote) et non pas comme un objet du choix (sa chance d’obtenir un poste dans l’appareil politique).
Combien de ceux qui s’intéressent à la politique, dans le sens noble du terme «s’occuper des affaires de la cité», ne peuvent passer à travers des filtres trop nombreux de la politique organisée et de l’élection (appartenance à un parti, réseaux d’influence, moyens financiers, …) ?
Contrairement à l’élection, le tirage au sort offre à tous l’égalité des chances d’accéder au processus décisionnaire de la démocratie.

5 – Le tirage au sort stimule le sentiment d’appartenance à une démocratie.
Savoir qu’on peut être désigné un jour ou l’autre incite à s’intéresser à la politique, à s’informer (vraiment), à éveiller son civisme, à cultiver son esprit critique, à participer à «la vie de la cité»,….

6 – Le tirage au sort responsabilise (alors que l’élection infantilise).
Le désigné devra prendre des décisions, il sera partie prenante dans le système démocratique, il deviendra ainsi un citoyen «adulte».

7 – Le tirage au sort apaise les tensions.
«Nul n’est affligé par le choix du sort» Montesquieu (encore lui).
Le tirage au sort évite les querelles de factions, renforce la cohésion sociale (les désignés seront ouvriers, employés, cadres, chômeurs, précaires, jeunes, vieux, etc…), règle les problèmes de parité homme/femme, …

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Les anciens Athéniens ont inventé le tirage au sort après avoir inventé l’élection. Ils avaient constaté que les aristoï (= les bons, beaux, riches, honnêtes (!) qui ne travaillaient pas) occupaient tous les postes de décisions.
Ils ont alors eu recours de plus en plus souvent au tirage au sort.
C’est ainsi, par exemple, qu’à partir du IVe siècle avant JC, seuls des tribunaux tirés au sort avaient le pouvoir de modifier les lois.

A notre tour : «inventons» le tirage au sort après avoir «inventé» l’élection !
En route vers la réelle démocratie !

Nota : ce billet est très, très largement inspiré d’un texte inachevé de Michel Simonin. Merci à lui.

Les indignés 57

08/08/2011 3 commentaires

Paradoxalement, c’est de la part de militants (de partis politiques essentiellement de gauche, la vraie et de syndicats) que les indignés perçoivent souvent des réticences.

Ce qui revient toujours c’est :
«Vous n’arriverez à rien. Ce qu’il faut, c’est une grève générale ; il n’y a que de cette façon qu’on obtient quelque chose.» (Notez le «vous» alors que cela devrait être «nous»)

Ma réponse est bien rodée maintenant :
«Depuis combien de temps attendez-vous cette fameuse grève générale ? Ne remontons pas jusqu’à la préhistoire, parlons seulement de la période de contestation de la régression des retraites, automne 2010. Même dans ce contexte où la majorité de la population était contre le projet du gouvernement, où plus de trois millions de personnes étaient dans les rues, vous n’avez pas obtenu une grève générale… et vous y croyez encore ? Et cela reste encore votre cheval de bataille ?
Vos adhérents sont si peu nombreux par rapport à la population… peanuts, les amis, peanuts… et pourtant, vous existez depuis des décennies !!!
Prenez conscience que vos discours sont formatés, répétitifs et, surtout, inefficaces, ceci dit sans vouloir vous fâcher, c’est un constat, simplement un constat dont vous devriez tenir compte pour réfléchir et changer de méthode.
Vous êtes dans une ornière et vous vous obstinez à y piétiner encore, ne faisant que creuser encore plus la dite ornière … bientôt, vous n’y serez même plus visibles.
Pensez autrement ! Faites un pas de côté !
Nous n’avons pas (encore) la solution pour sortir du bourbier mais, ça y est, nous avons fait un pas de côté.
Ah ! Bien sûr, il n’est pas confortable, ce chemin inconnu où tout est à découvrir, à défricher… il est difficile de prévoir ce que l’on va trouver plus loin… il est facile de retomber dans l’ornière… nous veillons à ce que cela n’arrive pas et nous devons tout apprendre au fur et à mesure.
Pour sortir de ce système qui nous broie, nous avons compris qu’il ne faut plus du tout appliquer ses règles : non, nous ne voulons pas créer un énième parti politique, non, nous ne voulons pas de représentants de notre mouvement, non, nous ne nous contentons pas de la majorité pour décider de quelque chose, nous pratiquons le consensus jusqu’à obtenir l’unanimité, non, nous ne voulons pas être récupérés ni par un parti politique, même «ami», ni par un syndicat.»

En ce qui concerne les citoyens «lambda», la palette de réactions est plus large et va de :

- «C’est bien ce que vous faites, bravo  !» (Notez encore le «vous» au lieu du «nous»… ne nous dites pas bravo, il n’y a aucun héros, ici ; rejoignez-nous, c’est mieux)

- «Alors ? Que proposez-vous ? » (Encore le «vous»… nous n’avons pas à proposer quelque chose, nous ne sommes pas des politiques en campagne électorale, nous sommes des citoyens… réfléchissons, cherchons ensemble)

- «Vous devriez avoir un leader ! » (toujours le «vous» !!! Quand donc nos concitoyens cesseront d’attendre un homme providentiel ? Quand comprendront-ils que c’est à eux de prendre leur destin en mains?)

