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Vacances décroissantes

24/08/2010 (Vu 307 fois) Commenter Allez aux commentaires

La période de vacances est un calvaire pour ma simplicité volontaire. Entre les voyages en voiture, les courses au supermarché, la consommation de viande élevée, l’utilisation régulière du téléphone et de l’ordinateur, etc. j’annihile en l’espace de quelques semaines mes efforts de toute une année.

Il faut dire que tenter de mener une vie « décroissante » dans un monde qui nous pousse à faire tout le contraire, ce n’est pas facile. C’est une lutte permanente contre un instinct qui nous pousserait à faire comme tout le monde.

Prenons le fameux progrès et en particulier le téléphone portable. On a beau critiquer tout ce qu’on veut et tout ce qu’on peut cet objet (et j’en fais parti), il est parfois bien utile et on ne peut le nier. Ne pas l’utiliser c’est un conflit permanent contre soi-même et contre les autres surtout.

Tout ça pour dire que le progrès a été utile à un moment donné. Aujourd’hui, où tous les besoins vitaux sont satisfaits, il devient largement superflu. Aussi sans arrêter de critiquer la fuite en avant technoscientifique, ne pourrait-on pas vivre avec le progrès déjà crée ? Ne pourrait-on pas adopter un mode de vie moins radical, où :
- la voiture serait petite, légère, bridée, partagée entre plusieurs familles, utilisée pour le travail ?
- les magasins vendraient uniquement les produits non alimentaires ?
- on ne mangerait de la viande que deux à trois fois par semaine ?
- les avions seraient remplacés par des dirigeables ?
- le téléphone redeviendrait un simple boîtier capable de téléphoner ?
- l’ordinateur serait lui aussi plus petit, moins puissant mais suffisant pour faire le nécessaire ?
- la télé retrouveraient une taille correcte et diffuserait des reportages et des enquêtes intéressantes ?
- on ne serait plus accroc à ces machines qu’on utiliserait beaucoup moins ?

Ou le monde décroissant doit être uniquement celui où la voiture, le supermarché, le téléphone, l’ordinateur, la télé, les voyages auraient disparus, où tout le monde deviendrait végétarien ?

C’est une question que je me pose parce qu’autant je vois très bien comment on peut vivre sans le futur progrès, autant j’ai du mal à voir comment on pourra se passer de celui déjà accompli. Ce n’est pas de la résignation, c’est le constat que le progrès peut aussi avoir son utilité.

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  1. raoul
    25/08/2010 à 16:50 | #1

    Salut Marti!

    “- la voiture serait petite, légère”
    c’est le cas de la mienne
    “bridée”
    euh, pas très puissante en tous cas
    “partagée entre plusieurs familles,”
    là, c’est déjà plus difficile
    “utilisée pour le travail ?”
    presque exclusivement.
    “- les magasins vendraient uniquement les produits non alimentaires ?”
    Et en ville, tu fais comment?
    “on ne mangerait de la viande que deux à trois fois par semaine ?”
    ok, si tu inclus le poisson dans la viande et les oeufs…
    “- les avions seraient remplacés par des dirigeables ?”
    Je ne suis pas certain que cela serait plus économique.
    “- le téléphone redeviendrait un simple boîtier capable de téléphoner ?”
    Parce que ce n’est pas le cas actuellement? ;-)
    “- l’ordinateur serait lui aussi plus petit, moins puissant mais suffisant pour faire le nécessaire ?”
    Je crois que c’est déjà le cas actuellement (notebook)
    “la télé retrouveraient une taille correcte et diffuserait des reportages et des enquêtes intéressantes ?”
    Je crois que la télé on peut carrément s’en passer.
    “- on ne serait plus accroc à ces machines qu’on utiliserait beaucoup moins ?”
    Je me vois mal me passer de : frigo, congélo, platine disque et tuner, perceuse, scie circulaire … certains y arrivent

