les conquistadores sont éternels…
Qui a tué la croissance ?
Vous n'êtes pas encore convaincus des thèses de la décroissance ? Alors prenez 6 minutes de votre temps pour regarder cette vidéo de Richard Heinberg, auteur du livre "La fin de la croissance".
Lien direct si la vidéo ne s'affiche pas : http://www.youtube.com/embed/VSwT4fGqWbQ
(sous-titré en français)
A DIFFUSER !!!!!!
Superno, un petit coup de pub pouce serait sans doute bienvenu pour diffuser ce film…
La banderole aux huit phrases.
Dans le courant du mois de juillet, les quelques indignés qui occupaient chaque soir, de 19h à 21h, la place St Simplice avaient réfléchi aux messages à faire passer à leurs concitoyens, messages qui donneraient une idée de ce qu’ils sont et ressentent.
Huit phrases ont été ainsi définies et bientôt inscrites sur leur banderole « vitrine » accrochée au « mur de la démocratie » installé par leurs soins.
Les indignés :
1 - ne font l’apologie d’aucun parti politique
2 - rejettent toute forme de racisme
3 - ne sont pas tous de gauche
4 - en ont assez d’être en « sous-France »
5 - veulent un réveil citoyen
6 - sont solidaires de tous les peuples
7 - se méfient de tous les gouvernements
8 - prônent la non-violence
Ce mur de la démocratie consistait en trois grilles disposées en triangle :
une grille « vitrine »,
une grille « informations » où étaient régulièrement affichés divers articles de la presse alternative,
une grille « expression libre » où des espaces vierges (cartons, feuilles, panneaux) étaient à disposition de chacun souhaitant s’exprimer.
Anecdote : La banderole « vitrine », régulièrement polluée (essentiellement par des inscriptions haineuses ou/et appelant à rejoindre le FN) a vite été surnommée « Kenny », en référence à ce personnage du dessin animé « South Park » qui meurt pratiquement à chaque épisode.
En arrivant, notre question était : « Alors ? Ils ont encore une fois tué Kenny ? » et de constater les dégâts, et de les réparer tant bien que mal, jusqu’à que nous décidions de le ramener chez l’un de nous chaque soir pour le raccrocher le lendemain.
Ces huit phrases continuent toujours à nous définir avec fidélité et, même après quatre mois, nous n’en changerions pas un mot.
La première phrase agace prodigieusement les militants de partis qui voudraient tant nous récupérer (peine perdue)
La deuxième écarte les adeptes du FN, ce dont nous ne plaignons pas, bien au contraire.
La troisième horripile les partis ou syndicats que l’on pourrait croire « amis » des indignés.
Est-ce à cause de ces trois phrases que les indignés ne sont absolument pas soutenus ni par les uns, ni par les autres ? Peut-être et si oui, pas seulement.
Quand ils viennent, ce n’est pas pour nous rejoindre, c’est dans l’espoir de nous recruter.
Si nous leur demandons de ne pas aborder leurs drapeaux, leurs auto-collants, leurs signes reconnaissables, cela suffit à les faire partir ou à les faire renoncer de participer à une de nos actions.
Nous savons que le PC, (à Metz, au moins) refuse de dialoguer avec nous.
Nous avons vu des militants du NPA passer lors du dernier scrutin du référendum pour nous regarder d’un air goguenard, sans lever le petit doigt pour nous aider.
Nous avons eu la visite de deux militants d’un syndicat, le jour du premier scrutin ; ils ont échangé quelques mots avec nous et sont partis, sans nous aider, sans même participer au vote.
Personnellement , je n’en suis pas surprise. J’ai compris depuis un bon bout de temps que nous sommes seuls, nous, les citoyens.
Et la période de contestation du projet du gouvernement concernant la régression des retraites m’a encore démontré que j’ai raison.
Tout a été fait pour que nous ne puissions faire réellement pression sur le gouvernement.
Malgré 3 millions de personnes dans la rue, malgré 70 % de Français contre le projet, les syndicats, les partis ont laissé s’essouffler la mobilisation, sciemment, volontairement.
Renoncer à leur soutien, donc, ne va pas être difficile : ils ne nous ont jamais aidés.
***
Concentrons-nous sur la cinquième phrase : « les indignés veulent un réveil citoyen » et pensons nos futures actions dans ce sens.
Nous aurons bien plus de résultats que si nous nous mettons en tête de persuader les partis et syndicats de rejoindre notre mouvement en laissant de côté leurs idéologies et leurs réflexes quasi automatiques de prosélytisme et de recrutement.
