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Archives pour 05/2009

Le gentil p’tit lapin

Voilà une histoire que j’ai lu ce soir (à un de mes héritiers), et qui déclenche systématiquement chez moi des sentiments mitigés.

D’abord, elle est de Michaël Escoffier, aux éditions Kaleidoscope, et n’existe pas vraiment sans les illustrations d’Eléonore Thuillier. Le texte est assez court, et je ne résiste pas à l’envie de vous le citer in extenso (je suppose que ce n’est pas tout-à-fait légal, enfin pour un texte si court peut-être que ça constitue juste une citation… le taulier sévira s’il y a un doute) :

Un gentil p’tit lapin se promène dans la forêt.

“Oh, la jolie carotte !” Le lapin mords dedans à pleines dents.

“Pouêt !” fait la carotte. “Crotte !” fait le lapin. “Sniark ! Sniark !” fait le loup qui se frotte les mains.

Le grand méchant loup emmène le gentil p’tit lapin dans son usine.

“Il faut travailler ! lui dit-il. Ceux qui ne travaillent pas finissent en pâté ou en civet !”

L’usine est remplie de lapins qui travaillent pour trois fois rien. Ils fabriquent des pièges à lapins que le loup vend à tous les loups du coin pour qu’ils puissent attraper plein de lapins.

“C’est pas juste !” dit le gentil p’tit lapin.

“C’est la vie, c’est comme ça. Tu n’as pas le choix” [lui répondent les autres lapins]

Alors, le gentil p’tit lapin commence à travailler. Il travaille toute la journée. Le soir, il est tellement fatigué qu’il file tout droit se coucher.

Mais dans ses rêves, il ne cesse de repenser à sa jolie forêt, à l’odeur de la terre, au parfum des bruyères..

Une nuit, il réunit ses camarades lapins et leur dévoile son plan. “Nous ne pouvons pas t’aider, répondent-ils. Le loup est trop méchant. Si nous fuyons, il va tous nous croquer.” Heureusement, le gentil p’tit lapin a tout prévu.

Le lendemain matin, il refuse de travailler. Il reste à son poste, assis sans bouger. Le loup fait les gros yeux. “Au travail, fainéant ! ou tu me croqueras sous la dent.” Mais le gentil p’tit lapin ne répond pas.

Le gran méchant loup se jette sur lui et le mords à belles dents.

“Pouêt !” fait le lapin. “Crotte !” fait le loup. “Youpi !” font les lapins qui se frottent les mains.

Depuis ce jour, les lapins continuent à travailler… mais ils travaillent pour eux-mêmes. Ils fabriquent des pièges à loups, qu’ils vendent à tous les lapins du coin pour qu’ils puissent attraper plein de loups.

Et ça marche plutôt bien !

Bref, j’ai d’abord acheté le livre parce qu’il m’a fait rire. Ensuite, j’ai ressenti un certain malaise face à la véritable propagande marxiste qu’il m’a paru constituer. Et puis, finalement, je me suis dit que oui, c’était de la propagande marxiste sur la réappropriation des moyens de production, mais qu’après tout la propagande capitaliste est tellement omniprésente dans les contenus destinés aux enfants (Disney (R) , pokémon (R), même Shrek avec SON marais) qu’un peu d’initiation politique différente, ça fait du bien… parfois.

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Hadopi pour les Nuls

Hadopi for the dummies

Dernièrement, on a tout entendu au sujet de la loi Hadopi, mais finalement personne n’a fait un bilan clair des avantages et des limites de la loi Hadopi. En effet, je n’ai entendu personne parler des avantages juridiques que la loi entrainent assez clairement. Alors dans ce petit texte je vais essayer de le faire de façon simple sans pour autant je l’espère déchainer encore une fois les passions. La loi Hadopi aurait donc des effets positifs juridiquement parlant? Dans un premier temps je vais tenter de le démontrer. A l’heure actuelle, il faut savoir qu’un internaute qui télécharge illégalement sa musique encourt une peine de 3ans d’emprisonnement et de 300 000€ d’amende. Un peu dur non? Néanmoins cette peine doit s’appliquer après la procédure pénale normale c’est à dire que le téléchargement illégal relevant d’un délit, l’auteur de ce délit doit passer devant le tribunal correctionnel pour y être juger et ainsi que soit pris en compte la personnalité de l’auteur du délit.