    Par contre, ce que j’ai radicalement changé c’est ma façon d’acheter et d’utiliser les choses. J’ai un broyeur à végétaux que je partage avec mes voisins. Ma tondeuse est mecanique et lorsque j’ai besoin d’une tondeuse electrique, je l’emprunte. Avec mon voisinage, on échange pas mal d’outillage. Ensuite, mes achats je les fais de préférence sur les vide-greniers et lorsque je n’ai plus besoin d’un outil, il repart sur un vide grenier. Ma prochaine machine à laver (la mienne a 15 ans) ou prochain congélo viendra de chez Emmaus…
    J’ai les mêmes interrogations que toi mais pas beaucoup plus de réponses comme tu peux le constater.

  2. Marti
    25/08/2010 à 19:57 | #2

    Bien le bonsoir raoul!

    “Là, c’est déjà plus difficile”
    Oui mais je pense qu’à un moment, il faudra faire savoir faire des sacrifices.

    “Et en ville, tu fais comment?”
    Avec des magasins de petite taille! ;-)

    “Je ne suis pas certain que cela serait plus économique.”
    Peut-être pas mais sûrement plus écologique en tout cas.

    “Parce que ce n’est pas le cas actuellement? ;-)
    Ce n’est pas l’impression que j’ai. Tant pis je cite une marque, mais tu vois souvent des Nokia 3310 dans la rue toi ? Moi je vois plus souvent des smartphones!

    “Je crois que c’est déjà le cas actuellement (notebook)”
    Certes, mais il y a quand même très peu de gens qui utilisent ce genre d’engin. La mode est plus à l’ordinateur ultra puissant avec un écran 20 pouces.

    “Je crois que la télé on peut carrément s’en passer.”
    Sûrement. Personnellement, j’ai encore la faiblesse de croire que la télé peut être un média intéressant. Peut-être que je me trompe…

    “Je me vois mal me passer de : frigo, congélo, platine disque et tuner, perceuse, scie circulaire … certains y arrivent”
    Qui a parlé de ça ? Moi je parlais de la voiture, de la télé, du portable, de l’ordi…

    Je ne crois pas que quelqu’un ait vraiment de réponses à toutes mes questions, il s’agit surtout d’une conviction personnelle et c’est pour ça que je veux savoir ce que pense chacun d’entre nous!

  3. bakho
    25/08/2010 à 22:48 | #3

    “je vois très bien comment on peut vivre sans le futur progrès, autant j’ai du mal à voir comment on pourra se passer de celui déjà accompli.”

    Tu aurais dit la même chose 60 ans avant, quand la technologie avait déjà largement satisfait les besoins essentiels ! On peut toujours se passer de ce qui n’a pas été inventé quelle que soit l’époque, mais pour moi la course à l’innovation aurait dû s’arrêter autour des années 50 ou même un peu avant. Pas d’internet donc…mais sans doute une vie plus proche de la nature, avec un niveau de confort très convenable.

  4. daniel_57
    26/08/2010 à 07:57 | #4

    Consommer, je vois mal comment on pourrai faire pour ne plus consommer. Par contre faire des produits plus facile a “recycler”, les usa utilisent depuis longtemps des sacs papier pour leurs courses, fabriquer des produits plus facilement “recyclabe”, certains plastique se recycle mieux que d’autres. notre région est rela

  5. erca57
    26/08/2010 à 12:34 | #5

    “On n’arrête pas le progrès” parce qu’il est dans la nature même de l’Homme. Et il est bénéfique en soi (en médecine, par exemple). C’est l’usage qu’on en fait qui est critiquable. Et surtout la course à la nouveauté, au dernier cri, vouloir posséder à tout prix ce qui “vient de sortir” sans se poser la question de son utilité réelle (cf les fournitures scolaires). Là, c’est une question d’éducation et, donc, d’esprit critique. Mais c’est le superflu qui rapporte le plus au “marché” et qui alimente (bien artificiellement) la “croissance”. C’est pourquoi nous sommes submergés de publicité-désinformation qui nous incite à consommer toujours plus et n’importe quoi. Ce n’est donc pas le progrès qu’il faut stopper !