- «Nous sommes en démocratie ! Que voulez-vous de plus ? » (Euh… non… justement… et de développer notre argumentaire : la démocratie ne se résume pas au seul droit de vote, il faut un contre-pouvoir citoyen au pouvoir politique, etc…)

Jusqu’à la pollution quasi quotidienne de fachos qui arrachent nos affiches, inscrivent des insultes, des appels à la violence, des propos raciste sur le mur de la démocratie que nous avons installé avec les moyens du bord. (nous devons «faire le ménage» à chaque fois et nous ne dialoguons pas avec eux car, courageusement, ils viennent de nuit quand personne ne peut les voir… d’ailleurs, je préfère ne rien avoir à leur répondre… je ne pourrais pas rester calme et correcte dans mes propos)

********************

Nous sommes sur le Titanic qui coule par soubresauts successifs.

Le capitaine et l’équipage, censés faire évacuer les passagers, sont déjà dans les canots de sauvetage et s’apprêtent à abandonner le navire tout en jurant qu’ils s’occupent de tout et que tout le monde sera sauvé. Ils emmènent déjà avec eux les passagers de 1ère classe.

D’ailleurs, des gilets de sauvetage sont à la disposition de chacun et si la température de l’eau est à environ deux degrés, il faut bien comprendre qu’il faut accepter de faire des sacrifices en une telle circonstance…. et…
il faut du monde pour aider à porter les caisses de champagne, les paquets de nourriture de luxe, les coussins moelleux, les radiateurs dans les canots… certains des passagers se précipitent pour apporter tout ça, puis retournent à leur place, sur le pont du bateau… c’est normal… l’équipage, les passagers de luxe, ils font partie de l’élite, ils ont plus d’importance que la populace…. au fait..
il y a aussi besoin de quelques-uns, bien costauds pour ramer… ce n’est pas aux membres de l’équipage de le faire, ils ont déjà tant de responsabilités pesant sur leurs épaules… Pour les nourrir, nous avons tout un sac rempli de pain rassis…
immédiatement, des volontaires se bousculent…
une voix s’élève sur un des canots déjà presque plein : «En plus, il faut les nourrir ! Comme c’est ennuyeux… ce sac de pain, ça prend de la place !  Ah ! Les travailleurs, quelle plaie !» - «Voyons, voyons» lui répond quelqu’un «N’oublions pas que la devise de la France, qui fait partie de son identité, est «liberté, égalité, fraternité», offrons-leur la possibilité de manger ce pain rassis, soyons généreux.»

Sur le pont, les passagers, pour une large moitié, ont entièrement confiance et attendent patiemment le moment où l’eau les atteindra et où ils pourront agréablement flotter sur l’eau grâce à leurs gilets de sauvetage si généreusement mis à disposition.

D’autres se lamentent ou/et protestent, sans plus, en pensant qu’ils ne s’en sortiront pas dans une eau si froide : ils vont mourir d’hypothermie avant l’arrivée des secours… et attendent le moment où l’eau les atteindra et où ils pourront lentement mourir de froid en flottant grâce à leurs gilets de sauvetage que ces «enfoirés» ont mis à leur disposition.

Une minorité cherche une solution… vite !

Sur le pont supérieur, l’orchestre joue en boucle le même air.

Le Titanic, bien sûr, c’est le système qu’on nous impose depuis des décennies.

Le capitaine et l’équipage, les passagers de 1ère classe, c’est l’oligarchie qui nous opprime.

Les passagers, hors ceux de 1ère classe, ce sont les citoyens. Ceux qui font confiance aux promesses qu’on leur a faites, sont … de droite ; ceux qui se doutent qu’ils vont mourir de froid quand le bateau aura complètement coulé sont… de gauche ; la minorité qui cherche une solution en ne comptant que sur soi-même, ce sont les indignés.

Et l’orchestre, ce sont les militants évoqués plus haut, serinant le même refrain depuis des lustres, sans aucun résultat pour faire évoluer les choses. (Titre du refrain : «Il faut une grève générale»)

Les indignés commencent à s’activer tout en exhortant les autres passagers et les membres de l’orchestre à faire de même.
«Fabriquons des radeaux avec des tables, des sommiers de lit, des bancs, des portes d’armoire et de placards ! Vite ! Cherchons des cordes pour les faire tenir ! Vite ! Il faut être prêts avant que le paquebot ne sombre définitivement ! »
Peu, très peu de passagers les suit ; l’orchestre, lui, continue à jouer son sempiternel air.

Les indignés s’écrient : «Regardez ! Voyez du côté opposé à celui où vont les canots de sauvetage : une caravelle, toutes voiles hissées ! Oui, comme une de celles sur laquelle s’est embarqué Christophe Colomb ! Celle-là, elle est baptisée «réelle démocratie»… fabriquons des radeaux pour la rejoindre et monter à bord et partons chercher une nouvelle route vers les Indes… nous découvrirons ainsi un monde nouveau.»

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Depuis le 29 mai, les indignés 57 sont sur la place St Simplice, à Metz, tous les soirs, du lundi au samedi, de 19h à 21h, par tous les temps.

Tous les dimanches, à 17 h, ils organisent un débat public.

