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Archives pour 01/2009

Jouons un peu avec l’idée de croissance…

Dans ces grandes heures de la “crise économique”, alors que le spectre hideux de la récession s’avance, avec son cortège de chomeurs, de banquiers moroses - on ne se jette plus par les fenêtres, c’est très vingtième siècle ça mon bon -, que les bonus des grands argentiers sont compromis, que les dividendes menacent de fondre comme neige au soleil (mais non, mais non, on n’en est pas là…) on ne le dira jamais assez : il faut re-lan-cer.

Relancer quoi ?

Relancer la balle, que ces enfants qui jouent tel Charlot dans Le Dictateur ont malencontreusement fait passer par dessus le filet de protection ? “attention, chers petits ! la prochaine fois, si vous cassez un carreau je me fâche !”

jmm_rebondir
Relancer la carrière de Meissier, tellement touchant quand il incarne le “savoir rebondir” ? (l’image date d’il y a quelques temps, elle est prise avec un téléphone pourri, mais je l’aime bien …)

Non, bien sûr. Il s’agit de relancer la croissance. La fameuse croissance, dont la relance vaut bien un ministère, et des plans partout dans le monde. Cette croissance qu’on ne relancera pas “par la consommation” parce que c’est de l’eau dans le sable. La consommation française ne relance pas la croissance française (raison de plus pour ne pas consommer trop, hein, il manquerait plus qu’on relance la croissance des étrangers !) Par contre, quand les états-unis veulent relancer la croissance par l’investissement et qu’ils veulent le faire avec de l’acier américain, là, c’est mal. C’est même égoïste.

Bref, tant que cette croissance n’est pas repartie à la hausse, on est mal on est mal. Oh, on finira par le trouver, ce point de croissance. Apparemment, il suffirait d’une victoire en coupe du monde d’un sport populaire (le hand-ball sera-t-il suffisant ?) ou des dents de Sarkozy, avec lesquelles il avait prévu d’aller chercher se fameux point, pour la trouver.
Mais après ? que ce passe-t-il une fois que la croissance est repartie ? elle s’arrêtera de nouveau, on aura de nouveau très très peur, puis elle repartira ? pour toujours, c’est promis ?

Pour ma part, je ne suis pas matheux, ni physicien, géographe. Les histoires de croissance infinie dans un monde fini qui ne serait pas possible, de ressources limitées, ça me parle bien sûr, mais ça n’est pas assez percutant - pas assez en prise avec mes activités et mon domaine de compétence.

Moi, je suis biologiste.

Et parmi les choses que savent faire les biologistes, il y a la culture de cellules. Même qu’on parle de croissance d’une population cellulaire, parfaitement ! Comment vous expliquer ça simplement… disons qu’il y a deux types de cellules qu’on cultive et pour lesquelles on établit des courbes de croissance : les bactéries et les cellules animales.

Prenons d’abord une bactérie. C’est tout petit, une bactérie. Ça pèse à peu près 0,0000000000007 grammes. Seulement, cette bactérie est une spécialiste de la croissance. On la met dans un milieu nutritif, on chauffe un peu, et après un moment elle est capable de se diviser toutes les 20 minutes ! Oui, oui, elle double sa biomasse en 20 minutes. Donc au bout d’une heure, on a doublé trois fois soit 2*2*2 = 8 bactéries. Donc une masse de 0,0000000000056 g. Toujours pas grand chose… mais au bout de 24h ?
On a 2 à la puissance 72 bactéries. Soit 3305 tonnes. Quelle artiste de la croissance, cette bactérie ! Quelle productivité !

Heureusement, ça n’arrive jamais – sinon tous les labos du monde crouleraient littéralement sous les bactéries. Ça n’arrive jamais parce que les bactéries doivent consommer pour atteindre de tels taux de croissance : en fait, leur courbe de croissance ressemble plutôt à ça :

courbe de croissance bactérienne

On a donc un démarrage un peu lent, parce que les bactéries sont peu nombreuses et pas habituées au milieu, puis une phase dite exponentielle. C’est le doublement toutes les 20 minutes, le taux de croissance optimal que la bactérie aimerait sans doute maintenir… si elle avait le choix. En effet, au bout de quelques heures la croissance ralentit inexorablement : les bactéries sont trop nombreuses, elles sécrètent des sous-produits toxiques pour leurs congénères, et puis le milieu est épuisé : pas moyen de se nourrir. C’est la phase d’arrêt. S’ensuit alors un plateau plus ou moins long, puis la population chute : c’est le déclin, quand toutes ces cellules qui n’ont rien à manger finissent par mourir.