  6. Marti
    26/08/2010 à 21:29 | #6

    @ erca 57 :

    Je suis bien d’accord avec toi. Mais je pense que l’Homme n’est pas capable par lui-même de se limiter dans la course au progrès. Si celui ci était raisonnable et utilisé à des fins utiles, il n’y aurait pas de problèmes. Ce n’est malheureusement pas le cas…

    @ bakho :

    Oui sûrement… Je pensais bien que quelqu’un me ferait cette remarque. Mais voilà, le progrès entre les années 1960 et 2010, il est crée maintenant et j’ai tendance à penser qu’on peut le conserver, sans créer de nouvelles technologies pour autant…

  7. bakho
    27/08/2010 à 01:32 | #7

    Mais si chaque génération a le même raisonnement on est pas près de régler le moindre problème ! Il faut admettre qu’on est allés trop loin c’est tout.

    De toute façon même si l’innovation s’arrêtait maintenant, comme on a dépassé la capacité de charge de la terre dans les années 80, tôt ou tard il faudrait revenir à un mode de vie plus simple, par la force des choses.

  8. Marti
    27/08/2010 à 20:14 | #8

    @ bakho :

    J’ai bien compris ce que tu me dis! Sauf que toutes les générations ne pourront plus réfléchir comme celles d’avant puisque, tu le dis toi même, nous avons dépassé la capacité de la charge de la terre! Mais c’est bien pour ça que j’ai dit que le progrès devait s’arrêter! Seulement je me demandais s’il fallait conserver tout ce qui a déjà été crée…

    Alors oui il faudra revenir à un mode de vie plus simple, mais c’est que j’essayais de proposer dans l’article…

  9. bakho
    28/08/2010 à 22:56 | #9

    On ne pourra pas conserver tout ce qui a été créé, même en version simplifiée, en tout cas pas pour le plus grand nombre. On conservera des connaissances, des expériences, mais côté matériel il faudra de toute façon abandonner pas mal de choses, ce n’est pas une question de choix malheureusement.
    C’est une vision à long terme bien sûr, et une petite voiture, une petite télé et un petit ordinateur peuvent faire office de transition, mais pas de mode vie soutenable, tout ça nécéssite une industrie lourde brûleuse de ressources pour fonctionner.

  10. Marti
    29/08/2010 à 21:24 | #10

    Je ne sais pas. En tout cas, autant que la transition soit la plus douce possible…

  11. Anarchoïde
    31/08/2010 à 19:35 | #11

    J’ai balancé ça, mine de rien, l’autre jour chez Superno, mais personne n’a relevé, croyant sans doute à une vanne.

    J’ai parié avec Anarcoquette qu’avant dix ans nous assisterions au retour des trains et des bateaux à vapeur, des véhicules hippomobiles et du chauffage au charbon, et qu’un de ces quatre, petit à petit, la mode de la CB renaîtrait de la lassitude du téléphone portable et de ses tarifications opaques. J’ai même envisagé un front du boycott du web, avec désabonnements massifs, suite aux abus prévisibles de la “loi” HADOPI.

    Eh bien figure-toi qu’Anarcoquette, qui regarde encore la télé (nous n’habitons pas ensemble pour différentes raisons, et de toute façon, elle ne pourrait pas supporter à plein temps un olibrius de mon acabit!), m’a dit avoir vu un reportage, quelque part, où il était question de ramassage des ordures ménagères, en milieu rural, au moyen d’un véhicule tracté par deux véritables chevaux, et que quelqu’un affirmait dans ce reportage qu’il était projeté d’assurer du transport de personnes par ce moyen.