Pour faire un travail d’information, ils affichent des articles traitant de sujets jamais abordés à la télévision.. régulièrement arrachés par les fachos… tant pis, on recommence et on recommence encore.

Le 14 juillet, certains d’entre eux ont rejoint les indignés de Paris (et ont ainsi pu goûter à la joie de respirer des gaz lacrymogènes)

Fin juillet, ils sont partis 3 jours pour soutenir ceux qui luttent à Bure contre l’enfouissement des déchets radioactifs.

Jeudi 4 aôut, ils ont participé à la «faites de l’égalité» organisée par la LDH devant le centre Pompidou en y affichant ce texte :
«La déclaration des droits de l’homme peut se résumer en UNE phrase :
«Nul être humain ne sera humilié, jamais, d’aucune façon, d’aucune manière, en aucune circonstance, aucune situation» 
Or, celui qui ne mange pas à sa faim est humilié,
celui qui ne dispose pas d’un logement décent est humilié,
celui qui est méprisé, violé, torturé, puni injustement est humilié.
Pendant ce temps, les puissants qui s’octroient des privilèges vivent dans le luxe, la gabegie, le gaspillage ; ils ne craignent même pas, souvent, d’être poursuivis par la justice quand ils commettent des délits.
LE PEUPLE EST EN SOUS-FRANCE ! »

Dimanche dernier, une indignée madrilène est venue leur faire visite.

Ils rejoindront les indignés espagnols qui sont partis vers Bruxelles à pied, lors de leur passage à Paris et/ou lors de leur arrivée dans la capitale belge.

Ils ont un autre projet important pour la rentrée, en septembre….

Leur philosophie est affichée sur la face avant du «mur de la démocratie» : (réécrite, déjà, trois fois pour cause de «sabotage» des fachos)

LES INDIGNÉS :

- Ne font l’apologie d’aucun parti politique
- Rejettent toute forme de racisme
- Ne sont pas tous de gauche
- En ont assez d’être en sous-France
- Veulent un réveil citoyen
- Sont solidaires des autres peuples
- Se méfient de tous les gouvernements
- Prônent la non-violence (la non-violence, ce n’est pas la passivité, c’est ne pas céder)

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En ce moment, pour cause de vacances de certains, nous sommes peu nombreux : VENEZ !

I have a cauchemar !

20/07/2011 8 commentaires

Bon sang ! Ils ont voté pour moi !! Je suis présidente de la République !!!

Au soir du premier tour, j’avais attendu tranquillement l’heure de l’annonce des résultats, assise en tailleur sur mon balcon, habillée de mon super confortable jean de vingt ans d’âge et d’un tee-shirt devenu informe, mangeant à même la casserole des pâtes à la sauce tomate.
Le glamour et la classe personnifiés, quoi.
Quand le téléphone avait sonné.
Arfff…. pas moyen de bâfrer en paix !!!
C’était V., ma «directrice de campagne», toute affolée, me demandant de venir immédiatement au «QG» :
les journalistes voulaient absolument m’interviewer ; les premiers chiffres me donnaient 30 % des voix, j’étais au second tour.
C’te bonne blague !
Prenant un ton très officiel, j’avais répondu : «Hors de question que je vienne sans une escorte de motards !
» et j’avais raccroché en riant.

Dix minutes plus tard, j’avalais ma dernière bouchée de travers en voyant débarquer une limousine encadrée de quatre motards en bas de chez moi.
Glups ! C’était vrai ?!!???
Et, scrogneugneu, on a vraiment cru que j’exigeais un véhicule officiel et des motards !??!!!
«Messieurs, retournez d’où vous venez, je vais à pied… une demie- heure de marche me permettra de réfléchir.»
«Nous avons ordre de vous emmener.»
«Ben, moi, je ne veux pas monter dans cette voiture… vous allez me mettre en garde-à-vue ? »
C’est vrai quoi, à la fin.
Arrivée devant notre local de campagne, j’avais vu une meute de journalistes, de photographes, de caméras.
Dans un premier temps, personne ne m’avait reconnue et ce n’est que lorsque j’avais réussi à m’approcher des deux copines, V. et V. qui m’avaient aidée tout au long de la campagne (trois, cela aurait été trop : l’exiguïté de notre local ne permettait pas d’être plus nombreux) que tout le monde avait compris.
Ce fut une ruée vers moi et les flash me visaient de partout.

Deux minutes plus tard, une photo surmontée de la légende : «voici la (peut-être) future présidente des français» circulait sur internet, faisant un buzz mondial.
On m’y voyait avec le regard d’une hallucinée (j’étais éblouie par les flash), le bas de mon jean effiloché et le tee-shirt pendouillant (je n’avais pas pris le temps de me changer), le coin des lèvres souillé de sauce tomate (je n’avais pas pensé à me laver les dents et passer de l’eau sur le visage), une ballerine au pied gauche pendant que le pied droit était chaussé d’une tong (je n’étais pas allée jusqu’au bout de mon changement de chaussures), les cheveux en bataille et dressés sur la tête (je m’étais frotté la tête tout au long du chemin en me demandant ce que j’allais faire maintenant, ce que j’allais dire, pourquoi je m’étais aventurée dans cette galère),
La honte totale !!!
Le monde entier était écroulé de rire…… (pfffff)