Les plus observateurs auront remarqué que la chute se ralentit à la fin du graphique. Effectivement, si on prolongeait l’expérience on pourrait même observer un petit rebond, avec une reprise de la croissance pendant quelques dizaines de minutes. Cette phase aussi porte un nom : c’est la phase de cadavérisme. Je vous laisse imaginer de quoi se nourrissent les bactéries qui prolifèrent alors !

Est-ce que j’ai vraiment besoin d’expliciter l’image, de dire à quoi me fait penser chaque phase de la « courbe de croissance » bactérienne ? Je ne crois pas…

L’autre modèle de croissance cellulaire, ce sont les cellules animales ou humaines. Dans ce cas, les cellules sont plus “sages” : elles ont un programme de vieillissement incorporé qui fait stopper la croissance au bout de quelques dizaines de divisions, mettons 60 au maximum. La croissance est alors soutenable, parce que limitée dans le temps. Les cellules peuvent pourtant survivre sans se multiplier : c’est le cas des neurones, qui ne sont sans doute pas les plus bêtes de nos cellules, et qui passent toute notre vie adulte à fonctionner sans jamais se multiplier.

Certaines cellules n’ont pas ce programme d’interruption de la croissance, et je suis sûr que vous savez déjà comment on les appelle : des cellules tumorales.

Voilà ce que la croissance peut représenter pour un biologiste. Est-ce qu’on peut généraliser ces concepts et ces courbes à la croissance économique ? sans doute pas tout-à-fait… mais ça peut quand même faire réfléchir, non ?

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BuzzBuzzBuzz?!

26/01/2009 12 commentaires
hyene

Ou-bien la stratégie marketing du désormais hebdo en désaffection s’inspire

au-delà du modèle Ogilvy ou alors la réalité subit une distorsion tellurique

dont la perception est étrangement hébétée. Le concept de scandale est épuisé.*

J’ai donc reçu cet email ce matin:

“propos du Ministre de la Fonction publique (sic) rapporté par  Charlie-Hebdo

Il me semble qu’il est important de diffuser le plus largement
possible  ces propos du Ministre de la Fonction publique (sic) rapporté
par  Charlie-Hebdo, tenus lors d’une réunion de la Fondation Concorde,
proche de la majorité actuelle, le mercredi 20 octobre au Café
Restaurant Pépita à Paris :

“Les retraités de la fonction publique ne rendent plus de services à la
nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très
lourdement. La pension d’un retraité, c’est presque 75% du coût d’un
fonctionnaire présent. Il faudra résoudre ce problème.”
“Le grand problème de l’État, c’est la rigidité de sa main-d’oeuvre.
Pour Faire passer un fonctionnaire du premier au deuxième étage de la
place Beauvau, il faut un an. Non pas à cause de l’escalier [rires dans
la salle], mais des corps. Il y a 1400 corps. 900 corps vivants, 500
corps morts [rires], comme par exemple l’administration des télécoms.
Je vais les remplacer par cinq filières professionnelle qui permettront
la mobilité des ressources humaines : éducation, administration
générale, économie et finances, sécurité sanitaire et sociale. Si on ne
fait pas ça, la réforme de l’État est impossible. Parce que les corps
abritent des emplois inutiles.”
“A l’heure actuelle, nous sommes un peu méchants avec les
fonctionnaires. Leur pouvoir d’achat a perdu 4,5% depuis 2000.”
“Comme tous les hommes politiques de droite, j’étais impressionné par
l’adversaire. Mais je pense que nous surestimions considérablement
cette force de résistance. Ce qui compte en France, c’est la
psychologie, débloquer tous ces verrous psychologiques.”
“C’est sur l’Éducation nationale que doit peser l’effort principal de
réduction des effectifs de la fonction publique. Sur le 1,2 million de
fonctionnaires de l’Éducation nationale, 800 000 sont des enseignants.
Licencier dans les back office de l’Éducation nationale, c’est facile,
on sait comment faire, avec Éric Woerth [secrétaire d’État à la Réforme
de l’État] : on prend un cabinet de conseil et on change les process de
travail, on supprime quelques missions. Mais pour les enseignants,
c’est plus délicat. Il faudra faire un grand audit.”

“Le problème que nous avons en France, c’est que les gens sont contents
des services publics. L’hôpital fonctionne bien, l’école fonctionne
bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours,
expliquer que nous sommes à deux doigts d’une crise majeure - c’est ce
que fait très bien Michel Camdessus , mais sans paniquer les gens, car
à ce moment-là, ils se recroquevillent comme des tortues.”
Il admet dans ses propos que les français sont satisfaits de la
qualité  du service public rendu par les fonctionnaires, quels qu’ils
soient.C’est bien en les fragilisant de l’intérieur (sous effectif, baisse
d’investissements etc.) qu’il compte rendre les services publics
impopulaires auprès des populations. Une impopularité qui lui servira
de prétexte pour les privatisations à venir. Alors que ce sont bien les
attaques à l’oeuvre depuis de nombreuses années qui dégradent la
qualité des services publics.”