Un militant d’un parti situé à gauche, au demeurant très sympathique et pour qui j’ai de l’amitié, m’a dit aujourd’hui que nous étions sectaires de refuser tout signe extérieur de reconnaissance d’un parti ou d’un syndicat…
!!!!
C’est être sectaire que de refuser tout sectarisme ???
Le dialogue est impossible sur la base de malentendus aussi évidents. Il est vain et stérile de perdre temps et son énergie à les convaincre.
Concentrons nos efforts sur nos concitoyens.
Tous les citoyens « lambda » qui viennent vers nous lors du référendum populaire, par exemple, sont, pour la plupart, avides de s’exprimer, de comprendre, de savoir comment réagir.
Concentrons nos efforts sur eux. Ils se sentent seuls ET ils sont seuls ,comme nous.
Contribuons à éveiller les endormis.
Contribuons à donner courage aux résignés.
Ils ont peur ? Qu’ils sachent que nous aussi.
Mais… sans peur, nul besoin de courage, n’est-ce-pas ?
Dans l’action, on oublie les jambes qui tremblent, le cœur qui bat la chamade, la bouche sèche, les muscles crispés, les dents serrés à faire mal… on oublie la peur.
***
Les propos de cet article n’engagent que moi.
Je ne suis pas porte-parole des indignés (d’ailleurs, il n’y en a pas)
En ce 11 novembre…
En ce 11 novembre…
Un groupe de quelques indignés57 a déposé, au pied du monument aux morts de Metz, un modeste bouquet pour rendre hommage « aux morts des guerres et du travail, victimes des « 1% » ».
Il est bien petit comparé aux gerbes officielles.
Qu’importe, l’important, c’est qu’il témoigne de notre empathie sincère envers tous les morts dont l’oligarchie est coupable.
Qu’importe ou, plutôt, tant mieux.
Il est à notre image : nous sommes les 99% opprimés, vampirisés, exploités par ceux faisant partie du 1 % qui, sans vergogne, oppriment, vampirisent, exploitent les peuples, les ressources naturelles, toute notre planète.
Les guerres sont provoquées, voulues par des profiteurs voyant là un moyen de s’en mettre encore plus dans les poches.
Tous les prétextes sont bons afin de justifier des conflits, rapportant de l’argent aux « marchands de canon » et ceux qui gravitent autour.. Et quand il n’y a pas de prétextes, il suffit de les inventer de toutes pièces…. facile !
Les morts des guerres ne sont qu’un détail sans importance pour eux… ce qui ne les empêche pas, lors de commémorations de toutes sortes, de verser des larmes de crocodile, de faire des discours hypocrites.
L’actualité nous prouve qu’en ce moment, ces profiteurs font tout pour préparer « leur » prochaine guerre, en Iran.
Celle en Libye est terminée, et elle a permis, cerise sur le gâteau, d’éliminer Kadhafi qui risquait d’être trop bavard lors du procès qu’on aurait pu lui intenter.
Maintenant, place à la reconstruction qui va créer « de la croissance » et continuer à enrichir ceux qui sont loin d’en avoir besoin.
En Afganistant, en Irak, les troupes occidentales se retirent petit à petit… Vite ! Vite ! Il faut trouver autre chose…
L’Iran … et, pourquoi pas, une « bonne » guerre civile en Grèce ?
Ben, voilà… ça, c’est une idée qu’elle est bonne !
Pressurons le peuple jusqu’à ce qu’il se révolte… et les affaires seront florissantes pour les vampires qui vont s’en frotter les mains. Et cela fera un excellent test pour savoir comment procéder dans d’autres pays (Italie, Espagne, Portugal, France, …)
Les perspectives d’avenir sont magnifiquement prometteuses pour les vampires !!!
Pourquoi également un hommage aux morts du travail ?
Parce que ce sont aussi des victimes de l’appât du gain de l’oligarchie.
Combien de suicidés à cause de leurs méthodes de management destructrices ?
Combien d’irradiés, d’amiantés, d’empoisonnés, de cancéreux, de silicosés, parce que ces monstres se fichent des dangers qu’ils font courir à leurs esclaves ?
Les droits des travailleurs„ ce sont bien eux, ces vampires, qui s’arrangent pour que les politiciens à leur botte les rétrécissent comme une peau de chagrin.