Dans les jours qui avaient suivi, les experts, les sondeurs, les spécialistes avaient fait leur enquête, leurs analyses, leurs observations :
Les électeurs, écœurés par la campagne nauséabonde, avaient décidé de voter pour les deux candidats derniers en intentions de vote dans les sondages : Clément Wittmann et … moi…. en décidant pour l’un ou l’autre à pile ou face et sans rien dire de leur décision,
Chacun croyait être seul à avoir fait ce choix : ils étaient 60 % !!!!
Clément obtenait 30 % et moi idem,
Une seule voix nous séparait : la mienne puisque j’avais voté pour lui (voter pour moi, faut être cinglé ou inconscient !!! Je n’avais fait campagne que pour parler de ce qui me tient à cœur en concluant la vidéo destinée à être diffusée officiellement par un vibrant «vive l’anarchie ! », normalement rédhibitoire.)
Les autres «grands»candidats faisaient tous à peu près 8 % (UMP, PS, FN, EELV, FG).

Les deux semaines entre les deux tours furent un tourbillon incessant.
Les commentaires des journalistes et des autres candidats, ainsi que de leurs soutiens étaient goguenards, dans le meilleur cas, méprisants et assassins, dans le pire.
Ni Clément, ni moi n’y répondions. C’était tellement bas et mesquin !!!
En ce qui me concerne, j’avais eu droit à :
Elle se vautre dans le luxe : elle a un ordinateur !
Connivence avec la presse internet ? Et une photo me représentait lors d’une manifestation aux côtés du célèbre blogueur SuperNo.
C’est une couguar ! Avec une photo prise lors d’un café-repaire faisant la bise à un des participants d’une vingtaine d’années.
Elle fréquente les grands de ce monde ! Et l’on me voyait derrière le maire de ma ville alors qu’il prononçait un discours lors d’une inauguration.
Retour de la fameuse photo du soir du premier tour avec cette affirmation : «une mise en scène afin de faire populaire. Le jean est une création d’un célèbre couturier, le tee-shirt coûte 4 850 euros»
….. et j’en passe !!!

Le point d’orgue de toute cette agitation fut The débat entre les deux candidats.
Difficile de débattre alors que nous étions sur la même longueur d’onde.
Nous hochions la tête pour exprimer notre accord à chaque fois que l’autre disait quelque chose.
Celui qui parlait dans l’oreillette du journaliste hurlait «Arrange-toi pour qu’ils se battent !» tellement fort que je l’ai entendu.
Le Journaliste (sourire ironique) : «Madame, tiendrez-vous toutes vos promesses de campagne si vous êtes élue ? »
Moi : «Pas difficile… je n’en ai faite qu’une : organiser une assemblée constituante composée de citoyens afin d’élaborer une nouvelle constitution qui permettra, je l’espère, un peu plus de contrôle de élus et des gouvernants par le peuple… et ça, ce serait ma priorité de priorités… mais, pas de souci, c’est Clément qui sera élu, je l’espère.»
Clément : «une nouvelle constitution, c’est aussi dans la liste des vœux des OC»
L’oreillette : «Mais qu’ils se battent ! Nom de dieu ! En attendant, flingue-là !»
J : vous vous sentez près du peuple ?
M : je fais partie du peuple (pov’ pomme)
J : mais ça ne sera plus le cas, si vous êtes élue,
M : Si je suis élue, mon mandat durera le temps qu’une nouvelle constitution se mette en place… je n’aurai pas le temps d’avoir la grosse tête et d’oublier qui je suis : une simple citoyenne. Mais je ne serai pas élue, ce sera Clément qui le sera. Entre lui et moi, je n’hésite pas : je vote pour lui et la majorité des électeurs fera de même.
J (sourire forcé) : Faites des réponses courtes, votre temps de parole est compté.
M : Alors j’offre mon temps de parole à Clément ; il a des choses très intéressantes à dire.
L’oreillette : Mais qu’ils se battent, merde ! Attaque l’autre, maintenant !
J : Monsieur, si vous êtes élu,comment relancerez-vous la croissance ?
C : Tout de suite, les grossièretés !
M : (rire) Avec une catapulte !!!
J : Vous avez donné votre temps de parole, madame… vous revenez déjà sur votre décision ?
C : (rire) Très bonne idée, la catapulte….. pour qu’elle aille loin, très loin, de nous. Mais … Tout dépend de ce que vous entendez par «croissance». Moi, je suis pour celle de l’égalité, de la justice pour tous…. en un mot, celle de l’intelligence. Il est là, le progrès.
M : Bravo !!!
J : ……………………. 
C’est à peu près à partir de ce moment-là que, sans nous être concertés, nous avons dialogué, Clément et moi, sans tenir compte du journaliste.

Qui prendre comme premier ministre ?
M : Si c’est moi qui suis élue, pas de souci, ce sera toi, Clément.
C : Si c’est moi qui suis élu, ce sera toi, alors.
M : Bof… pô envie d’être premier ministre, moi…. (non mais quelle galère ! Quelle galère!)

L’oreillette : «Ma parole ! Ces deux chiffes-molles ne vont jamais se battre… je ne comprends plus rien à la politique, moi.»

