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Restavec

14/01/2010 16 commentaires

12 janvier 2010 - Port-au-Prince - Haïti - terrible séisme.

“Restavec”, c’est ainsi qu’on nomme les enfants-esclaves, en Haïti. (essentiellement les garçons, les petites filles, elles, sont nommées “làpourça”… tout un programme…)

Monsieur Jean-Robert Cadet est un ancien restavec sorti de cet enfer par tout un concours de cirsconstances.
Il le raconte dans son livre autobiographique “Restavec” (malheureusement épuisé dans sa version française.)

Monsieur Cadet a fait maintenant de sa vie une lutte contre ce fléau que représente l’eslcavage des enfants.

Son parcours est absolument hors norme.

Son enfance aurait pu le rendre aigri, violent ; Il est ce que j’appelle un “vrai être humain”.

D’une intelligence bien au-dessus de la moyenne et d’une capacité d’adaption extraordinaire, il a débarqué aux USA vers l’âge de 14 ans.
Il ne connaît pas sa date de naissance.
Vous imaginez-vous ce que cela représente ? Il ne sait pas son âge exact. Sur ses papiers, il est inscrit qu’il est né le 15 février 1955.. c’est une simple appréciation du fonctionnaire qui lui a fait des faux-papiers avant qu’il ne parte de Haïti.
Il a d’abord fait des tas de petits boulots, tout en allant au lycée, lui qui savait à peine lire et écrire.

Il s’est engagé dans l’armée après avoir vu une affiche représentant un char.
Il a eu envie de conduire ce char, tout simplement.
Apèrs quelques années passées sous l’uniforme, il est allé à l’université.
Il a ensuite trouvé un poste d’adjoint au directeur commercial d’une entreprise.
Puis, une série de hasards, encore, l’a conduit à se retrouver professeur de français dans un collège.

Il ne faut pas croire, cependant, que tout a été facile. Les traumatismes subis dans son enfance l’ont poursuivi longtemps et le poursuivent encore.

Des années pour ne plus souffrir d’incontinence nocturne.
Des années pour réussir à manger à table, en compagnie d’autres personnes.
Des années pour ne pas s’enfuir quand il se trouve au sein d’un groupe de personnes parlant de choses et d’autres.

Encore maintenant, il lui arrive de se retrouver au fond de la piscine, selon sa propre expression.

Comment je sais tout ça ?
Parce que Jean est mon frère de coeur depuis plus de 5 ans.

Après avoir lu son livre, j’étais tellement bouleversée que je lui ai écrit par l’intermédiaire de la maison d’édition.
Quelques semainbes plus tard, je recevais une réponse de lui ; il indiquait son adresse mail et notre correspondance a commencé.
Quelques mois plus tard, invité à Paris pour y faire une conférence, il est venu me voir et a passé quelques jours chez moi.
Il m’a fait l’honneur et le plaisir d’accepter d’être mon frère.
Depuis, je l’ai revu (trop rarement) et mon admiration affective pour lui s’est considérablement accrue.
Dans son dernier message, il me disait qu’il allait se rendre à Port-au-Prince dans la première quinzaine de janvier.

12 janvier 2010 - Port-au-Prince - Haïti - terrible séisme.
Je n’ai pas de nouvelles.
J’attends.

La politique est-elle indispensable ?

11/01/2010 12 commentaires

Pourquoi cette question me direz vous ? Elle me trotte dans la tête depuis pas mal de temps et resurgit actuellement en ces périodes de grand froid. Je m’explique. Par les temps qui courent, les injustices sociales ne manquent pas. Toute l’année, des personnes vivant sous le seuil de pauvreté et/ou au chômage ne peuvent pas avoir de toit ou même simplement de la nourriture (je borne mon débat aux frontières de la France). Et en hiver, où la température descend largement sous le O°C la nuit, ces sans-abri décèdent les uns après les autres (faisant au passage plus de morts que la grippe A comme le soulignait SuperNo : http://www.superno.com/blog/2009/12/sdf-contre-grippe-a-choisis-ton-camp-camarade/).

Pendant ces périodes, les associations caritatives sont donc obligées de se mettre en quatre pour lutter contre ces inégalités. Que ce soit le Samu social, le secours catholique, la Croix-Rouge (j’exclus la partie secourisme de la Croix-Rouge de ce débat), les restos du cœur, Emmaüs, l’armée du salut et bien d’autres, d’aucuns tentent à leur manière d’aider ces gens démunis en leurs donnant des repas chauds ou en tentant de leurs fournir un abri temporaire. Evidemment, ces actions sont très utiles, et ont au moins deux gros avantages : elles rendent la dignité aux personnes concernées ne serait-ce que quelques instants mais surtout elles permettent de leurs sauver la vie.

Je pense aussi que s’investir dans ces missions est une forme de résistance contre un système qui augmente de jours en jours les injustices et les inégalités. A ce propos, il est assez bizarre et même grave de voir que des gens très investis dans la lutte contre la misère vont ensuite aller voter totalement contre leurs idées en choisissant un candidat qui favorise les riches : cela relance le débat sur la « culture politique » des citoyens. Bref.

Cependant, toutes ces activités sociales, aussi utiles et bienveillantes soient-elles, cherchent avant tout à résoudre les conséquences de la misère plutôt que les causes.