*Oui, je sais, j’me la pète un peu là mais ca reste correct,
j’avais trouvé que la tonalité de mon premier billet était trop moralisatrice
mais j'ai de la marge

et si c’est un hoax, je m’en excuserai en deux petites lignes

dans un prochain billet, everything is under control.

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Clampin ‘pétillant’

La feuille est blanche, plus pour très longtemps.
Très heureux d’inaugurer, en second, cet espace libre, de liberté, en espérant être suffisamment et fréquemment ‘inspiré’ pour ne pas faire regretter son initiative au taulier.
Je ne parlerai aujourd’hui que d’un article ‘vidéo’ découvert hier sur la toile, concernant le rapport présenté par la fondation ‘Terra Nova’  sur l’élection d’Obama (je ne vous laisse pas le lien, vous êtes assez futés pour le découvrir vous-mêmes)
L’analyse qui est faite de cette élection, et de tout le processus qui l’a permis, est TERRIBLE pour les institutions et les partis traditionnels français, y compris les nouveaux de gauche et d’extrême.
Je ne parle pas du PUM, dont la réunion de ce week-end s’apparente plus au Grand Guignol qu’à la vie d’un parti démocratique, où les adhérents ont un rôle à jouer.
Je ne vois guère que le PC, à sa belle époque de l’après-guerre, pour avoir ainsi oeuvré au niveau du militant, et donc obtenu ses résultats de l’époque.
Aujourd’hui, nos partis sont dirigés par des ‘fonctionnaires’ qui s’accrochent à leur poste, même, et surtout, s’ils sont désavoués par les électeurs; ceci explique le manque total de renouvellement des idées de ces structures, et la ‘complicité’ implicite existant entre tous.
Alors, manifester le 29, bien sûr (même moi qui ne suis ni patron, ni salarié, ni chomiste), mais après ? ?
Qui, quelle structure, quel projet pour fédérer, proposer, dynamiter les vieilles idées ? ?
Aidez-moi, donnez-moi des noms, des pistes …

The Naughty little big cop inside your heart.

25/01/2009 2 commentaires

J’étais intérimaire dans un bureau d’études. Comme dans la majorité des lieux déshumanisés qui emplissent nos vies sociales de salariés, j’apparaissais aux yeux de mes collègues comme plus libre qu’eux. De temps en temps, je me permettais une intrusion dans la conversation matinale (courte, seulement le temps d’un mauvais café autour de la mauvaise machine) qui inévitablement traitait de football, avec le but assumé de parler de politique (ou de politique spectacle plus précisément), car je n’entends rien au sport.

Franchement, les gars, j’arrive pas à comprendre comment ce type y est arrivé”.
La réponse la plus fréquente, c’était qu’il fallait bien que “quelqu’un vienne mettre un coup de pied dans la fourmilière”. Cette réponse se suffisant à elle-même, l’argumentation s’arrêtait là ou bien quelqu’un jetait un
superfétatoire “ouais, secouer le cocotier, quoi, hin!hin!hin!”.
Ces images, qui finalement ne veulent pas dire grand chose, habitent les esprits au point que les mesures les
plus rétrogrades passent, au moins dans les médias et donc les bureaux d’études, pour être de difficiles mais
salutaires sacrifices pour l’avenir de nos enfants, de nos retraites, pour l’avenir du système. Ben oui parce que
sinon tout va exploser quoi.

Seulement voilà, aujourd’hui le fameux système a explosé.

nous sommes encore en sursis pour quelques mois,

l’humanité entière ne pourrait finalement qu’être en sursis pour quelques générations,

et pourtant une majorité de gens n’a qu’une sorte de bon sens teinté de cynisme à opposer à toute question

qui la dépasse un peu. J’aurais aimé qu’un seul de mes collègues en CDI me réponde que le bouffon y était arrivé par sa campagne sécuritaire et anxiogène comme je le lisais tous les jours sur un bon nombre de sources en ligne. Pas une fois.

Même les rares qui avaient voté à gauche (beaucoup disaient ne plus voter depuis longtemps) continuent de penser que ce type est quand même un grand flic.