On commencera par quoi ? On n’aura pas beaucoup de temps pour faire quelque chose… voyons… le temps de mettre en place l’assemblée constituante et que la nouvelle constitution soit écrite et approuvée par référendum… disons…. une petite année, dix-huit mois maximum.

On pourrait commencer par deux ou trois projets de lois très importantes, à mon sens…
Oui, tant que nous serons pas assez évolués en intelligence, on ne pourra pas vivre en anarchie, les lois sont donc encore indispensables. Ah ! Le jour où les plus forts auront l’intelligence de comprendre qu’il est plus gratifiant de soutenir, protéger les plus faibles plutôt que de les écraser ou de les exploiter… d’autant plus que, parfois, les plus faibles peuvent les aider, eux aussi… Ouais… le lion et le rat..

Une caméra était passée brièvement sur le journaliste, la bouche bée depuis un bon moment et ne se rendant pas compte qu’un filet de bave coulait du coin de ses lèvres.
Vite, elle était revenue sur nous.

Toute loi devrait faire l’objet d’un bilan de ses conséquences au bout d’un an, puis cinq ans, puis dix ans, puis tous les vingt ans afin de les modifier, les nuancer, en fonction des résultats de ce bilan et de l’évolution de la société. Ce devrait être généralisé très vite.
D’ailleurs, si ça pouvait l’être aussi pour la constitution, ce serait une bonne chose.

Et aussi… Tous ceux qui ont accepté un contrat de travail avant la régression des retraites ont signé pour la retraite à 60 ans. La loi sur les retraites est donc une dénonciation unilatérale de ces contrats et c’est illégal. On supprime cette soi-disant réforme pour cette raison.
Et pour ceux qui ont eu un contrat de travail après ? Oh ! Elle est supprimée, elle est supprimée, on ne revient pas là-dessus. Les contrats signés après sont trop peu nombreux, avec tout ce chômage !!!

J : «justement, parlons du chômage ! Qu’allez-vous faire pour le faire baisser ? »
Tiens, il est encore là, lui ?

Le chômage ! Mais il y a tant à faire qu’on n’en entendra plus parler, du chômage.
Faire isoler les habitations.
Installer la géothermie partout où c’est possible ; chauffage gratuit en hiver, climatisation gratuite en été, tout ça sans pollution… on va se gêner !
Dépolluer les sols et en faire des terres cultivables.
Mettre en place de réseaux locaux de distributions de légumes.
Créer des coopératives.
Récupérer tous les composants des voitures mises à la casse

De l’oreillette que le journaliste, excédé, avait posée sur la table, on avait alors entendu : «l’Audimat bat tous les records ! Et ils ne se battent même pas ! Je ne comprends plus rien aux téléspectateurs, moi ! »

J (la voix fluette et ne parvenant plus à l’affermir) : «Et les relations internationales ? La Chine ? Les droits de l’homme ? »
Les droits de l’homme ? Avant de faire la leçon à d’autres pays, nous allons tout faire pour les respecter ici.
Les droits de l’homme peuvent se résumer en une seule prase :
«Nul être humain ne peut être humilié, d’aucune façon, d’aucune manière, dans aucune circonstance, en aucune occasion.»
Un être humain qui ne vit pas dans des conditions décentes est humilié.
Un être humain méprisé pour quelque raison que ce soit est humilié.
Un être humain obligé, par la force physique ou psychologiquement, de faire ce qu’il ne veut pas est humilié.
Un être humain mal informé, désinformé, laissé dans l’ignorance, mal instruit est humilié.

D’ailleurs, l’éducation nationale sera une priorité.
Plus de moyens, plus de personnels.
Pas plus de 19 élèves par classe.
Des formations en CNV à tous les professeurs, les éducateurs pour prévenir la violence.

SOlidarité, REspect, Evolution, voici le triptyque de nos priorités.
SOREV…..

J : «Solidarité ? »
Ce n’est pas un gros mot !!! Des impôts plus justement répartis, déjà.
J (croyant tenir THE argument): «Mais vous ne craignez pas que les riches s’en aillent ? »
Leur fric n’est déjà plus en France depuis belle lurette, ça ne changerait pas grand’chose.

J : «Respect ? »
Oui, respect des autres et de soi-même, respect des plus faibles, des plus pauvres, respect de la nature, respect de l’environnement, respect, quoi… il vous faut un dessin ?

J : «Evolution ? Du pouvoir d’achat ? »
Indécrottable, celui-là !!! Evolution de l’intelligence, du bon sens, dans tous les domaines où nous devrions croître, il y a urgence et y a du boulot !!!

Complètement enthousiasmés et, oubliant que nous étions sur un plateau de télévision, nous nous étions assis sur la table, l’un à côté de l’autre, nous tapant dans le dos, cachant en grande partie à l’œil des caméras le journaliste, épuisé, se frottant le nez d’un air hébété.

Le générique de fin s’attarda sur cette image d’un candidat hilare et d’une candidate à la coiffure hirsute (je me frottais la tête depuis dix bonnes minutes).

Et me voici à l’Elysée !!! Elue présidente de la république avec 50,01 % de voix, 49,99 % pour Clément Wittmann… pfffff… j’ai perdu.
Fichue baraque, l’Elysée… c’est immense ! Bien trop grand pour moi !!!
Mais qu’est-ce-que je suis venue faire dans cette galère ?