Les morts au travail sont aussi respectables et inacceptables que les morts des guerres… mais, jamais, jamais, vous ne verrez d’hommage national en leur mémoire.
C’est une injustice que nous voulons dénoncer.
Avant le dépôt de ce bouquet, nous avons rencontré d’autres indignés qui découvrent seulement aujourd’hui qu’il y a un mouvement des indignés à Metz (!!!)
Bienvenue à eux !
Nous vous attendons depuis le 29 mai.
Nous nous sommes rassemblés chaque soir, de 19h à 21 h, jusqu’à début octobre, Place St Louis d’abord, puis Place St Simplice.
Maintenant, nous tenons une Assemblée Générale une à deux fois par semaine.
Tout le long du mois de novembre, nous allons continuer les scrutins du référendum populaire réclamant une constitution par et pour le peuple que nous avons initié samedi 5 novembre.
Bienvenue, vraiment !
Au début une centaine, nous n’étions plus qu’un petite douzaine.
Bienvenue !
Nous attendons que nos concitoyens endormis s’éveillent, nous attendons que nos concitoyens résignés relèvent la tête et qu’ils nous rejoignent, eux aussi.
Nous sommes peu nombreux,en France, nous avons donc encore plus de mérite d’exprimer notre indignation.
C’est plus difficile de le faire quand on est douze, plus difficile que lorsqu’on est 120, 1 200, …
A ceux qui ricanent, ironisent, s’esclaffent à propos des indignés :
Remettez vos propos fielleux dans la poche avec un mouchoir dessus : N’avez-vous donc pas suffisamment d’intelligence pour vous rendre compte que vous faites ainsi le jeu de l’oligarchie qui vous opprime aussi ?
Comprenez bien que vous faites aussi partie des 99 %.
Vous êtes atteints du syndrome de la servitude (lisez La Boétie)… cette maladie s’avère parfois mortelle… rassurez-vous : cela se soigne par la réflexion, l’engagement, la prise de conscience.
Xavier Bertrand est une tanche
Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, était ce matin jeudi 27 sur France Inter.
Il se permet de parler de phynance (de quoi je me mêle ? pas assez occupé par le Travail et l’Emploi et la Santé ?) pour dire, en substance, que faute de l'action exemplaire et courageuse du nain malfaisant l'économie était exposée à un collapse (sic).
Céquoiça ? Le mot usité en français est collapsus, c'est un terme de physiologie qui signifie affaissement. Monsieur le Ministre de la Santé ne le saurait pas ?
Le mot anglais collapse est d'usage général et signifie 1. effondrement, comme par exemple celui d'un bâtiment (ou de deux, ou même de trois), 2. plier (comme une chaise ou un parapluie), réduire, comprimer, 3. fléchir, tomber (un gouvernement).
Et alors ? Ben et alors, nous avons un ministre (un de plus) qui utilise des mots étrangers sans en connaître le sens. Comme beaucoup de ses collègues et conseillers, il ne connaît la finance que par l'impérialisme étasunien, et par l'intermédiaire de commentateurs ignares, incapables de traduire leur catéchisme et qui se font mousser en utilisant des mots qu'ils croient inconnus du bas peuple…
Pauvre monsieur Bertrand, à prendre les gens pour des cons, c'est vous qui risquez de passer pour un con.
Pas écouté la suite…
Appel aux citoyens éveillés !
Le samedi 5 novembre, les indignés appellent à des rassemblements dans plusieurs villes de France.
(A Paris, par exemple, ce rassemblement est prévu à la Défense.)
A cette occasion, il est proposé d’organiser un référendum populaire sur le modèle de celui qui a eu lieu contre la privatisation de la poste.
Il s’agit d’envoyer directement son bulletin de vote au palais de l’Elysée.
Motif de ce référendum : une constitution par et pour le peuple (= réelle démocratie)
************************
Le processus en est simple :
Une équipe de trois personnes se positionne devant une boîte aux lettres (= une urne) où il y a du passage et suffisamment de place pour ne gêner la circulation ni des véhicules, ni des passants.
La première personne brandit une affiche explicative et harangue les passants. (à imprimer en A3)

Le passant qui accepte de participer va alors vers la deuxième personne de l’équipe qui lui tend un tableau d’émargement sur lequel l’électeur inscrit son nom, son prénom, sa commune d’habitation.

La troisième personne de l’équipe remet alors à l’électeur un bulletin de vote sur lequel figure cette question :
« POUR UNE CONSTITUTION PAR ET POUR LE PEUPLE ?