    Remplacer les avions par des dirigeables, cela me paraît un peu hardi. Mais troquer les omnibus à traction diésel de nos lignes rurales par des trains à vapeur new-look fonctionnant au moyen de pastilles de bois fabriquées à partir de résidus de coupes et de recyclages, relancer une navigation à vapeur sur le même modèle, cela me semble entrer dans le champ des hypothèses pas trop folles. Bien sûr, et comme d’habitude, on peut imaginer que les nouveaux pionniers de ce revival seront les Scandinaves ou les Nord-Américains, et que nos crétins de décideurs franco-français continueront de s’accrocher à leurs antiquités polluantes…

  12. Marti
    01/09/2010 à 18:35 | #12

    Il est possible en effet, Anarchoïde, que le cheval revienne en force dans les transport individuels et j’ai envie de dire, tant mieux! La lenteur, le plaisir d’être conduit par un animal et non par un moteur surpuissant,… Bref.

    Mais même si je parlais des transports dans mon article, il était surtout consacré à la technologie. Et de savoir si elle était viable à long terme.
    Comme le disait bakho, il faudra revenir à un mode de vie d’y à quelques années. Pour ne parler que de la télé : il fut un temps où elle mesurait 50cm de diagonale. Aujourd’hui elle fait 150cm… Tout est dit non ?

  13. Anarchoïde
    02/09/2010 à 16:19 | #13

    @Marti
    Au plus l’écran est large, au plus ce qu’il dffuse est à chier. Tant qu’à faire, je n’ai pas la télé.

    Revenir à un mode de vie d’il y a quelques années… Gaffe, Marti ! Tu tombes à pieds joints dans un piège à jeunes dont je dirais qu’il est aussi vieux que la quête d’absolu. Ce piège consiste à penser que ça se passait mieux avant qu’on soit là. Ben non, Marti. N’importe quel contemporain des années 30, 40, 50, 60 et 70 te dira (moi en premier pour les années 70-80) qu’on n’a jamais si bien vécu qu’à présent. Malgré tout ce qui se passe, eh oui Marti, c’est difficile à concevoir quand on n’était pas là “il y a quelques années”.

    La télé, ce n’est pas le concept en soi qui est bon à jeter, c’est ce qu’on en fait. Les autres technologies, c’est idem. C’est le facteur humain qui est en cause. Là, pas besoin de revenir en arrière, la majorité des bipèdes ont une mentalité contemporaine à l’âge des cavernes. On pourrait militer activement pour la réouverture de lignes ferroviaires secondaires où seraient exploités des prototypes de trains à vapeur new-look, on pourrait fabriquer un bateau à vapeur sur le même modèle dans un projet de transport en commun fluvial, on pourrait se déplacer en char à bancs hippomobile de village en village, on pourrait créer ici ou là des communautés-pilotes où seraient mises en pratique les vertus de la décroissance, et où chacun serait logé décemment tout en ayant suffisamment de quoi vivre pour assouvir ses besoins vitaux et exprimer sa créativité. Mais on ne fait rien de tout cela. On se contente d’en parler. Que ne saute t-on le pas ? Pour quelles raisons se contente t-on de voeux pieux ?

    Hé bien, Marti, pour toutes les bonnes raisons qui font qu’on reste comme des limaces à regarder des salopards nous entuber. Pour les mêmes raisons qui font que chez les gauchistes, la révolution ne s’est jamais faite qu’en réunion. On n’a pas les couilles de s’y mettre parce qu’on craint à mort pour notre petit confort, na!

  14. bakho
    04/09/2010 à 01:34 | #14

    C’est pas un piège à jeunes, c’est juste une manière de mieux gérer la baisse générale de niveau de vie que va engendrer la conjonction de plusieurs problèmes fondamentaux (écologiques, économiques, énergétiques…).

    On peut penser ce qu’on veut du mode de vie actuel à l’occidentale, en tout cas il aura une durée de vie très courte, ça paraît assez évident non ? Alors autant s’habituer le plus tôt possible à s’en passer, dans la mesure du possible.

    Après le fait qu’on ne fasse rien pour que ça change, oui c’est vrai :)

  15. Marti
    05/09/2010 à 21:28 | #15

    On peut comparer la croissance économique avec la croissance d’un Homme. Il se trouve que celle ci est utile à un moment pour que l’enfant acquiert une taille correcte. Cette taille correcte qu’on peut comparer en terme de progrès aux années actuelles selon Anarchoïde, aux années 1980 pour bakho.

