Sauver les hôpitaux avant qu’il ne soit trop tard…
Le système de santé « à la française » a souvent été et est encore une source de fierté vis-à-vis d’autres grandes nations telles que les Etats-Unis. Les deux principaux éléments de ce système sont la sécurité sociale et le service hospitalier et plus particulièrement l’AP-HP, vitrine des hôpitaux en France.
Un peu d’histoire : l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris a été crée à l’origine en 1849 puis rattachée aux hôpitaux publics en 1961.
La sécurité sociale a, elle, été créée en 1945 suite au programme du Conseil National de la Résistance (dont on devrait s’inspirer un peu plus souvent…) dont je tire cet extrait : « un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ».
Évidemment, les hôpitaux font partie des services publics. Mais le capitalisme et son plus fidèle lieutenant Nicolas Sarkozy en ont décidé autrement et ont considéré que tout devait être rentable et en particulier les services publics. C’est tellement logique… Et dans cette optique là, un grand plan de réforme de l’hôpital public est mis en place. Le but est de diminuer les dépenses de fonctionnement pour retourner à un équilibre. C’est ainsi que 3500 postes vont être supprimés et 37 établissements réunis en 12 d’ici 2012.
Il ne faut pas sortir de St Cyr pour comprendre qu’il s’agit avant tout de détruire progressivement le service public de l’hôpital même si on nous fait passer la pilule en disant qu’il s’agit d’une réforme pour « moderniser le service hospitalier » (sic).
Le directeur de l’AP-HP, Benoît Leclercq, est évidemment à la fois victime mais surtout complice de ce projet. Son argument premier : le nombre d’établissements par habitants est le plus élevé en France, d’où la ‘nécessité’ d’en supprimer. Il précise que rénover les bâtiments coûterait trop cher et surtout que « la médecine moderne ne se fait pas avec des hôpitaux éparpillés ». Ben bien sûr ! Et pourquoi pas un seul et unique hôpital sur Paris aussi hein ? Tout de suite après, il précise qu’il n’y aura pas de baisse de la qualité de soins grâce à « une meilleure organisation », dans l’unique but de rassurer la populasse… Il valide son choix en disant que les services qu’ils regroupent avaient un taux d’occupation de 60 à 90%. Mais qu’est ce qu’on en a à foutre ? La rentabilité c’est l’ennemi du soin !!!
Idem pour les maternités. Le directeur explique qu’il va en supprimer mais qu’il y aura plus d’accouchement dans les nouvelles structures. Mais le problème n’est pas là. Le gros danger, c’est la suppression des hôpitaux de proximité et l’obligation pour les patients de faire des kilomètres pour se retrouver dans des structures énormes où tous les services seront regroupés et où l’humanité aura disparue, remplacée par un management d’entreprise. Le patient va devenir client.
Un exemple : lors d’une hémorragie crânienne, le blessé doit subir une thrombolyse dans les quatre heures qui suivent. Alors dans l’île de France, ça devrait aller mais imaginez vous en province : avec le regroupement des hôpitaux, rien n’assures d’arriver à l’heure ! D’autant plus que les services spécialisés ne se trouvent pas dans toutes les structures…
Parce que le directeur de l’AP-HP oublie de le préciser, mais le regroupement va entraîner la diminution du personnel et ça quoiqu’ils en disent, la qualité de soins en sera diminuée ! (C’est quand même assez incroyable de privilégier l’argent à la vie des patients… mais bon, je dois être trop idéaliste).
Enfin je finirais par quelques citations d’Albert Bensman, professeur à l’hôpital Armand-Trousseau :
- « J’ai dit au président de la République que ces enfants n’avaient pas à souffrir de la double peine, leur pathologie et la souffrance accrue par manque de soins appropriés. Quand une infirmière est seule pour dix enfants la nuit, elle met obligatoirement plus de temps pour lui venir en aide… » ;
- « On craint que l’hôpital public ne soit bradé, comme cela a pu être fait en Angleterre à une époque, sous Margaret Thatcher, au profit des cliniques. » ;
- « On nous envoie des bureaucrates qui n’ont jamais mis les pieds dans un service hospitalier et qui décrètent ce que nous devons faire sans aucune logique médicale » ;
- Et enfin : « Bien sûr qu’il faut moderniser, mais pas en cassant tout… »
Sans compter que tout ce que je viens de dire ici, ça marche pour la province et pour tous les services publics alors REVEILLEZ VOUS !!
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