Ce que propose Hadopi c’est de changer cette sanction pénale en sanction administrative qui peut au premier abord sembler plus douce. En effet, au lieu de 3 ans d’emprisonnement et de 300 000€ d’amende vous ne risquez « plus que » la suspension de votre internet pour une durée maximum d’un an et de malgré tout continuer à payer celui ci. Tout à l’heure, j’ai parler de sanction en apparence plus douce, car elle ne l’est en effet pas totalement. Le gouvernement met en place alors une sanction administrative qui ne prendra alors plus en compte la personnalité de l’auteur de l’infraction, ainsi la sanction ne sera plus personnalisée mais deviendra automatique. Cela devient alors une systématisation de la peine. D’ailleurs la méthode de répression devient alors simplifié et peu dorénavant toucher plus de monde ( voir les chiffres avancés sur le nombres d’emails envoyés aux contrevenants). Ainsi, Je tenais à vous ouvrir les yeux sur les réels enjeux juridiques d’Hadopi pour que vous puissiez prendre parti en toute connaissance.

Usedandearly

Vote ou pavote ?

Bonsoir à tou-te-s, les lorrains objecteurs de croissance et les autres moins lorrains.

Vinz étant très occupé dans la vie réelle, je me permets de relayer ici des extraits de l’un de ses messages, et de relancer ici le débat politique que ce message a engendré. Façon de respecter les boites à lettres électroniques de nos amis lorrains décroissants paisibles.

…. «  j’étais hier soir au Café Repaire des Amis de Là-bas si j’y suis de Nancy. Le thème était “qui à gauche pour les élections européennes”. Etaient présents NPA, Europe-Ecologie, Front de Gauche , représenté par des membres de la Gauche alternative 54, et moi, qui n’étais pas prévu au programme mais qui ai défendu nos idées sur la décroissance - d’ailleurs partagées par un certain nombre de présents, notamment sur les trois autres listes !

Il est ressorti au final que nous sommes tous d’accord sur le fond, au moins dans les grandes lignes : relocaliser l’économie, diminuer la consommation, anti-capitalistes, anti-productivistes , régies publiques des services publics (eau, élect….), gratuité des besoins vitaux (eau, élect. jusqu’à un certain seuil, logement, transports en commun…), revenu minimum d’existence (avec ce nom ou un autre), revenu maxi autorisé…

Finalement, nous divergeons sur du détail, en tout cas pour les militants du bas de l’échelle . » …..

Devant cette évidence a émergé une idée venant de Muriel, inscrite sur la liste du NPA, de faire une action commune pour rappeler les enjeux des européennes et appeler au vote. J’ajoute que personne ne s’est manifesté dans l’assemblée en tant que tenant de l’abstention ou du vote blanc, ou alors pendant que j’étais aux toilettes …. :-)

Sur quoi Vinz lance l’idée d’une action, mais sur ce blogue, ce sera juste un sujet de débat :

« Ne donnez pas raison aux sondages – A gauche de la gauche et écolos Le 7 juin - Élections européennes VOTEZ ! »

… ou quelque chose du genre. Qu’en pensez-vous ? A vous lire ou vous revoir bientôt ! Vinz !

Voilà en substance le message de Vinz.

De mon côté, j’en profite pour remercier et féliciter le patron, les organisat-eurs-rices du café-repaire de Nancy et les personnes inscrites sur les listes qui nous ont fait de la vraie politique sans boite de comm derrière.

Le débat a déjà commencé sur une liste de discussion, mais pratiquement, il gêne et encombre les bal , mais ne serait-il pas très utile de le reprendre ici, en attendant le forum, qui est en cours .

Apparté pour Vinz : pour le café de Metz, tu as le blogue et la liste du café pour communiquer … S’il-te-plait ! :-)

Bavette saignante.

affiche_viande_webJe suis intimement convaincu par le principe de la décroissance - ou du moins de l’arrêt de la croissance.