    A partir de cette taille, si l’enfant grandit encore et encore, cela lui sera forcément néfaste, voire mortel. C’est ici que nous en sommes. Et c’est pour ça que je disais bakho, qu’il faut conserver le progrès déjà acquis mais qu’en revanche, il est nécessaire qu’il s’arrête maintenant. Que l’enfant garde sa taille mais qu’il ne grandisse plus.

    Typiquement, pour la télévision, je rejoins Anarchoïde. Je pense aussi que ce n’est pas le concept en soi qui est néfaste, c’est le contenu. Maintenant au niveau technologique (et donc au niveau matières premières et recyclage), je ne sais pas si la Terre sera capable de supporter toutes ces télévisions…

    Dans l’hypothèse d’une réponse négative, et même si nous n’avons jamais aussi bien vécu Anarchoïde, nous devrons bien nous séparer de notre petit confort!

  16. Anarchoïde
    07/09/2010 à 19:16 | #16

    @bakho

    Oui, je pensais surtout à ce que permettent la science et la technologie en matière de traitement de certaines maladies jadis mortelles. Je pense aux techniques de greffes, au traitement des AVC, je pense aux neurosciences, à l’accès facilité à la culture, aussi. Moins aux gadgets, même si certains nous facilitent sacrément la vie. Et là je vous rejoins tous deux, Backho et Marti, en me souvenant de ce que répétait un copain paysan : personne n’étant plus fichu de travailler la terre, que se passerait-il si nous manquions durablement de vivres ? Comment nous organiserions-nous ?

    Là, c’est sur que les télés HD tridimensionnelles ne nous seraient pas d’un grand secours. Quant à leur recyclage, il n’y a qu’à fréquenter une déchetterie pour voir ce qu’il en est.

    Après, si personne ne fait rien pour que les choses changent, c’est peut-être qu’on ne sait pas par quel bout l’entreprendre, ce changement, mais aussi parce que la marge de manoeuvre est réduite : je fais comment pour cultiver mes pommes de terres si je n’ai pas d’argent pour me payer un lopin de terre ? Je fais comment pour me chauffer au bois si je n’ai accès, de par les moyens dont je dispose, qu’à des apparts équipés de convecteurs électriques ? Je fais comment pour me déplacer en transports en commun, si là où je vis il n’y a pas de voie ferrée, si là où je vis il n’y a qu’un bus par jour ?

    Les multiples problèmes que pose cette nécessité de changement de notre mode de vie se posent aussi bien en milieu urbain que rural. L’organisation de la société, telle qu’elle est actuellement conçue, ne s’y prête pas du tout. Et je vois mal se dessiner une réforme radicale du droit à la propriété foncière qui ferait des terres cultivables un enjeu d’intérêt public… dans un pays où tout un chacun considère comme l’idéal ultime de posséder sa petite bouse en parpaings isolée du voisin par une putain de haie de troènes !

  17. Anarchoïde
    07/09/2010 à 19:33 | #17

    @Marti

    Tu dis : “…même si nous n’avons jamais aussi bien vécu Anarchoïde, nous devrons bien nous séparer de notre petit confort!”

    D’accord avec toi. Idem avec ce qui précède. Trop de croissance mène à l’excroissance, et je crois que sur ce plan-là, nous en sommes à l’éléphantiasis.
    Bon, mais en admettant qu’on arrive à maîtriser ce processus, comment convaincre les copains de nous imiter ?

    Les gadgets (j’y reviens) sont à mon sens des palliatifs à l’ennui mortel que génère cette société de surabondance. Leur côté le plus pervers est qu’à trop nous faciliter les choses, ils nous ont éloignés de l’essentiel : par exemple savoir s’y prendre pour cultiver des pommes de terre.