Et sans tenter de résoudre les causes, le nombre de miséreux ne diminuera pas. Au mieux, il restera stable ; au pire, il augmentera… Et dans ce cas là, les associations existeront malheureusement éternellement (exemple : les restos du cœur qui devaient exister qu’une seule année et qui 25 années plus tard est toujours là…). Alors que finalement le but ultime serait qu’elles ne soient plus nécessaires… Le bénévolat ne peut pas être à mon avis, une solution à part entière, il est nécessaire de la compléter.

La misère a des origines multiples mais je pense que la cause principale, c’est le capitalisme. Oui parce que, cette idéologie, comme son nom l’indique, s’intéresse avant tout au capital et favorise les plus riches. Or, plus il y a de riches, plus il y a de pauvres, c’est assez logique, puisque si une petite partie de la population détient la majeure partie des ressources, le reste de la planète devra vivre avec le minimum. J’aime bien l’image qui résume bien ce que j’essaye de dire dans le dossier « un programme de sortie de crise » dans « la décroissance » de Décembre 2009.

Et si on veut résoudre le problème du capitalisme, je crois qu’on ne peut passer que par la politique. A mon avis, il y a deux manières d’entrer en politique :

-         la première c’est de rentrer dans le système en passant par les élections. Le problème, c’est que si l’on veut vraiment changer les choses, seul le poste de président est efficace puisque que ce soit maire, président de région, député,… le rayonnement n’est pas assez grand pour faire fléchir les plus grandes multinationales…

-         la deuxième, c’est la désobéissance  civile : effectuer des actions concrètes contre les lois de l’Etat. Mais quelles mesures à prendre, et comment faire ? Telle est la question…

Alors, même si les associations ont le mérite d’exister, elles ne sont pas la panacée. Une action capable de résoudre les causes de la misère est obligatoire. Mais existe-t-il d’autres solutions que la politique pour supprimer les inégalités sociales ?

11/01/2010 9 commentaires

Comment faire tomber très simplement le capitalisme financier  !

De nombreux intervenants sur le blog de SuperNo, et le tenancier lui-même, sont arrivés à la conclusion évidente qu’il fallait abattre au plus vite le capitalisme financier, mais tous se désespèrent de l’inertie de leurs compatriotes et estiment qu’il s’agit malheureusement d’un rêve inaccessible, analogue au fameux « grand soir ».

Or en réalité les banques sont des colosses aux pieds d’argile et il existe un moyen très simple d’abattre leur système pernicieux : il s’appelle le « bank run » !

De quoi s’agit-il ? Historiquement les banques ont calculé que statistiquement l’ensemble des déposants ne retiraient en argent liquide que moins de 10 % des sommes déposées. Par conséquent elles ne possèdent en dépôt d’espèces sonnantes et trébuchantes que 8 à 10 % des montants des dépôts de leurs clients sur les comptent à vue. Aux Etats-Unis on descend même à 2 % sur les comptes « sweep » rénumérés !

Rappelons quelques notions bancaires simples :
- le billet de banque a cours légal. De par la loi, nul ne peut le refuser, c’est ce qui lui donne sa force. C’est un contrat juridique « au porteur » qui peut être transmis librement. C’est une promesse qu’on reçoit en échange d’un bien ou d’un service (son salaire par exemple) et qu’on pourra plus tard utiliser pour consommer un bien ou un service. Sauf que cette promesse se dévalue du fait de l’inflation. C’est une promesse en partie mensongère.
- le relevé est une promesse bancaire de remettre « à vue » la promesse mensongère précédente. Du fait du coefficient de réserve factionnaire, on peut dire que cette promesse bancaire est elle aussi mensongère et, en plus, intenable.
- le chèque, qui n’a pas cours légal et que chacun peut refuser (sauf exceptions prévues par la loi, seuil des 3 000 €, salaire) est un moyen de transmettre la promesse bancaire mensongère et intenable à autrui. Mais c’est gratuit.
- la carte bancaire est aussi un moyen de refiler la patate chaude à un tiers. Mais c’est payant annuellement, ça trace où et quand a eu lieu la transaction et même en quoi elle consistait.

Vous comprenez tout de suite que si plus de 10 % des déposants, c’est-à-dire vous et moi, décident de retirer dans un bref laps de temps – disons quelques jours – la totalité de ses avoirs en argent liquide, très rapidement le système bancaire ne pourra faire face, engendrant rapidement des phénomènes de panique qui amplifieront encore le phénomène ! C’est cela qu’on appelle le « bank run » ou ruée bancaire, véritable cauchemar des banquiers et leur principal talon d’Achille (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Panique_bancaire).

C’est accessoirement une des raisons pour lesquelles elles encouragent l’utilisation des chèques et surtout des cartes de crédit, leur but à terme étant d’éliminer totalement les espèces et cet important risque qui leur est lié.

Si  cette « course » des épargnants concerne une grande proportion de banques et que la Banque Centrale ne parvient pas à fournir des liquidités assez rapidement aux banques privées, le phénomène va provoquer inévitablement l’effondrement du système !

CQFD. Vous savez maintenant ce qui vous reste à faire pour détruire ce système que vous haïssez tant …

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