Qu’on puisse élire un président sur sa capacité à manier le bâton (ou à donner des claques aux enfants) en dit long sur l’estime que l’on porte à ses frères et à soi-même, mais ne pas même se rendre compte que la légende du dernier mari en date de Carla est forgée de pièces en matière plastique est un manque d’information, une preuve d’ignorance. Et répondre rapidement à la question c’est s’exposer à oublier que le mouvement de droitisation était global, dépassait la question de l’élection présidentielle française, jusqu’à l’irruption de la crise systémique.
Une analyse avancée de cette mentalité tend à montrer que la droite sait vendre le bonheur terrestre comme les religions avaient su inculquer le paradis au ciel

Pourtant, lorsqu’on commence à poser des questions à voix haute, c’est moins l’ambition que la bassesse qui y fait écho:

autour de la mauvaise machine à café, un jour qui n’était pas lendemain de match, c’est le cas “Fourniret” qui était évoqué, et comme je provoquais en annonçant que je tenais de source sûre qu’il était un agent notoire de la CIA, tout comme Ben Laden, l’un des intellectuels présents me fit remarquer que je ferais “moins le malin si c’était un de mes gosses qui avait été victime”. Un ange passa. J’aurais du lui dire qu’il aurait peut-être un avis différent s’il avait lui-même été le père de Fourniret, mais la présence d’esprit ne se commande pas.

Salut les clampins !

Nous y voilà !
Tout d’abord les bonnes âmes qui découvriraient ce blog pourraient légitimement se demander : “pourquoi les Clampins” ?

Rien de péjoratif là-dedans, c’est simplement le surnom que j’ai donné à la joyeuse bande qui a l’habitude de commenter sur mon blog, à moins que ce soit l’un d’entre eux qui se soit auto-baptisé ainsi…

Le but de ce nouveau blog est de donner la parole à ceux de mes lecteurs qui ont quelque chose à dire, pas d’espace pour le dire, et pas le temps ou l’envie de gérer un blog à eux tout seul.

Ceci n’est donc pas mon blog, qui poursuit sa vie normalement. Son apparence est volontairement très différente.  Je n’en suis que l’intermédiaire technique et le (ou l’un des) modérateurs.  Ce n’est pas non plus un “agrégateur de blog” où vous trouverez une copie du blog des autres.

Comment ça fonctionne, alors ?

Tout d’abord ce n’est pas le blog de n’importe qui. Je ne m’appelle pas Loïc Le Meur, je ne commercialise pas d’espace internet, je le mets gracieusement à disposition. N’ayant qu’assez peu de point communs avec Bernard Arnault ou Liliane Bettencourt, il est hors de question que des milliers de blogueurs en herbe se précipitent ici. Il y a d’autres très bons endroits pour ça !

Si vous souhaitez écrire ici :

1) Faites le moi savoir (le formulaire de contact est là pour ça)

2) Si on se connaît déjà, ça ira vite. Je vous donnerai le statut WordPress d‘“auteur”, qui vous permettra d’écrire vos billets. Il est très facile d’écrire sur WordPress, mais je peux aider en cas de problème.

3) Si on ne se connaît pas, mais que votre dossier est convaincant, je vous donnerai un statut intermédiaire avec modération obligatoire, qui évoluera très vite vers le statut d‘“auteur” si ça se passe bien.

4) Il n’est pas obligatoire d’être un extrême-gauchiste ou un décroissant intégriste pour écrire ici. Je suis même prêt à accepter des opinions très différentes, du moment qu’elles sont intéressantes et suscitent le débat.

5) En tout état de cause, je me réserve le droit d’accepter ou de refuser un auteur ou un billet. Ce sera même systématiquement le cas si des propos manifestement prohibés et/ou susceptibles de me causer des emmerdes sont publiés !

6) Il n’y a pas de limitations techniques : vous pouvez tout faire ce que WordPress permet de faire sur un billet. Mais attention : tout d’abord je garde l’accès exclusif du serveur FTP. Tout postage d’images doit passer par WordPress. Toujours pour les mêmes raisons d’espace, je vous demande de limiter la taille des images que vous postez à 100 Ko. Et bien évidemment de ne pas charger de fichier video ou autre de plusieurs Mo (On peut inclure facilement des videos de Youtube ou Dailymotion)

Enfin, il faut avoir à l’esprit qu’il s’agit d’une expérience. Si pour une raison ou pour une autre ça ne se passe pas bien, j’arrête tout, ce n’est pas plus compliqué que ça !

Voilà, les volontaires, à vos plumes !

Et si vous avez des questions, vous pouvez utiliser les commentaires de ce billet. Et le formulaire contact est toujours disponible !

PS : j’ai mis à l’arrache des liens vers les blogs d’autres clampins notoires. Merci de me signaler toute erreur ou omission.

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