    Alors bon, on apprend à se séparer du portable, des ordis, du Ouèbe, on vire sa bagnole et on réapprend à communiquer normalement entre bipèdes. Mais comment s’y mettre, dès lors que tu ne peux pas obtenir de boulot sans bagnole ni portable ni connexion Ouèbe, et que si tu veux habiter quelque part, il faut tout de même trouver de quoi payer un loyer. Et quand bien même on réussirait une réforme drastique du droit à la propriété foncière qui garantirait un logement gratuit et un lopin de terre à tout le monde (je suis assez fou pour être pour, je hais les proprios qui sont de la même engeance que les patrons : des négriers), tu ne pourrais rien faire pour que certains préfèrent habiter certains quartiers plutôt que d’autres, si tu me suis bien… On se heurte à la fois au facteur humain et à ce qui compose la base même de cette foutue société : le travail et la propriété privée, modalité post-moderne de la notion de territoire héritée des sociétés tribales. De ces deux notions de base est née la lutte des classes. On fonctionne là-dessus depuis la fin du néolithique. Comment changer ce qui est si profondément enraciné dans la culture occidentale ?

    C’est ce qui me porte à croire, hélas ! qu’aucun progrès tangible, dans le sens d’une décroissance, ne s’opèrera avant au moins cinq cents ans.

  18. Marti
    07/09/2010 à 21:37 | #18

    @Anarchoïde

    “Bon, mais en admettant qu’on arrive à maîtriser ce processus, comment convaincre les copains de nous imiter”

    Je ne sais pas de quels copains tu parles mais si c’est tes copains proches, il faut continuer notre action de sensibilisation. Si les copains ce sont les pays du tiers monde, pour reprendre ma métaphore de l’enfant, il n’est pas question d’interdire leur croissance, simplement de la maitriser pour qu’elle ne devienne pas dangereuse (Après il faut s’accorder pour savoir jusqu’où on va ? Pour revenir à la télé, serait-ce viable si l’Afrique entière se munissait de télévisions ?…)

    Pour tout le reste, j’approuve tout ce que tu dis. Simplement même s’il est possible que nous ne voyons pas l’aube de la décroissance, nous devons lutter toujours et encore pour garder notre idéal dans l’espoir qu’un jour il se réalise! (Ce qui viendra peut-être plus tôt que prévu si la crise écologique s’en mêle…)

  19. Anarchoïde
    08/09/2010 à 08:11 | #19

    Non, les copains c’est le reste de l’Europe, l’Asie, l’Inde, les US, la CEI, les pays industrialisés. Et comment entends-tu maîtriser la croissance des pays émergents ?
    Question télé, je ne pense pas que l’Afrique ne l’ait pas encore découverte. Renseigne-toi Marti, elle est là-bas omniprésente. Par ailleurs, certains pays africains que l’on jugerait ici sous-développés, tel le Rwanda, sont très bien équipés en Wimax….

  20. bakho
    08/09/2010 à 08:52 | #20

    Anarchoïde :
    @bakho
    Oui, je pensais surtout à ce que permettent la science et la technologie en matière de traitement de certaines maladies jadis mortelles. Je pense aux techniques de greffes, au traitement des AVC, je pense aux neurosciences, à l’accès facilité à la culture, aussi. !

    Oui il y a heureusement beaucoup de progrès utiles pour les gens, même si encore une fois, une grande partie ne tiendrait pas sans le soutient de l’énorme machine industrielle qu’est notre société (“l’énergie grise”, celle qu’on ne voit pas).

    Sinon pour le changement c’est bien vrai, comme disait Fabrice Nicolino sur son blog, les gens normaux, ceux qui sont le mieux intégrés à la société, ce ne sont pas les écolos.
    Mais c’est impossible de changer quoi que ce soit dans sa vie si on s’imagine que le futur ne sera que le prolongement du 20ème siècle pendant des milliers d’années. D’où l’importance de la sensibilisation de son entourage comme dit Marti, au risque de se taper la honte si on a été trop pessimiste, mais il vaut mieux ça que le contraire. Et puis il s’agit de sauver les meubles seulement ! 500 ça paraît assez réaliste pour la simplicité volontaire, mais la décroissance subie on la connaîtra de notre vivant, je pense.