OUI - NON »
et une enveloppe sur laquelle est inscrite cette adresse :
Présidence de la République
Palais de l’Elysée
55, rue Faubourg St Honoré
75 008 Paris
et la mention « dispensé d’affranchissement » à la place du timbre.
L’électeur fait son choix discrètement et met le bulletin dans l’enveloppe qu’il glisse dans la boîte aux lettres.
La troisième personne de l’équipe dit à voix haute : « A voté ! ».
L’électeur revient vers la deuxième personne qui tient le tableau d’émargement et signe à côté de son nom.
****************
Trois personnes, c’est tout. Pendant environ deux heures, c’est tout.
A renouveler les trois autres samedis de novembre… à prolonger éventuellement les deux premiers samedis de décembre.
Trois villes vont organiser cette action le 5 novembre puis les trois samedis suivants.
Il ne tient qu’à vous que ce soit fait aussi dans VOTRE ville.
N’oubliez pas : le socle incontournable d’une réelle démocratie, c’est une constitution PAR le peuple et, donc, POUR le peuple.
Il faut tout faire pour que nos concitoyens s’imprègnent de cette évidence…. c’est non seulement possible, puisque les Islandais l’ont fait, mais indispensable.
Quant à savoir de quelle façon sera formée l’assemblée constituante…
Voir Etienne Chouard et cet article :
http://clampins.superno.com/2011/09/le-tirage-au-sort%c2%a0-un-pas-vers-la-reelle-democratie/comment-page-1/#comment-1135
Petit village gaulois, qu’ils disaient !
Juste une info en passant.
Passant dans une grande surface ce midi pour quelques menus achats (dont le dernier Péan!), je me suis fait “offrir” à la sortie par la caissière les magnifiques objets promotionnels liés à la campagne actuelle d’Astérix et Obélix ches A____n !
Par Toutatis, le petit sac ainsi que la pochette à domino viennent de Chine !
L’Empire du Milieu aurait-il déjà racheté la Bretagne et autres contrées voisines ?
BOOK : La révolution technologique
Si vous avez développé une allergie certaine à la vue ostentatoire des aïe-pod, heil-bidules et autres smart-machins-phones qui font tout sauf le café, cette vidéo vous fera certainement sourire, ou pleurer, c'est selon.
www.youtube.com/watch?v=Q_uaI28LGJk&feature=related
Le tirage au sort : un pas vers la réelle démocratie
« Le tirage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par le choix est de celle de l’oligarchie » Montesquieu (Esprit des lois, livre 2 chapitre 2)
« Il est démocratique, par exemple, de tirer au sort les magistrats ; oligarchique de les élire » Aristote (Les politiques, livre 3, chapitre 9)
********
Lorsque les révolutionnaires des 17e et 18e siècles en Angleterre, aux USA et en France ont mis en place le régime d’élections que nous connaissons encore aujourd’hui, ils ne voulaient pas instaurer une démocratie.
«Il faut écarter le peuple en corps du gouvernement» pour créer un «corps choisi de citoyens» appelés à devenir «une classe de professionnels de la politique» écrivait notamment l’abbé Siéyès qui a inspiré toutes les constitutions de la période révolutionnaire (propos de l’abbé Siéyès sur la question du veto royal en 1789)
Si le droit de vote a un aspect démocratique de par l’égalité des suffrages, force est de constater qu’il contribue à donner des résultats inégalitaires : les élus ne ressemblent pas à leurs électeurs.
L’élection, évidemment, sélectionne préférentiellement :
- ceux dont la communication est la plus efficace
- ceux qui PARAISSENT les meilleurs, les plus compétents
- ceux qui disposent de temps, d’argent, de relations et sont portés par un grand parti
- ceux qui disposent de certaines caractéristiques (comme le fameux «charisme»)
Et lorsqu’il y a plusieurs degrés d’élections, le principe «distinctif» est démultiplié (voir le Sénat).
La notion de représentativité a été inventée par les monarchies anglaises, puis françaises aux 12e/13e siècles : en faisant élire des représentants dans les corporations, les monarques avaient constaté que les impôts rentraient mieux.
Ces élus faisaient une promesse d’obéissance au pouvoir.
Dans le système moderne de démocratie représentative, la promesse d’obéissance a changé de camp.
Ce ne sont plus les élus qui obéissent au pouvoir (je rappelle que démocratie signifie «pouvoir au peuple»), ce sont les citoyens qui obéissent aux élus.