C’est quelquechose que j’ai réalisé en 1996, je crois, jeune étudiant en biologie. En partie par bon sens scientifique (monde fini, croissance infinie, argument biologiques, tout ça …) , en partie suite à un calcul simple (j’ai 25 ans de moins que mes parents : à raison de 3% de croissance par an, le rêve de tous les libéraux, et sachant que la population française tend à la stagnation, il faudrait donc que je gagne et consomme plus de deux fois ce qu’ils consommaient et gagnaient à mon age).

Rien, depuis, n’est venu ébranler cette conviction : pas les discours des économistes prétendant que “c’est plus compliqué que cela”, ni l’invention de la “croissance soutenable”, du “développement durable”, et de tous ces excipients qui font très sérieux.

Et pourtant…

Pourtant, ai-je changé mon mode de vie ? ai-je pris et tenu des résolutions pour mettre mon existence en conformité avec ce principe ? La réponse est claire, impitoyable :

Pas vraiment.

Oh, j’ai bien voté pour divers représentants de l’écologie politique de temps à autre, j’ai bien trié scrupuleusement mes déchets dans la mesure de ce que prévois la collectivité, j’ai même occasionnellement tenté de réduire mes déplacements polluants en utilisant les transports en commun… mais pas beaucoup plus. Ah, si, je ne vais pas aux sports d’hiver… il faut dire que je n’ai jamais été vraiment accro. Je voyage peu en avion, je ne pratique aucun sport mécanique, j’ai choisi ma voiture un peu en fonction de sa consommation, et quand j’ai acheté une maison j’ai lancé en priorité des travaux d’isolation.

Mais rien de très révolutionnaire, ni au sens propre (je ne milite pas vraiment) ni au figuré.

Par exemple : je sais grâce au site de JM Jancovici que le boeuf est l’une des viandes les plus “polluantes”, dans le sens ou sa production engendre la libération de quatre à cinq fois plus de gaz à effet de serre que, par exemple, la volaille. Suis-je prêt pour autant à renoncer à ma bavette grillée, morceau noble qui plus est, donc encore plus désastreux ? non, hélas.

Et même pour la volaille… on sait que l’élevage africain est dévasté par les “bas morceaux” des poulets européens, dont les blancs ne mangent que les blancs. Du coup, on préfèrera consommer des poulets entiers, fermiers si possible, voire éviter totalement la volaille de grande distribution et trouver un petit producteur local. Sauf que là encore, je suis mal placé pour jeter la pierre puisque je n’hésite pas, pour un repas vite-fait, à acheter quelques escalopes en barquette. Déjà que je me passe de cordons bleus et autres wings panées, qui feraient pourtant le bonheur des enfants…

Alors, jusqu’où aller ? ne plus manger que de la viande bio et/ou locale, ne plus manger de viande ou seulement une fois par semaine ? ça serait sans doute bien… mais je ne puis m’y résoudre.

La nourriture n’est qu’un exemple parmi d’autres, bien sûr : certains renouvellent sans arrêt leur matériel électronique, d’autres voyagent beaucoup en avion, d’autres encore aiment les voitures puissantes ou anciennes - certains même sont travailleurs frontaliers et se tapent des kilomètres quotidiens - fussent-ils en train.

Tous, nous surconsommons. Tous, nous sommes prêts à faire des efforts, un peu, beaucoup pour certains, mais pas trop quand même… en tous cas pas assez.

Alors… nous savons déjà que l’écologie est incompatible avec le modèle libéral de droite, croissantophile et ressourcivore. Nous nous doutons confusément que l’écologie ne s’accommodera pas non plus d’un modèle “tout social”, avec pour objectif principal la “redistribution des fruits de la croissance”. Mais alors, de quoi a besoin l’écologie ? de mesures incitatives, dissuasives, coercitives ? voire plus ?

Et voilà la question qui me taraude, celle après laquelle je cours depuis le début de ce billet : l’écologie est-elle compatible avec la démocratie ?