Tiens, le téléphone sonne !
Peut-être est-ce Obama qui m’appelle ?
Ah ! Je vais lui dire, moi… petite présidente d’un petit pays, je vais faire bien plus avancer les choses que lui, grand président des grands USA… lui, le soi-disant homme le plus puissant de la planète… même pas fichu de mettre la finance au pas.

Mais où est ce téléphone ? Je ne le vois pas.
Il faut que je le trouve….
Il faut que j’ouvre les yeux…..
Mince ! Ce n’est pas un téléphone, c’est une alarme de voiture, dans la rue, sous les fenêtres…
Oh ! J’étais en train de rêver… de cauchemarder, plutôt.
Mais… ça va pas ? Présidente de la république !!! N’importe quoi !!! Quelle horreur !!!

********

Le site à voir :

http://clementwittmann2012.fr/

Il était une fois…

14/07/2011 6 commentaires

La Montagne et les fourmis -
Un jour, une fourmi qui se promenait en bas d’une montagne s’écria :
“”Je sais ce qu’est la Montagne ! La Montagne, c’est de l’herbe ! Et la Montagne veut qu’on s’en nourrisse !”
Les autres fourmis se précipitèrent et furent étonnées de constater qu’en effet, la Montagne, c’est de l’herbe et que, donc, elle voulait qu’on se nourrisse d’Elle.
Avaient-elles tort ? Non, car, à cet endroit, en effet, la montagne était verdoyante et de l’herbe y poussait à profusion.
Avaient-elle raison ? Non, car la montagne, ce n’est pas qu’une prairie et la montagne se fiche bien qu’on se nourrisse ou non de l’herbe qui pousse à sa base.
Et comment une fourmi peut-elle concevoir, imaginer, intégrer la montagne dans son ensemble ? Elle est bien trop minuscule.
Toujours est-il que les fourmis décidèrent de s’appeler les fourmis de l’herbe.

Quelque temps plus tard, une autre fourmi s’exclama :
“Je sais ce qu’est la Montagne ! La Montagne, c’est de la terre et Elle veut qu’on y creuse des galeries pour nous mettre à l’abri !”
Certaines fourmis s’approchèrent et constatèrent qu’en effet, la Montagne, c’est de la terre et que, donc, Elle voulait qu’on creuse des galeries dans ses flancs.
Avaient-elles tort ? Non, car, en effet, à cet endroit, la montagne n’était que de la terre sans végétation.
Avaient-elles raison ? Non, la montagne se fiche qu’on creuse des galeries, minuscules d’ailleurs, ou pas.

Et comment une fourmi peut-elle concevoir, imaginer, intégrer la montagne dans son ensemble ? Elle est bien trop minuscule.
Toujours est-il que ces fourmis-là décidèrent de s’appeler les fourmis de la terre.

Cette nouvelle découverte provoqua un scandale parmi les fourmis de l’herbe.
“Blasphème !”
La guerre fut déclaré entre les fourmis de l’herbe et les fourmis de la terre.
Au nom de la sainte Montagne, on se massacra.
Avec cruauté, acharnement et quasi volupté, on procéda à des démembrements, décapitations, éventrations, brûlures à l’acide, arrachement d’antennes et de mandibules.
C’était non seulement permis mais ordonné par la Montagne, il n’y avait aucun doute là-dessus.
Les impies devaient être punies, leurs larves détruites sans pitité et même avec délectation puisqu’on les dévorait.

De rares périodes d’accalmie ponctuaient des guerres atroces et dévastratrices.

Le temps passait et les fourmis continuaient, cependant, de monter sur la montagne.

C’est alors qu’une fourmi s’écria :
“Je sais ce qu’est la Montagne ! La Montange, c’est de la roche et Elle veut qu’on s’y repose pour lui rendre hommage !”
Certaines fourmis s’approchèrent et constatèrent qu’en effet, la Montagne, c’est de la roche et que, donc, Elle voulait qu’on s’y repose.
Avaient-elles tort ? Non, car, en effet, à cette hauteur, la montagne se couvrait de roches.
Avaient-elles raison ? Non, car la montagne n’est pas seulement qu’un amas de roches et elle se fiche bien qu’on s’y repose ou pas.
Et comment une fourmi peut-elle concevoir, imaginer, intégrer la montagne dans son ensemble ? Elle est bien trop minuscule.
Toujours est-il que ces fourmis-là décidèrent de s’appeler les fourmis de la roche.

Branle-bas de combat chez les fourmis de l’herbe, les fourmis de la terre.
Taïaut ! Taïaut !
Il fallait mettre un terme immédiatement à de telles aberrations !!!
Sinon, la Montagne allait se venger.
D’ailleurs un terrible orage éclata à ce moment pour prouver que la Montagne ordonnait de La venger.

Les massacres reprirent de plus belle avec une ardeur jamais connue jusqu’ici.
Les plus cruels, les plus féroces étaient vénérés, adulés, donnés en exemple.
On se mettait à 50 contre 1 pour hacher menu une impie passant par là.
C’était la Montagne qui le voulait ainsi, le combat était juste, donc.