Le citoyen ressent un sentiment d’obligation d’accepter le résultat, d’abord (même quand la faiblesse de la participation est telle que l’élection devrait être purement et simplement déclarée caduque) , puis de s’incliner devant les décisions prises par ceux qui ont été élus «démocratiquement».
L’élection permet ainsi de mieux garantir l’obéissance populaire à une «aristocratie» élective, composante de l’oligarchie, se partageant les postes de pouvoir dans un jeu de chaises musicales.
Cette aristocratie élective fait accepter, avec l’aide d’autres pouvoirs comme celui de certains médias, des décisions favorables à l’oligarchie, comme les privatisations, les baisses d’impôts des plus favorisés, tout en tenant compte, par des discours manipulateurs, des désinformations, des absences d’informations, d’une possible future sanction électorale.
La collusion des élites, régulièrement et justement évoquée, n’est pas un dysfonctionnement à dénoncer, mais bel et bien une norme à prendre en compte et à contrecarrer.
Il n’est ni possible, ni même souhaitable de supprimer l’élection.
L’important est de ne plus définir l’élection comme étant la seule, l’exclusive légitimité politique.
Le tirage au sort est un mode de désignation intrinsèquement démocratique.
Il a beaucoup d’avantages et un seul inconvénient.
Évacuons immédiatement l’inconvénient : l’incompétence éventuelle du désigné.
Remarque : être élu ne garantit ni la compétence, ni la connaissance absolue des domaines dans lesquels des décisions vont être prises, n’est-ce-pas ? Un élu s’entoure de conseillers et de collaborateurs, demande l’avis d’experts, n’est-ce-pas ?
Ce problème de l’incompétence peut être résolu par le volontariat (le désigné peut refuser le poste en exposant ses motifs), des méthodes de discussions informatives, consensuelles, et en réservant le tirage au sort à la constitution d’assemblée(s)… Si ce n’est l’assemblée nationale ou/ et le Sénat, alors une assemblée populaire ayant un pouvoir décisionnel et en mesure d’exercer un contre pouvoir à la classe politique (composante élective de l’oligarchie) et à la finance (composante, non élective, de l’oligarchie).
Les avantages :
1 - Le tirage au sort est automatiquement représentatif de la population.
Un échantillon sélectionné au hasard ressemble à l’ensemble, contrairement à un échantillon sélectionné par tous autres moyens (concours, cooptation, ou élection). Paul Diels, père de la théorisation des conférences du consensus, employait cette métaphore, en 1970 : «Si l’on souhaite connaître ce que pense ou veut le peuple, la première démarche est donc de convoquer un peuple en miniature, de la même manière qu’avec une cuillère dans un pot de confiture… le contenu prélevé a exactement la même composition que le contenu du pot» Et c’est bien de cette méthode que s’inspirent les sondeurs.
2 – Le tirage au sort garantit mieux l’impartialité des décisions et limite la corruption.
Un échantillon sélectionné sera plus apte à résister à des considérations extérieures à l’intérêt général comme peuvent l’être les élus soucieux de leur carrière politique et soumis à la procédure élective.
Le risque de corruption est limité, lui, en raison de la volatilité des désignés ; la corruption s’ancre dans les positions établies alors qu’il est plus difficile de corrompre quelqu’un qui n’est que temporairement en poste.
3 – Le tirage au sort organise le partage du pouvoir.
Il implique une rotation des postes (le désigné siège un temps relativement court : en général un an) et la reconduction, si elle n’est pas interdite, sera due au hasard, donc exceptionnelle.
4 – Le tirage au sort est plus égalitaire.
Le citoyen n’est vu que comme un sujet du choix (son choix de vote) et non pas comme un objet du choix (sa chance d’obtenir un poste dans l’appareil politique).
Combien de ceux qui s’intéressent à la politique, dans le sens noble du terme «s’occuper des affaires de la cité», ne peuvent passer à travers des filtres trop nombreux de la politique organisée et de l’élection (appartenance à un parti, réseaux d’influence, moyens financiers, …) ?
Contrairement à l’élection, le tirage au sort offre à tous l’égalité des chances d’accéder au processus décisionnaire de la démocratie.
5 – Le tirage au sort stimule le sentiment d’appartenance à une démocratie.
Savoir qu’on peut être désigné un jour ou l’autre incite à s’intéresser à la politique, à s’informer (vraiment), à éveiller son civisme, à cultiver son esprit critique, à participer à «la vie de la cité»,….
