Une question qui est une question
Lundi matin, sur France Inter, le porte-parole du Parti “Socialiste”. Aurait pu être intéressant. Juste énervant !
Mais qu’est-ce que c’est, coproclaque, que cette façon de parler qui consiste à répéter que ce qui est est ? On entend ça partout, sur les autres radios aussi, et pas seulement chez les politicards, chez les journaleux aussi.
Toujours est-il que Benoît Hamon est un spécialiste du genre. Je me suis imposé de réécouter l’émission, usque ad finem, sur le site de France Inter et j’ai essayé de retranscrire ses propos. J’en ai sûrement raté, mais en voici une belle brochette :
on voit que des pays qui sont des pays émergents
ils ont des technologies qui sont des technologies à peu près équivalentes..
Sud-Coréens qui ont remporté un marché qui était un marché important
exposé à une concurrence qui est une concurrence assez féroce
tant que nous aurons un euro qui est un euro sur-évalué
je crois que c’est une leçon qui est une leçon importante
transfère des technologies vers des pays qui sont des pays qui seront demain des
(Ici on notera le quiqui.)
nous défendrons un cap politique qui est un cap politique clair
qu’on ait un dossier qui soit un dossier, pour Julien Dray, qui lève le doute
Au passage, Éric Delvaux nous fait cadeau ici d’un magnifique
soutien a minima
pour montrer qu’il bien appris ses leçons de mimétisme et qu’il n’est pas moins c…ultivé qu’un autre.
des dérapages qui sont des dérapages assez redoutables
une situation qui est une situation dans laquelle les salariés
(Variante du quiqui : la quiquelle.)
un système qui doit être un système fondé
il a choisi un thème qui est son thème de prédilection
un nouveau ministère qui est le ministère
on a une politique qui est une politique de chiffre
des quotas qui sont des quotas de travailleurs clandestins
on a une politique qui est une politique de stigmatisation
cette politique-là est une politique qui est redoutable
il y a des comparaisons qui sont des comparaisons liées au climat
on prend une question qui est une question importante
à nouveau on ait une politique qui est une politique
ce sujet-là est bien un sujet d’identification
à des fins qui sont des fins électorales
sur une question qui est une question importante
on aura une taxe qui va être une taxe qui va peser
(Encore un beau quiqui !)
avoir une production qui soit une production vertueuse
à des règles qui soient des règles environnementales fortes
nécessité d’avoir une politique qui est une poiltique beaucoup plus exigeante
des compétitions qui sont des compétitions féroces
un différend qui est un différend local
On perçoit une fréquence qui est une fréquence élevée qui est celle du verbe être qui est un verbe pauvre dans ce sens qu’il n’a guère de valeur sémantique. La conclusion générale est que si on n’a rien à dire il faut fermer sa gueule et que si on a quelque chose à dire, il vaut mieux envoyer quelqu’un qui sache le dire.
Pour finir, la question qui est la question du titre : quelqu’un pourrait-il proposer un nom qui serait le nom de cette manie, ou figure de rhétorique, ou figure de style, ou tournure de phrase, qui n’est pas vraiment de la tautologie, ni de la redondance, mais vraiment sui generis.
Il faudrait que ce mot soit un mot qui soit lui-même à l’image de la tournure qui est la tournure qui nous occupe : répétition et redondance et creux en même temps, avec des racines grecques ou latines pour faire chic.
C’est vraiment une question qui est une question sérieuse (anadiplose).
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