Vacances décroissantes
La période de vacances est un calvaire pour ma simplicité volontaire. Entre les voyages en voiture, les courses au supermarché, la consommation de viande élevée, l’utilisation régulière du téléphone et de l’ordinateur, etc. j’annihile en l’espace de quelques semaines mes efforts de toute une année.
Il faut dire que tenter de mener une vie « décroissante » dans un monde qui nous pousse à faire tout le contraire, ce n’est pas facile. C’est une lutte permanente contre un instinct qui nous pousserait à faire comme tout le monde.
Prenons le fameux progrès et en particulier le téléphone portable. On a beau critiquer tout ce qu’on veut et tout ce qu’on peut cet objet (et j’en fais parti), il est parfois bien utile et on ne peut le nier. Ne pas l’utiliser c’est un conflit permanent contre soi-même et contre les autres surtout.
Tout ça pour dire que le progrès a été utile à un moment donné. Aujourd’hui, où tous les besoins vitaux sont satisfaits, il devient largement superflu. Aussi sans arrêter de critiquer la fuite en avant technoscientifique, ne pourrait-on pas vivre avec le progrès déjà crée ? Ne pourrait-on pas adopter un mode de vie moins radical, où :
- la voiture serait petite, légère, bridée, partagée entre plusieurs familles, utilisée pour le travail ?
- les magasins vendraient uniquement les produits non alimentaires ?
- on ne mangerait de la viande que deux à trois fois par semaine ?
- les avions seraient remplacés par des dirigeables ?
- le téléphone redeviendrait un simple boîtier capable de téléphoner ?
- l’ordinateur serait lui aussi plus petit, moins puissant mais suffisant pour faire le nécessaire ?
- la télé retrouveraient une taille correcte et diffuserait des reportages et des enquêtes intéressantes ?
- on ne serait plus accroc à ces machines qu’on utiliserait beaucoup moins ?
Ou le monde décroissant doit être uniquement celui où la voiture, le supermarché, le téléphone, l’ordinateur, la télé, les voyages auraient disparus, où tout le monde deviendrait végétarien ?
C’est une question que je me pose parce qu’autant je vois très bien comment on peut vivre sans le futur progrès, autant j’ai du mal à voir comment on pourra se passer de celui déjà accompli. Ce n’est pas de la résignation, c’est le constat que le progrès peut aussi avoir son utilité.
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