Le temps passait.
Le parcours des fourmis étaient jonchés de cadavres, de corps éparpillés, de ventres déchiquetés.
Mais elles avançaient, plus haut, toujours plus haut.
Tantôt c’était les fourmis de l’herbe qui étaient les plus nombreuses et, alors, gare aux fourmis de la terre ou aux fourmis de la roche !
Quand les fourmis de la terre ou de la roche étaient supérieures en nombre, les fourmis de l’herbe se cachaient ou… se convertissaient.

Il y eut d’autres fourmis persuadées de connaître la vérité à propos de la Montagne.
Il y eut les fourmis de la flaque (et la Montagne voulait, bien sûr, qu’on la boive et qu’on y trempe ses petites papattes)
Il y eut les fourmis de l’écorce (et la Montagne voulait alors qu’on la déchire en très petits morceaux)
Il y eut les fourmis de l’oiseau mort (et la Montagne voulait qu’on la mange et qu’on la digère).
A chaque fois, ce fut le prétexte de relancer des guerres qui, parfois, s’essoufflaient.

Le temps passait.
Des générations et des générations de fourmis s’étaient succédées depuis la découverte de la Montagne (une et indivisible, comme il se doit).
Des générations et des générations s’étaient entretuées.
La haine était omniprésente. La conscience collective n’oubliait rien de tout ce qui s’était passé.

Elles finirent par arriver au sommet.
Toutes.
En groupe ou individuellement.
Et elles trouvèrent enfin LA vérité, ou du moins ce qu’elles crurent être la vérité :
La Montagne, c’est de la neige !!!
Partout, de la neige.
Uniquement de la neige.
Mais alors, nos ancêtres avaient tort ?
Mais alors nous nous sommes massacrées pour rien ?
La Montagne, c’est de la neige !!!
Toute à leur joie de connaître enfin LA vérité et de se réconcilier à tout jamais, elles neurent pas le temps de se poser la question qui s’imposait : Que veut la Montagne ?
Elles se sentirent tout engourdies, les pensées se sont ralenties, les papattes se sont raidies.
Elles moururent.
Toutes.
Est-ce la montagne qui s’est ainsi vengée de leurs anciennes turpitudes ?
Non, elles sont mortes de froid (c’est vrai que les neiges éternelles c’est bien frisquet, ma pauv’ dame)
La Montagne se fiche qu’on se batte, elle se fiche qu’on arrive ou non à son sommet, elle ne veut rien sauf la paix.
Et jamais, jamais, une fourmi ne pourra la comprendre, la concevoir, l’imaginer, l’intégrer : elle est bien trop minuscule pour cela.
***
Remplacez “montagne” par “dieu”, “fourmis” par “hommes” et vous aurez une petite idée de ce que je pense des religions qu’elles soient (par ordre d’apparition ou à peu près) juive, catholique, protestante, orthodoxe, musulmane, évangéliste, pentecôtiste, …. j’en passe.

Faisons-nous partie des “créatifs culturels” ?

10/02/2011 un commentaire

Une étude américaine menée pendant quinze ans auprès de plus de 100 000 personnes a révélée que près d’un quart des américains vivait dans un système de valeurs et de comportement ouvert à l’écologie, à la solidarité, aux valeurs féminines (C’est quoi, les valeurs féminines ?) et à l’éveil intérieur.

Voir l’article suivant :

http://www.nouvellescles.com/dossiers-thematiques/cultures-du-monde/faites-vous-partie-des-createurs/article/les-creatifs-culturels-emergence-d

Un quart de la population américaine !!! Dans un pays tourné vers les “valeurs” du libéralisme et imprégné de la manipulation publicitaire !
Le problème, c’est que chacun d’eux pensait qu’il était seul à vivre et à penser de cette façon.

Et en France ?
Les créatifs culturels doivent être plus nombreux, certainnement.
Eh bien, non.
Nous ne serions que 17 %.

Voir :

http://www.souffledor.fr/boutique/produits_creatifs-culturels-en-france-les_18_2844.html

Voir aussi ce blog :

http://www.yvesmichel.org/editions/etes-vous-creatif-culturel

P.S.  : Bon, 1/4 de la population américaine “penserait autrement”, mais vivre dans le pays de la liberté d’expression quand on est un “insurgé de la terre” n’est pas sans risque.
Après l’attentat du 11 septembre, la loi anti-terroriste a été étendue à tous ceux qui protestent contre le système.
C’est ainsi que l’on a pu voir dans le documentaire diffusé sur Arte mardi dernier, qu’un militant écologique ayant eu la mauvaise idée de faire brûler un dépôt de voitures (sans faire de victime) a été condamné à 22 ans de prison (!!!).
On a pu voir aussi des policiers frottant les yeux de manifestants avec un coton-tige imbibé de gaz lacrymogène (si ce n’est pas de la torture, ça)

Ma “révolution” du 7 décembre.