6 – Le tirage au sort responsabilise (alors que l’élection infantilise).
Le désigné devra prendre des décisions, il sera partie prenante dans le système démocratique, il deviendra ainsi un citoyen «adulte».
7 – Le tirage au sort apaise les tensions.
«Nul n’est affligé par le choix du sort» Montesquieu (encore lui).
Le tirage au sort évite les querelles de factions, renforce la cohésion sociale (les désignés seront ouvriers, employés, cadres, chômeurs, précaires, jeunes, vieux, etc…), règle les problèmes de parité homme/femme, …
************
Les anciens Athéniens ont inventé le tirage au sort après avoir inventé l’élection. Ils avaient constaté que les aristoï (= les bons, beaux, riches, honnêtes (!) qui ne travaillaient pas) occupaient tous les postes de décisions.
Ils ont alors eu recours de plus en plus souvent au tirage au sort.
C’est ainsi, par exemple, qu’à partir du IVe siècle avant JC, seuls des tribunaux tirés au sort avaient le pouvoir de modifier les lois.
A notre tour : «inventons» le tirage au sort après avoir «inventé» l’élection !
En route vers la réelle démocratie !
Nota : ce billet est très, très largement inspiré d’un texte inachevé de Michel Simonin. Merci à lui.
les maths et matiques ?!
Pourquoi je ne fais confiance ni aux hommes politiques, ni aux techniciens conseilleurs vendeurs de solutions miracles ?
J’ai la mauvaise impression que beaucoup sont nuls et nous disent n’importe quoi, et que d’autres sont machiavéliques et nous disent des faussetés pour nous tromper et nous manipuler.
Un exemple amusant : Prenons une calculatrice, un crayon, du papier, et constatons par nous-mêmes que l’on peut assez facilement nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Et si nous sommes manipulables devant des problèmes élémentaires, comment peut-on imaginer ne pas l’être devant des problèmes infiniment plus complexes, présentés par des manipulateurs internationaux expérimentés-?!
Sur une classe de 25 élèves cela devrait être particulièrement simple.
En 2009 nous avons 22 non-redoublants dont 12 seront reçus au bac, et 3 redoublants qui auront tous les 3 leur bac.
En 2010 nous avons 15 non-redoublants dont 8 seront reçus au bac, et 10 redoublants dont 9 seront reçus au bac.
Le taux de réussite sera en 2009 de (12 + 3) / (22 +3) = 0,6 soit 60%
et le taux de réussite pour l’année 2010 sera de (8 + 9) / ( 15 + 10) = 0,68 soit 68%
et on en déduit une croissance de 8 % du taux de réussite au bac, de cette classe de l’année 2009 à l’année 2010.
Essayons de fractionner la classe, pour voir, et présentons le taux de réussite des redoublants puis des non redoublants !
En 2009 le taux de réussite des redoublants est de 3/3 = 1 soit 100% et en 2010 le taux de réussite des redoublants est de 9 / 10 = 0,9 soit 90% donc une « croissance négative » de 10% du taux de réussite chez les redoublants.
En 2009 le taux de réussite des non-redoublants est de 12 /22 = 0,5454 soit 54,54 % et en 2010 le taux de réussite des non-redoublants est de 8 / 15 = 0,5333 soit 53,33% et donc une croissance négative de 1,21% du taux de réussite chez les non-redoublants.
Ici, dans ce petit exemple simple (dont j’ai perdu la source), selon l’opinion démocratique que l’on veut créer, en fractionnant en deux une croissance positive, on pourrait donc obtenir(?) deux croissances négatives(?!) qui serviraient de prétexte pour je ne sais quelle nième contre-réforme « incontournable » ?!
De la même façon, nous pourrions regarder l’évolution du taux de croissance du PIB de l’Europe en 2009, en 2010… puis voir l’évolution du taux de croissance des PIBs des différents pays qui la composent comme la France, l’Espagne, le Portugal, la Grèce… et nous forger une solide opinion(?!) sur les redoublants… euhhh… sur la Grèce !
(OUI, c’est du n’importe quoi… mais prenez donc cette feuille de papier et cette calculette dont je vous ai parlé au début… )
Pour le sérieux, c’est par exemple ici : http://www.diploweb.com/UE-27-PIB-2009-2010-quelles.html … mais, en démocratie, le citoyen a le droit (et le devoir ?) de vérifier qu’on ne lui fait pas prendre des vessies pour des lanternes !
MD





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