  21. Marti
    11/09/2010 à 21:51 | #21

    @Anarchoïde

    Comment la maitriser ? Je ne sais pas. Je sais juste que ce sera nécessaire à un moment donné.

    Eh bien justement, l’Afrique est peut-être déjà très bien équipé en matériel électronique mais justement c’est à se demander si ce sera viable longtemps…

  22. Marti
    14/09/2010 à 14:06 | #22

    Tu vois, Anarchoïde, rien que pour créer nos matériels électroniques, nous avons besoin de matières premières et la plupart du temps, celle ci se trouvent en Afrique ou en Amérique du Sud.

    Et tu connais les conséquences de notre volonté sans faille pour avoir accès à ces ressources : destruction des forêts et des peuples, esclavagisme moderne, raréfaction des ressources, pollution de l’eau…

    C’est de cela que je parlais lorsque je me demandais si ce serais viable longtemps…

  23. Tassin
    22/09/2010 à 15:15 | #23

    @ Marti :

    “les voyages auraient disparus”

    Pourquoi les voyages devraient disparaitre? C’est génial de voyager! Ça procure une ouverture d’esprit incroyable. Ce qui est “nocif” aux populations et à l’environnement c’est la consommation de produits touristiques du type “Un A/R pour un hôtel all-inclusive en République Dominicaine bien isolé de la population locale”.

    Rien ne t’empêche de découvrir l’Europe ou même le monde en stop, train, bus, vélo… et de t’adonner au CouchSurfing au lieu d’aller à l’hôtel!

    http://www.couchsurfing.org/

  24. Marti
    24/09/2010 à 13:48 | #24

    Non alors Tassin tu as mal lu! Je demandais justement si les voyages devaient disparaître pour que le monde soit décroissant. Mais derrière cette question, mon avis était le même que le tien! Les voyages sont très intéressants!

    Mais le problème dans le voyage c’est l’écologie… Et pas seulement à cause de l’achat de produits touristiques. Surtout à cause de l’avion! Et c’est pour cette raison que je parlais du dirigeable même si je ne sais pas si c’est réellement possible. D’autre part, je te rejoins sur le voyage tel que tu le conçois, à la manière de Rousseau :

    “Je ne conçois qu’une manière de voyager plus agréable que d’aller à cheval, c’est d’aller à pied. On part à son moment, on s’arrête à sa volonté, on fait tant et si peu d’exercice qu’on veut. On observe tout le pays: on se détourne à droite, à gauche: on examine tout ce qui nous flatte, on s’arrête à tous les points de vue. Aperçois-je une rivière, je la côtoie:; un bois touffu, je vais sous son ombre; une grotte, je la visite; une carrière, j’examine les minéraux. Partout où je me plais, j’y reste. A l’instant que je m’ennuie, je m’en vais. Je ne dépends ni des chevaux ni du postillon. Je n’ai pas besoin de choisir des chemins tout faits, des routes commodes; je passe partout où un homme peut passer; je vois tout ce qu’un homme peut voir; et, ne dépendant que de moi-même, je jouis de toute la liberté dont un homme peut jouir.

    Combien de plaisirs différents on rassemble par cette agréable manière de voyager! sans compter la santé qui s’affermit, l’humeur qui s’égaye. J’ai toujours vu ceux qui voyageaient dans de bonnes voitures bien douces, rêveurs, tristes, grondants ou souffrants; et les piétons toujours gais, légers, et contents de tout. Combien le coeur rit quand on approche du gîte! Combien un repas grossier paraît savoureux! avec quel plaisir on se repose à table! Quel bon sommeil on fait dans un mauvais lit! Quand on ne veut qu’arriver, on peut courir en chaise de poste; mais quand on veut voyager, il faut aller à pied.”

    Tout est dit.