07/12/2010 11 commentaires

Les mains dans les poches de mon petit manteau blanc, l’écharpe relevée jusqu’au menton, les joues piquées par le froid, je m’achemine vers le distributeur automatique de billets le plus proche de chez moi.
Talala talala talala la
Talala talala talala
Nul besoin d’un lecteur MP3 pour avoir de la musique dans la tête.
Au fait, d’où vient cette phrase musicale qui se déroule en boucle dans mes pensées ? Ah ! Oui ! C’est du Mozart… la symphonie n° 40.
Talala talala talala la
Talala talala talala
Cet air me donne envie de danser. Je me contente de marcher au rythme de son tempo.
Talala talala talala la
Talala talala talala
Oups ! je dérape sur le trottoire encore glissant malgré la remontée de température, encore trop timide. Allons-y doucement.
Ta la la ta la la ta la la la
Ta la la ta la la ta la la
Tiens, trois personnes sont devant le distributeur… ça alors ! C’est la première fois qu’il y a tant de monde.. est-ce bon signe ou un simple hasard ?
Talala talala talala la
Talala talala talala
C’est la première fois, depuis l’euro, que je vais retirer un montant à trois chiffres.
Talala talala talala la
Talala talala talala
Mon tour arrive.
Un bras vengeur va peut-être sortir de l’appareil pour me prendre à la gorge et une voix métallique me traiter d’irresponsable ?
Non, rien de la sorte. Les billets sortent sans problème. Pouah ! Comme je déteste leur contact. Je les mets vite en vrac dans mon sac.
C’est fait !
Talala talala talala la
Talala talala talala
Sur le chemin du retour, je pense à Eric Cantona. Lui, bien obligé de se rendre à la banque pour retirer son argent doit être suivi par une armada de journalistes. Je ne voudrais pas être à sa place. Pauvre riche !
Moi, je suis libre.
Talala talala talala la
Talala talala talala
Combien de personnes vont faire la même opération que moi ? Peu, je pense.
C’est dommage car il faut profiter de la publicité faite autour de cette “action” pour être nombreux à démontrer notre rejet de ce système de vampire.
Bien sûr que cela ne suffira pas à faire s’écrouler le système. Mais il ne faut laisser passer aucune occasion de s’exprimer.
Pour moi, c’est comme participer à une manifestation. Je lutte des classes, aujourd’hui.
Talala talala talala la
Talala talala talala
Qu’avons-nous pas entendu au sujet de ce 7 décembre !!!
Cette Madame Lubochinski, par exemple, dans l’émission “ce soir ou jamais”, face à Paul Jorion dont elle ne comprenait manifestement pas les propos, brandissant cette menace :
“Vous ne pourrez plus avoir de crédit à la consommation !”
Oh ! Madame ! Comme votre menace me fait peur ! Comme elle va m’empêcher de dormir tranquille !
Comme elle me fait trembler !
Ha Ha Ha !
Talala talala talala la
Talala talala talala
En attendant, je tremble de froid.
Aglagla aglagla aglagla gla
Aglagla aglagla aglagla
Toujours est-il que la suggestion d’Eric Cantonna a eu le mérite de faire prendre à beaucoup conscience de la défiance que nous pouvons avoir envers les banques.
Beaucoup ont appris qu’il existe des banques comme la NEF ou le crédit coopératif.
Beaucoup ont appris que si une banque comme la NEF ne peut pas proposer de compte courant à ses clients, c’est parce que, en France, pas dans les autres pays européens, seuls les banques qui “boursicottent” ont le droit, légalement, de le faire.
Révoltant !
Il faut s’indigner !
J’exprime mon indignation, aujourd’hui.
Talala talala talala la
Talala talala talala
Saurons-nous combien de personnes ont “lutté des classes” aujourd’hui ?
Il y aura, encore une fois, des chiffres complètement divergents.
Qu’importe… j’ai fait ma part de colibri.
Talala talala talala la
Talala talala talala.

pas de lutte finâââle !

07/07/2010 6 commentaires

La lutte ne sera jamais finale, elle est continuelle.
Les z’amis, soyez-en conscients (= lucidité), n’en soyez pas déséspérés (= renoncement).
La désespérance est paralysante, elle fait baisser les bras.
Je la fuis dès que je sens qu’elle est prête à enfoncer ses griffes dans mes épaules, à planter ses crocs dans mon cou.
Alors, je prends un peu de recul mais je ne renonce pas à la lutte.
Quand bien même nous aurions un gouvernement de politiciens sincères, honnêtes Et compétents, il nous faudrait encore lutter.
Ce ne serait pas, alors, contre le gouvernement et contre les lobbies, mais AVEC le gouvernement et contre les lobbies.
Ceux qui parlent de lutte finâââle sont des manipulateurs ou des inconscients.
La lutte est continuelle.

Mais, ne perdez pas espoir.

L’humanité évolue.
Qui, de nos jours, accepterait sans broncher les sacrifices humains comme ceux qui ont été commis jadis (pour apaiser les dieux - maudites religions !) ?

Cependant, il existe de nos jours des kamikazes, même si il s’agit d’une minorité.
La lutte est continuelle.

L’humanité évolue.
L’esclavage a été aboli, même si il était “justifié” dans certains passages de la bible (maudites religions), même si cela risquait de ruiner les économies.
Cependant, ce qu’on appelle l’esclavage moderne existe. Cependant, beaucoup de ces salariés acceptant tout pour garder un emploi ont une mentalité d’esclave (et leurs patrons, une mentalité d’esclavagiste.)
La lutte est continuelle.

La lutte est continuelle et l’humanité évolue… pas aussi vite que nous le voudrions, compte tenu du petit temps que dure une vie d’être humain, c’est tout.

Mais…l’humanité évolue